US Magazine 756 du 14 Novembre 2015

Les vacances scolaires

Objet de convoitise et enjeu de polémique, les vacances sont considérées comme l’un de ces « privilèges » qui, selon certains, compense le gel des salaires et les difficultés du métier, mais qui ne suffit pas à freiner la crise de recrutement.

Les congés
Dans la Fonction publique d’État, tout fonctionnaire a droit à un congé annuel d’une durée égale à cinq fois ses obligations hebdomadaires de service. Certains corps peuvent être soumis à des règles particulières à l’image des enseignants. Pour eux, les congés s’articulent sur le calendrier scolaire établi par le ministère qui fixe les dates des vacances (automne, Noël, hiver, printemps, grandes vacances). Nous sommes rémunérés pendant ces périodes sur la base d’un traitement brut mensuel qui est le produit de l’indice de rémunération et de la valeur du point d’indice. Nos salaires ne sont donc pas lissés sur dix mois. Le travail des CPE s’articule quant à lui sur trente-neuf semaines (trente-six semaines de l’année scolaire, la semaine qui suit le début des vacances d’été, celle qui précède la rentrée et un service de petites vacances). Les enseignants stagiaires ayant le double statut d’étudiant et de fonctionnaire sont quant à eux contraints, dans certaines académies, de travailler pendant les vacances scolaires quand elles diffèrent des congés universitaires.

Les zones
Depuis l’année scolaire 1964-1965, la France métropolitaine est divisée en zones. Après les Jeux olympiques de Grenoble de 1968, le découpage en trois zones a pour objectif de répondre au goût pour les sports d’hiver et de stimuler le tourisme de montagne. En 1980, le gouvernement décide de déléguer aux recteurs la fixation du calendrier. Les vacances d’été s’étalent alors entre le 15 juin et le 1er octobre, et ne peuvent excéder onze semaines. L’organisation rencontre de nombreuses critiques et le ministère en revient à un calendrier national unique qu’il fixe. Depuis 1992, le modèle 7/2, avec trois zones, est reconduit tous les trois ans avec des aménagements.

Le calendrier scolaire
En 1980, un rapport du Conseil économique et social préconise le découpage de l’année scolaire en périodes égales de travail (de cinq à sept semaines) entrecoupées de périodes de vacances d’environ deux semaines. En 1985, ce calendrier est officiellement adopté et appelé le « 7/2 » (cinq périodes de travail de sept semaines coupées de quatre périodes de vacances de deux semaines). Il se termine par deux mois de congés estivaux. La loi d’orientation de 1989 s’efforce de rationaliser l’alternance des périodes et fixe la durée de l’année scolaire à trente-six semaines au moins. La fixation du calendrier scolaire cherche parfois à concilier des intérêts antagonistes. La décision récente d’avancer les vacances de printemps d’une semaine montre que le tourisme de montagne peut primer sur les enjeux éducatifs. Ce sont désormais jusqu’à onze semaines qui séparent la fin des congés d’avril du début des vacances d’été.

Les grandes vacances
Elles sont nées au cours du XIXe siècle. Il convenait alors de prendre en compte les rythmes de cette France rurale qui mobilisait alors les enfants dans les champs. Il s’agissait en outre de s’adapter aux nouveaux loisirs d’une France bourgeoise découvrant les plaisirs estivaux. Les vacances d’été sont alors courtes. En 1922, quinze jours de vacances supplémentaires sont votés. Après la saignée de la Première Guerre mondiale, il s’agit de permettre aux enfants des campagnes de pallier l’absence de bras. Jusqu’à la fin des années 1950, les grandes vacances s’étalent, avec des variations, du 14 juillet au 1er octobre. Entre les années 1960 et les années 80, l’augmentation de la durée des congés payés et l’essor du tourisme se substituent aux travaux des champs et font des vacances d’été un enjeu économique doublé d’un rituel social.

Nouvelles régions
Depuis la rentrée 2015, les zones ont changé pour tenir compte de l’évolution de la carte des Régions imposée par la réforme territoriale, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2016.

Pour en savoir plus
Antoine Prost, historien de l’éducation, analyse dans cet ouvrage les grandes réformes scolaires depuis la fin du XIXe siècle.

Définition
L’adjectif « vacant » est un mot d’origine latine qui signifie « vide », il est employé pour qualifier un local qui n’a pas d’occupant. Le mot « vacance » s’emploie aussi en droit du travail pour signifier qu’un emploi n’est pas pourvu (« poste vacant ») et pour définir la période pendant laquelle le salarié est légalement autorisé à quitter momentanément son emploi.