US 676 du 22 décembre 2008

Lycée : pourquoi refuser le projet Darcos ?

C’est un projet piloté par la RGPP et le budget
qui va à l’encontre des objectifs de démocratisation.
On ne peut pas faire réussir plus de
jeunes en supprimant des postes d’enseignants,
en diminuant les horaires disciplinaires, en bourrant
les classes, en appauvrissant les contenus de
formation. On ne s’attaque pas réellement à la difficulté
scolaire en rejetant le soutien dans un
dispositif au contour flou et multiforme. Comment
un jeune pourrait-il s’orienter dans un dispositif
incohérent qui réforme la Seconde indépendamment
du cycle terminal et qui se
construirait par l’empilement de modules ? Les
mesures pénaliseraient d’abord les jeunes issus
des milieux défavorisés qui verraient leurs difficultés
s’accroître face à des parcours implicites
induits par la construction modulaire, sans visibilité
ni repères. Les propositions fragilisent les
disciplines, reconstituent de fait les filières ségrégatives
dès la Seconde et font l’impasse sur les
contenus enseignés, que des groupes d’experts
(constitués comment ?) devaient définir pour le
15 décembre, sans concertation.

Avec les personnels, le SNES a fait reculer le
ministre, grâce aux mobilisations.

L’horaire élève passerait à 30 heures, accompagnement
compris. Serait introduit un enseignement
scientifique dans le tronc commun, dont les
enseignements seraient annuels. Darcos se veut
rassurant : le maintien de la voie technologique
est rappelé, ainsi que le caractère du bac, examen
national. Le caractère hebdomadaire du travail
des enseignants ne serait pas modifié.

Cependant, la réforme reste inacceptable et ne
peut être mise en place.

Il faut poursuivre et amplifier la mobilisation en
dénonçant les projets Darcos et l’absence de
vraie concertation avec les personnels et leurs
représentants ainsi qu’avec les parents d’élèves
et les lycéens. Il faut exiger une réflexion globale
sur le lycée, ses finalités, les spécificités de la
Seconde et du cycle Terminal. Il faut refuser :

- la logique d’un projet qui traite des structures
sans aborder les contenus ;

- la diminution horaire et son uniformisation ;

- l’appauvrissement de la formation, et la marginalisation
voire la disparition de certaines disciplines
du fait de la modularisation et de la possibilité
de prendre en modules des disciplines
déjà présentes dans le tronc commun ;

- l’aggravation des inégalités liée à une offre différente
de formation selon les établissements,
phénomène accentué par la disparition de la
carte scolaire ;

- la logique de la séparation en période d’enseignement
d’un côté, et d’approfondissement
et de remédiation de l’autre ;

- les atteintes contre nos métiers, nos services
(transfert de missions entre catégories, risques de
bivalence et d’annualisation...).

Roland Hubert

En participant le plus longtemps
possible aux discussions, en mettant
en ligne sur son site tous les éléments
du débat, le SNES a imposé la prise
en compte de demandes des personnels et des
besoins du système, mais il assume sa décision
de la sortie d’un cadre dont le but semble être
la validation d’une réforme du lycée rétrograde,
contraire à l’intérêt des élèves et des personnels.

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