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un film de Dany Levy

"Mon führer" sortie en salles le 12 mars

En 1944-45, Hitler qui pressent la défaite contre les alliés traverse une période de dépression. Or, il faut absolument qu’il retrouve le plein de sa forme pour prononcer à Berlin le grand discours qui doit le remettre sur pieds. Le ministre de la propagande Joseph Goebbels trouve en la personne d’Adolf Grünbaum, un professeur de théâtre juif autrefois connu et apprécié d’Adolf Hitler, celui qui, avec des exercices de relaxation, de respiration et autres astuces psychologiques devrait parvenir à la remise en forme du dictateur. On sort Adolf Grünbaum du camp de concentration de Sachsenhausen, on l’installe avec sa famille et on le place au service du Führer…
Dany Levy portait depuis des années le projet de faire une comédie sur le sujet en travaillant son scénario à la fois sur des faits historiques – le fait qu’Hitler ait souffert de dépression est connu- et sur une large part d’imaginaire. L’imagination pour lui ne pouvant se construire qu’à partir d’éléments de réalité tout comme la réalité nécessite, pour son passage à la narration, l’aide de la fiction. Le führer a eu effectivement un professeur de théâtre. Celui-ci était chargé comme ça se passe dans le film de lui apprendre à parler, à s’exprimer, à respirer et à libérer son imagination, à lui rendre confiance dans les moments de dépression.
Le vrai professeur de théâtre d’Hitler n’était pas juif. Il s’appelait Paul Devrient. Cette modification au scénario est sans doute là pour alimenter la comédie que Dani Lévi a voulu faire sur le sujet : Hitler se prenant d’amitié pour un juif et acceptant de jouer le jeu de la thérapie jusqu’à se déplacer à quatre pattes en aboyant. Hitler désemparé, partageant pour une nuit de sommeil le lit du couple, le chien d’Hitler dressé à faire le salut hitlérien, le führer jouant dans son bain avec un bateau de guerre d’enfant. La comédie est pataude et l’on peut préférer cette facette maladroite du film, la partie grave et émouvante qui finalement, prend le pas sur la comédie. Il faut pour cela éloigner du premier plan le personnage d’Hitler et s’attacher à celui de Grünbaum beaucoup plus subtile et juste, celui qui n’oublie jamais sa situation de juif dont la vie et celle de sa famille sont sans cesse exposées au bon vouloir et à la stratégie de Goebbels. "Mon führer" trouve sa justification dans des moments comme celui où Grunbaum découvre qu’il a été dupé et que le camp de Sachenhausen n’a pas été libéré comme on le lui a laissé croire. Dans tous ceux où il partagé entre son honnêteté qui le conduit à mener à bien sa mission auprès du führer et son projet toujours présent de l’assassiner.
Si la comédie annoncée n’est pas au rendez-vous, on peut s’attacher à l’autre versant du film et apprécier dans sa dernière apparition à l’écran l’étonnant Ulrich Mühe de La vie des autres, disparu en juillet dernier.
Francis Dubois

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