Réflexion

Les nouveaux programmes de maths en primaire

Les résultats des évaluations 6ème et le constat des enseignants vont dans le même sens, les professeurs de collèges ont de plus en plus de mal à mettre en place la liaison CM2-6ème et à enseigner à un grand nombre d’élèves n’ayant pas tous les acquis du primaire. Ils sont par ailleurs confrontés à des classes dont les élèves selon leur école d’origine, n’ont pas approfondi de la même manière les notions fondamentales.

Les programmes de 2002 ont été caractérisés par des allègements et des transferts vers la 6ème.

Les contenus sont revus à la baisse, les procédures personnelles précédent les techniques de calculs. On insiste beaucoup sur la mise en situation des résolutions de problèmes, le risque étant d’enfermer les élèves dans des procédures non généralisables.

Les programmes de 2008 vont à contre courant, ils présentent un alourdissement des programmes dans 3 domaines :

- le calcul, avec un travail prématuré sur les techniques de calcul posé, la mémorisation des tables de multiplication accentuée dès le CE1 et le transfert en CM1 et CM2 de la multiplication, des nombres décimaux et de la division décimale qui relevaient du collège.

- la géométrie, où l’étude du cylindre et du prisme, au cycle 3, se faisait au collège, elle risque d’ailleurs de se trouver réduite à l’apprentissage des tracés et du vocabulaire géométrique.

- la mesure : la longueur du cercle, l’aire du triangle, le volume du pavé droit basculent du collège vers le cycle 3.

On perçoit la même intention de privilégier la mémorisation et l’application de formules, le rabâchage technique risque de prendre le pas sur le nécessaire travail de compréhension.

Cette crainte est d’autant plus forte que le volume horaire de 5h consacré aux mathématiques est même diminué si on considère qu’il était en 2002, dans une fourchette de 5h à 5h30 et en 1986 de 6h.

Ces nouveaux programmes donnent une vision mécanique et rétrograde des apprentissages, dans l’ignorance des travaux de recherche (psychologie des apprentissages et didactique) ainsi que des pratiques dans les classes.

Les propositions concernant l’école maternelle tiennent compte de l’expérience et des acquis récents pour ce qui concerne les mathématiques.

Les programmes actuels de collège présentent une orientation totalement différente, on peut donc s’attendre à leur refonte complète alors même que leur application n’est pas terminée.

Conclusion : le risque pour les élèves sera plus de difficultés, moins de compréhension, une capacité d’initiative amoindrie, un apprentissage plus contraignant et par conséquent moins de gout pour l’étude des mathématiques…

SNES – secteur contenus – groupe mathématiques
Avril 2008