US 718 du 4 février 2012

Lycée : peu convaincant

Au lycée se met en place avec la réforme un
nouveau livret scolaire pour l’examen du
baccalauréat général, applicable dès juin 2012
en Première (voir L’US Mag n° 717).

Pour tous les enseignements (les disciplines,
mais aussi les TPE ou l’ECJS), ce livret décline, à
côté des moyennes traditionnelles, des compétences
en référence aux programmes d’enseignement.
Ces compétences sont évaluées
et non maîtrisées, insuffisamment maîtrisées,
maîtrisées, bien maîtrisées. Aux interrogations
du SNES sur la cohérence avec le collège, où
selon les experts du ministère, il ne faut évaluer
qu’en acquis ou non acquis, il a été répondu par
ce même ministère qu’au lycée il faudrait travailler
en « binaire détaillé » (sic).

UNE GAGEURE

Les compétences en question ? S’impliquer
dans le travail en équipe (ECJS) ; mobiliser les
connaissances exigibles (sciences) ; organiser
son travail de manière autonome (histoire géographie)
 ; mener des raisonnements (mathématiques),
avoir une attitude critique (mathématiques)
 ; approfondir des compétences de
lecture en vue de l’étude des oeuvres (français) ;
restituer et mobiliser des connaissances exigibles,
expliquer leur mode de construction et
leur évolution au cours de l’histoire des sciences
(SVT) ; s’exprimer à l’écrit avec correction, clarté
et rigueur (SES)... inventaire disparate, dont le
traitement sérieux relève du défi pédagogique,
si ce n’est du défi à la raison.

Les collègues de langues vivantes se voient
imposer les items du cadre européen de référence,
ce qui suppose de leur part une évaluation
individuelle répétée des élèves à l’oral. Là
encore, une gageure au vu des effectifs des
groupes de langues vivantes. Pression aux
groupes de compétences ?

Au-delà de l’impréparation de la mesure et du
surcroît de travail demandé à tous à l’avenir,
posons la question du sens : un tel luxe de
détails (plus de 100 compétences par élève !)
aidera-t-il le jury du baccalauréat davantage
que les appréciations des enseignants ?

FAIRE ÉCHEC

Après avoir imposé l’évaluation par compétences
en collège, le ministère aurait-il l’intention
de faire de même en lycée ? Le choix de
passer par le livret scolaire plutôt que par le
coeur des enseignements, les programmes, en
dit long sur la difficulté du ministère à
convaincre les enseignants du bien-fondé de ses
choix. Le SNES appellera les collègues à mettre
en échec cette tentative.

Valérie Sipahimalani
lycees@snes.edu

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