Archives 2006

Nos propositions pour l’enseignement supérieur

L’orientation dans le supérieur

Les objectifs annoncés par le Premier ministre :

· Mieux préparer les étudiants à l’emploi notamment grâce au rapprochement avec les entreprises et le développement de l’apprentissage.

· Augmenter l’autonomie des universités

· Diversifier les sources de financement

· Permettre aux entreprises d’avoir un droit de regard sur les contenus et les formations.

Les constats :

Un étudiant sur deux échouerait en L1 et L2 et un sur trois seulement obtiendrait une licence.

· Ces chiffres sont à relativiser car il y a d’énormes différences selon les filières (très grande sélectivité en droit et en sciences, plus faible en sciences humaines)

· Entre 60 et 70 % des étudiants obtiennent leur DEUG après un redoublement

· Ne peuvent être considérés comme ayant échoué les étudiants qui se sont réorientés vers un DEUST, un DUT ou un BTS ;

Les moyens proposés par le gouvernement :

· Améliorer l’information seule responsable de l’échec ( rien n’est dit sur les conditions d’études, les locaux, les ressources des universités..)

· La création d’un service public de l’orientation ( à noter qu’il s’agit de la même proposition que celle faite en janvier après la crise des banlieues pour les jeunes en difficulté) Ce service existe déjà même si son fonctionnement peut être amélioré et ses effectifs augmentés

Ce qui existe

Les services universitaires d’information et d’orientation (SCUIO ou SAUIO)

· Ils existent dans toutes les universités. Elles ont en charge l’accueil, l’information, l’aide à l’orientation et à l’insertion des étudiants

· Ils comprennent différents personnels : des secrétaires chargées de l’accueil, des chargés de documentation ou documentalistes, des conseillers d’orientation-psychologues chargés de la réception sur rendez-vous des étudiants pour tout problème d’information, d’orientation ou de réorientation. (on compte actuellement Un co-psy pour 18000 étudiants au plan national. Ces co-psy interviennent également pour moitié de leur temps dans les lycées. Faute d’effectifs suffisant de co-psy, les universités recrutent actuellement sur profils des ingénieurs d’études dont les missions sont très proches de celles des co-psy bien qu’ils n’enaient pas la formation.

· Ils organisent des forums sur les formations à l’université, des ateliers d’orientation pour les étudiants de L1 ou L2 en échec et souhaitant se réorienter, la mise à disposition de contacts avec certaines entreprises ou l’accompagnement vers la recherche d’emploi (CV, lettre de motivation..)

· Ils contribuent aux études sur le devenir des étudiants dans les différentes filières

· Ils organisent des opérations portes ouvertes à destination des lycéens de terminale

Les problèmes

· L’absence de lisibilité des cursus universitaires surtout depuis la mise en place du LMD

· La très grande variabilité du suivi des étudiants selon les universités Certaines ont des résultats détaillés sur leur site ( Marne la vallée, Rouen, franche comté..), d’autres ne donnent aucune indication

· L’absence de régulation de la part du Ministère quant au flux en dehors des filières à numérus clausus Les habilitations ne semblent pas correspondre à une vision nationale mais bien plus à la capacité des universités d’afficher des partenariats locaux

· L’absence de vue d’ensemble des cursus, des réorientations, des parcours

· Une anticipation des besoins très réduite. Par exemple, on peut regretter que de trop nombreux étudiants s’engagent dans des études de psychologie, mais on peut aussi se donner pour objectif de réduire les délais d’attente dans les CMPP à 15 jours au lieu de 6 mois et de multiplier le nombre de psychologues dans l’éducation nationale par 3. Un raisonnement identique pour tous les emplois de l’Education Nationale peut être tenu.

· L’absence de moyens pédagogiques adaptés pour l’aide aux étudiants les deux premières années au moins

Les propositions

· Redonner à l’Etat une responsabilité forte quant au développement de l’enseignement supérieur et de la recherche ( financements, locaux, moyens d’enseignement adaptés au public )

· Revaloriser les SCUIO en leur donnant de véritables moyens de fonctionnement et notamment un plan de recrutement pour doter chacune, des personnels nécessaires pour assurer l’accueil et le suivi des étudiants qui en éprouvent le besoin. Il faudrait en particulier multiplier par 5 le nombre de postes de co-psy intervenant à l’université et focaliser leur action sur les deux premières années et sur la liaison avec les lycées.

· Créer dans toutes les grandes villes un CIO spécialisé sur l’enseignement supérieur comme il en existe déjà à Lille et à Paris regroupant les co-psy intervenant dans les universités et constituant un pôle ressource pour la coordination des informations et leur diffusion dans les Cio, pour l’organisation de manifestations d’information dans le supérieur et dans les lycées.

· Coordonner l’information au niveau national sur les parcours, les réorientations et l’insertion professionnelle. Donner les moyens aux universités d’assurer ces études et confier des recherches précises au CEREQ par filières.

· Piloter nationalement le développement des différents cursus afin de pouvoir répondre aux besoins du point de vue des qualifications et des spécialités.

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