US Magazine 678 du 25 février 2009

Mathématiques en seconde. Quel programme pour 2009 ?

Malgré les demandes réitérées
du SNES sur la nécessité
de prévoir un ajustement
de programme en Seconde
à la rentrée 2009, pour une mise
en cohérence avec les programmes
de collège mis en oeuvre
progressivement à partir de
2006 et qui conduisent à la suppression
des vecteurs, de la géométrie
analytique, des transformations
et à l’introduction de la
notion de probabilité en Troisième,
ce n’est qu’en mars 2009
qu’un projet est enfin dévoilé.
Il est centré sur trois champs
(fonctions, géométrie plane, statistique-
probabilités) avec des
contenus très réduits et découpés
en modules semestriels, auxquels
s’ajoute un enseignement d’algorithmique
(avec boucle et instruction
conditionnelle).

La géométrie est une géométrie
analytique sans vecteurs, limitée
à des calculs de distances et
d’équations réduites de droites en
repère orthonormé. La géométrie
dans l’espace mettant en jeu les
propriétés d’incidence disparaît.
Parallèlement à ces contenus très
modestes, ce projet affiche de grandes ambitions sur l’apprentissage
du raisonnement (telles
que les notions de condition
nécessaire suffisante, contraposée,
raisonnement par l’absurde).
Enfin un thème d’étude prévu
pour une durée entre 15 heures et
20 heures est à choisir parmi les
trois suivants : cryptologie et codage, graphes (très proche de la
spécialité en TES), phénomènes
d’évolution.

Le SNES doit rencontrer l’inspection
générale dans la semaine,
un compte-rendu sera disponible
sur le site.

Peut-on accepter, dans de tels
délais, sans consultation des enseignants et sans perspective
claire pour l’organisation du
lycée, la mise en oeuvre à la rentrée
d’un programme en rupture
avec les programmes actuels et
qui engage de fait les enseignements
qui vont suivre dans les
classes de Première et de Terminale,
et préfigure certainement la
réforme du lycée ?

La suppression de la notion de
vecteur et de la géométrie dans
l’espace ne concerne pas que
des élèves désireux de poursuivre
des études scientifiques
et qui risquent de ne pas trouver
dans ce programme les éléments
pour conforter leur choix et les
préparer à la Première ; elle
concerne aussi ceux qui, au
cours de leurs études supérieures,
par exemple en sciences
humaines, vont rencontrer des
fonctions de plusieurs variables
ou faire des traitements statistiques
qui supposent, pour être
compris, des images mentales
dans l’espace, par exemple, d’intersection
de plans et de droites.

Quand les aura-t-on créées chez
nos élèves ?

Brigitte Sotura