Mentions complémentaires

Mentions complémentaires : article US de février 2007

Depuis la session 2006, un lauréat d’un CAPES/T/LP externe peut valider une épreuve dans une autre discipline. Le ministère de l’Éducation nationale a profité de la modification des décrets de 50,
pour inscrire cette mesure dans nos statuts. Il a tout de même essayé d’habiller cette mesure d’honorabilité, en publiant, le 12 février 2007, un arrêté précisant les modalités permettant de devenir titulaire d’une mention complémentaire et ainsi d’une autre discipline.

L’arrêté précise que les professeurs stagiaires sont tenus de suivre en IUFM une « formation adaptée », mais le cahier des charges de la formation des maîtres (paru au JO le 28 décembre dernier) augmente la durée du stage en responsabilité : le service hebdomadaire théorique passe de quatre-six heures à huit heures. Ainsi, nos collègues stagiaires vont débuter en ayant plus de classes, plus longtemps, dans un nombre supérieur de disciplines... C’est aussi une manière, pour le ministère, d’utiliser les stagiaires sans coût financier supplémentaire, pour couvrir des besoins d’enseignement que les suppressions massives de postes ne permettent plus d’assurer.

On peut alors se demander ce que recouvre cette « volonté » de formation ? Ne serait-elle qu’un leurre ? Quel sera l’équilibre entre formation initiale disciplinaire et mention complémentaire ? Dans tous les cas, il ne s’agira pas d’une formation solide et de qualité. Cette dernière apparaît, au fur et à mesure de la publication des textes ministériels, en parfaite harmonie avec le socle commun : former des enseignants maîtrisant un minimum de connaissances dans de multiples disciplines. En définitive, le ministère reste dans une logique de gestion : il s’agit d’apporter plus de flexibilité dans l’affectation des personnels, au détriment de la formation et des métiers.

Sandra Matos, Jean-Paul Gaëtan, Claire Dumont

Us n° 648 du 24/02/07

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