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Un film de Serge Frydman (France)

"Maintenant ou jamais" Sortie en salles le 3 septembre 2014.

A peine trentenaires, Juliette et Charly sont déjà parents de deux garçons d’une dizaine d’années. La jeune famille vit en parfaite harmonie. Lui travaille dans la banque et elle donne des leçons de piano. Sûrs de leur avenir, ils se sont engagés dans un emprunt pour la construction d’un pavillon de rêve en bordure de forêt, aux portes de Paris.

La difficulté surgit le jour où Charly reçoit une lettre de licenciement. Dès lors les factures et les échéances s’accumulent sans qu’ils aient le moindre recours.

C’est justement là que Juliette se fait arracher son sac.

Convoquée quelques jours plus tard au commissariat pour reconnaître le voleur qu’elle identifie, elle décide de ne pas dénoncer le malfaiteur et considérant qu’il a une dette envers elle, lui demande de cambrioler sa banque au moment de la recharge des distributeurs.

D’abord réticent, Manu de plus en plus séduit pas le charme de la jeune femme, finit par accepter de se charger du hold-up que Juliette organise méticuleusement….

La qualité majeure du film de Serge Frydman tient à l’audace du scénario et à la façon avec laquelle il déjoue les invraisemblances pour donner à son récit, l’allure d’une sorte de conte de fée contemporain.

"Maintenant ou jamais" tout en fonctionnant sur les difficultés qui marquent notre époque, chômage, endettement, difficulté à trouver sa voie malgré un bel optimisme, emprunte le chemin du thriller avec suspens à l’appui et trace, sans en démordre, un singulier sillon narratif.

Les personnages viennent d’un quotidien ordinaire et rien, au départ ne les prédestinait, qu’il s’agisse de Juliette ou de Manu, à se lancer dans l’aventure d’un hold-up de banque (on apprendra que le vol du sac était le premier méfait de Manu).

L’organisation de l’accès au dépôt d’argent revient à Juliette qui conduit ses investigations à la manière d’une bonne élève studieuse, avec une naïveté désarmante mais une indestructible détermination.

C’est sans doute parce qu’il ressent cette détermination chez Juliette que Manu la suivra dans son aventure. La mise à bien du projet sera pour l’un et pour l’autre une revanche sur des cheminements contrariés par les aléas de la vie et décuplés par les retombées d’une situation économique ravageuse.

Serge Friedman, pour ne pas laisser ses personnages en plan, arrange un scénario où les bons sentiments volent au secours des mauvais, ou la tolérance est de rigueur, où les enfants sont accommodants, raisonnables, même s’il oublient d’emporter leur cartable au moment d’aller à l’école, où les mensonges et les tromperies conjugales trouvent leur place dans l’histoire sans rien endommager sur leur passage.

Les comédiens masculins Nicolas Duvauchelle et le trop rare Arthur Dupont interprètent leurs personnages avec une sensibilité suivant à la lettre le réalisme et les invraisemblances du scénario.

Leila Bekhti compose une magnifique Juliette toute en retenue et en force quand il s’agit d’abattre les obstacles qui se placent en travers de son projet.

Serge Friedman a réalisé un film en s’appuyant sur une actualité socio-économique destructrice mais qu’il a teintée d’un optimisme à tout prix sans jamais sombrer dans l’angélisme qui menaçait.

Francis Dubois

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