Anciens Programmes

Mais comment sont fabriqués nos programmes ?

Mais comment sont donc fabriqués nos programmes. ?

En 1989, l’élaboration des programmes a été confiée au Conseil National des Programmes, pour marquer une rupture avec l’IG, à charge pour le CNP de nommer des Groupes de Travail Disciplinaires. Mais le rôle du CNP est devenu de plus en plus consultatif : les commandes de nouveaux programmes sont passées par la Desco (division du Ministère), et le rôle de l’IG est rapidement redevenu déterminant.
Ces GTD sont des groupes d’experts, recrutés par les Présidents de GTD. Leur composition est aléatoire : elle dépend du carnet d’adresses des présidents, des disponibilités de chacun. Les syndicats n’y sont pas représentés : ce ne sont pas des groupes paritaires. En font partie IG et Ipr, enseignants, formateurs, universitaires...
Il devient de plus en plus difficile de recruter en Histoire-Géo les présidents de ces groupes d’experts : il y a trop de mauvais coups à prendre, trop de lobbies à l’efficacité médiatique redoutable. Armand Frémont, président du groupe qui a élaboré les nouveaux programmes de première et terminale vient de témoigner dans un ouvrage récent de l’amertume que lui a laissé cette expérience.
L’évolution récente est préoccupante : les groupes d’experts deviennent squelettiques, et doivent accomplir leur tâche dans des conditions de plus en plus difficiles : temps imparti scandaleusement court, consultations de plus en plus symboliques : tout est joué avant la consultation, ce qui provoque le désintérêt grandissant des enseignants.
Une fois le programme élaboré , le groupe le soumet à l’avis consultatif du Conseil supérieur de l’Education, où sont représentés syndicats, parents, élèves...mais le ministre n’est jamais tenu de suivre l’avis du CSE.
Cet automne un nouvel acteur intervient dans l’élaboration des programmes : le Haut conseil de l’éducation, qui remplace le CNP. Ce nouvel organisme est nommé par le politique (Président, président de l’Assemblée, Président du Sénat) et ses pouvoirs de contrôle sont importants (c’est lui, par exemple, qui va définir le fameux socle commun contre lequel le Snes s’est élevé vigoureusement). C’est la première fois dans notre histoire que le politique pèse d’aussi près sur le contenu de nos programmes.

LES PROPOSITIONS DU SNES
avant tout changement de programme, faire enfin le bilan de l’existant, en prenant en compte l’expérience des enseignants
faire évoluer progressivement les programmes
ouvrir au maximum la réflexion sur les contenus et les pratiques, en prenant en compte les logiques scientifiques, pédagogiques, démocratiques, formatrices. il faut donc des lieux où confronter ces expériences, ces exigences. Le Snes est favorable à la création d’Observatoires des programmes et des pratiques.

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