Archives 2006

Mauvaises RIMES et mauvaises raisons !

Mauvaises Rimes et mauvaises raisons !

L’observatoire de l’emploi public a été chargé de l’élaboration d’un Répertoire Interministériel des métiers de l’Etat (RIME) visant à répertorier les emplois occupés par les titulaires et les contractuels.

Les rédacteurs ont donc produit des fiches types « d’emplois-références » regroupant des métiers censés être proches et affichant les principales caractéristiques, les savoir-faire et les connaissances nécessaires pour les exercer. Ceci ne va pas, ne rêvons pas, jusqu’à définir les formations et les qualifications exigées.

Ces fiches posent de nombreux problèmes pour tous les métiers apparemment. Mais s’agissant de la fiche ER 07-04 intitulée « Responsable de l’accompagnement des élèves, des étudiants et des apprentis » on atteint des sommets !

Celle-ci prétend en effet, regrouper des missions relevant de la vie scolaire, de l’orientation et des activités médico-sociales !

Avec quelques connaissances en psychologie et sociologie de l’enfant et de l’adolescent, mais pas le titre de Psychologue, il s’agirait de confier à des personnels interchangeables des missions aussi banales que le repérage des difficultés psychologiques des élèves, le diagnostic de leurs difficultés personnelles, l’écoute et la prise en charge de certains élèves, l’assistance sur le plan médical et social et le conseil en orientation scolaire et professionnelle. La production de ces fiches est présentée par le ministère de la fonction publique comme une réflexion, mais elle cadre parfaitement avec la réforme de l’Etat sur laquelle nous avions alerté au début de l’année scolaire.

A l’intérieur de chaque grand domaine, ici « Education et formation tout au long de la vie », il est envisagé de définir un nombre limité d’emplois-références que divers personnels, sans exigences de diplômes ni de qualification pourraient exercer. Une bonne gestion des ressources humaines en somme, surtout dans un contexte de réduction de l’emploi public !

Un des objectifs affichés concerne « la lisibilité des fonctions des agents de l’Etat auprès des usagers. Incontestablement on ne pourrait faire pire ! D’autant que le MEN, comme les autres ministères, s’est engagé, en application de la loi de 85 à désigner nommément les personnels auxquels elle confiait des fonctions de psychologue et à mettre leur formation en rapport avec les exigences de la loi.
Dans le domaine fonctionnel « Education et formation tout au long de la vie » il n’y a aucune fiche de psychologue. Peut être justement parce que c’est un métier trop protégé !

C’est donc une nouvelle offensive contre les métiers de l’Education nationale, particulièrement ceux des non enseignants.

En coupant les fonctions de la formation et la qualification qui en sont le cœur et la raison d’être, on signe leur arrêt de mort, on installe une dégradation sans précédent de la qualité de l’aide apportée aux jeunes, principalement ceux des milieux les plus modestes qui ne pourront avoir recours qu’à des personnels, surchargés par des tâches multiples pour lesquelles ils n’ont pas été formés et que leur position institutionnelle les empêche de tenir.

Les ministères pourraient décliner ces fiches emplois en plusieurs fiches métiers correspondant aux professions actuellement identifiées. Mais ceci reste au conditionnel. Il faut faire pression sur le MEN pour exiger le respect de notre qualification de psychologue et de nos missions, refuser l’amalgame des fonctions.
Un courrier développant ces positions a été adressé à la Directrice de l’Observatoire. Nous avons de nouveau demandé une audience au cabinet du Ministre pour avoir des éclaircissements sur le groupe de travail « missions des psychologues scolaires » dans lequel nous ne sommes pas et qui est sûrement à mettre en relation avec ces évolutions.

Il est urgent d’informer tous les collègues et tous nos partenaires sur ces projets destructeurs pour la catégorie.

C. Remermier

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