US 728 du 16 mars 2013

Lycée : réformer maintenant

La situation en lycée se dégrade et le ministère reste dans une position attentiste.
Il faut peser pour une véritable rupture avec l’ensemble des mesures Chatel.

Le lycée, absent de la
loi de refondation, a
besoin pour la rentrée
2013 de mesures décisives
qui rompent avec
la logique de la réforme :
rattacher les heures
d’accompagnement
personnalisé aux disciplines
 ; abandonner le
tronc commun de Première
 ; revenir à une
définition nationale des
dédoublements dans
toutes les disciplines,
inscrits dans les grilles
horaires ; redonner un
cadre national aux épreuves écrites et orales en
LV ; reprendre l’application habituelle des décrets
de 1950 (heure de majoration pour effectif faible,
heures de laboratoire ou de cabinet d’histoire,
heure de première chaire, pondérations).

Il est également vital de revenir sur la réforme
des séries technologiques, doublement touchées,
en termes de structure (suppression de
spécialités en STI) et de disciplines, par l’imposition
d’enseignements transversaux et de modifications
radicales des contenus de programmes.

POUR UNE AUTRE RÉFORME DU LYCÉE

Ces mesures, pour urgentes et nécessaires
qu’elles soient, ne suffiront pas à redonner un
nouvel élan au lycée général et technologique.
Il faut travailler d’autres contenus et structures.
L’architecture de la Seconde et la définition
des enseignements d’exploration doivent
être repensées pour mieux préparer à
l’entrée en Première. Chaque série doit permettre
la construction d’une culture commune dans la prolongation du collège et l’insertion
dans l’enseignement supérieur ou dans un
métier. Les séries ne pourront attirer des
lycéens que s’ils y trouvent des réponses à
leurs demandes : des « parcours de formation
 » dont la cohérence ne peut être laissée à
leur seul choix, qui prennent en compte la
diversité de leurs appétences, leurs réussites
dans certains champs disciplinaires, qui créent
estime de soi et ambition.

La place et le rôle des formations technologiques
dans le second degré doivent être confortés
à partir des démarches technologiques, qui
permettent de s’approprier les technologies et
d’appréhender une culture commune à partir de
concepts de haut niveau.

Le lycée doit enfin participer de l’objectif fondamental
de l’École : permettre aux jeunes, qui
passent de préadolescents à adultes majeurs
au cours de leur passage dans le second degré,
de devenir autonomes intellectuellement.

Valérie Sipahimalani

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