US Magazine 727 du 26 janvier 2013

Lycée cherche changement !

La préparation de la rentrée 2013 dans les lycées rappelle qu’il ne suffit pas d’annoncer
« des postes » pour qu’une situation s’améliore : la réforme du lycée est là pour permettre de prolonger
les suppressions, même quand le nombre d’élèves augmente.

Si des lycées voient des créations de
postes, si certaines académies sont (un
peu) épargnées, la tendance est au mieux
à la stabilisation de la pénurie, et le plus souvent
à la poursuite de la baisse des moyens.

En Picardie, 47 postes supprimés en lycée
pour 177 élèves en plus. Des soldes académiques
positifs en termes de postes peuvent
aussi cacher des « redéploiements » internes,
comme à Lille. Les méthodes sont connues
(regroupements de tronc commun, suppressions
d’options...) mais semblent parfois s’aggraver
(effectifs de classe fréquemment prévus
à 36, 37...). S’y ajoutent les fermetures de
section ST2S, l’insuffisance calculée de
moyens pour la série STMG, qui renforcent
le sentiment d’abandon de la voie technologique.
De plus, la part des HSA augmente et
il y a menace de généralisation du « travail
gratuit » pour « effectifs faibles » (voir la
question des ORS, L’US n° 726).

Mais c’est encore plus la déréglementation
qui, elle, fonctionne à plein régime, sans
remise en cause par le gouvernement. Les
« bidouillages » locaux des proviseurs deviennent la règle pour la répartition des
moyens entre les disciplines. Parfois bien
intentionnés (« sauver les postes »), ils marquent
la plupart du temps une opacité voulue
croissante, et un déplacement du pouvoir de
décision vers les chefs d’établissement, avec
ses risques d’arbitraire. La répartition locale
des « heures à effectif réduit » est bien sûr,
comme les années précédentes, l’outil essentiel
de cette dérégulation, auquel il faut ajouter
les calculs de dotation de plus en plus obscurs
des rectorats.

Remettre la réforme à plat

Le lycée continue d’être un « gisement de
postes » à exploiter, d’autant plus facilement
que la réforme et son éclatement local de la
gestion des moyens ne sont pas remis en
cause. Le ministre doit entendre les exigences
de remise à plat de cette réforme.

Romain Geny, Valérie Sipahimalani

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