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Un film de Marie-Castille Mention-Schaar.

"Les héritiers" Sortie en salles le 3 décembre 2014.

Au Lycée Léon Blum de Créteil, une enseignante en histoire, professeur principal d’une classe de seconde réputée difficile, décide de faire participer ses élèves au Concours national de la Résistance et de la Déportation.

Les élèves peu concernés par le sujet et que l’effort d’un travail supplémentaire rebute sont dans un premier temps, très réticents.

Mais la détermination d’Anne Gueguen, son charisme, sa force de conviction et la rencontre de la classe avec l’ancien déporté Léon Zyguel venu témoigner face à eux, viendront à bout des derniers éléments hostiles au projet.

Petit à petit, tous les élèves se piquent au jeu et le projet commun mis sur le rail, verra la classe difficile se passionner pour le sujet et se métamorphoser.

Le film est adapté d’une histoire vraie.

Ahmed Dramé qui interprète Malik dans le film et qui a co-écrit le scénario avec Marie-Christine Mention-Schaar était un des élèves d’Anne Anglès au lycée Léon Blum de Créteil et donc, l’un des participants au Concours national de la Résistance et de la Déportation.

Cinéma : "les héritiers"

Le film de Marie-Castille Mention-Schaar avait à se mesurer à une série d’obstacles. Certains ont été franchis mais pas tous.

Sur le fonctionnement d’une classe dite "difficile", il était ambitieux d’égaler en justesse le film de Laurent Cantet qui a fait date et si, dans " Les héritiers" certaines séquences font mouche, les moments qui se passent à l’intérieur de la classe font parfois "cliché" non pas parce qu’ils sonnent faux mais parce que la réalisatrice a trop étendu ses investigations et multiplié les éléments "exemplaires". Etait-il utile de montrer de façon aussi insistante et par conséquent caricaturale, le comportement cruel des élèves face à la jeune professeure venue remplacer Anne Guéguen pour quelques jours ?

Et c’est peut-être là que se situe toute la difficulté que la réalisatrice n’a pas su déjouer : quand il s’agit d’adapter une histoire vraie à l’image. Car tout ce qui est vrai, passé par l’image et le souci d’être au plus près des événements réels, peut à tout instant s’avérer insistant, démonstratif pour finalement manquer sa cible et sonner faux.

Pour Marie-Castille Mention-Schaar, le souci semble avoir été de ne laisser de côté rien qui n’aille dans le sens de sa démonstration.

Cette légère dérive finit par se répercuter sur la totalité du récit et à atteindre jusqu’à l’interprétation d’Ariane Ascaride un peu trop monolithique et malgré cela, ne pas échapper à un certain angélisme.

Mais le film qui ne manque pas de défauts comporte à l’inverse des séquences très efficaces avec, en point d’orgue, l’intervention de Léon Ziguel. Il y en a d’autres qui emportent l’adhésion.

Il aurait peut-être suffi de centrer un peu plus le sujet, d’éviter les scories, des digressions inutiles pour que " Les héritiers " soit un film qui atteigne vraiment son objectif : prouver que grâce à une pédagogie adaptée, inventive et stimulante, on peut ramener des élèves rétifs, hostiles au système éducatif, pour peu qu’on ait su toucher à leurs cordes sensibles, à se piquer au jeu de l’apprentissage et de l’accès à la connaissance.

Le film peut servir de base à des débats passionnants sur des sujets brûlants.

Francis Dubois
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Parmi les débats qui se poursuivent, associant soit les concepteurs du film, soit ponctuellement l’enseignante qui a réalisé un impressionnant travail avec cette classe "difficile", dont on ne saurait dire ce que serait devenu Ahmed Dramé, s’il n’avait été l’un des acteurs de cet impressionnant travail collectif autour du Concours national de la résistance et de la déportation (lire entretien d’Anne Anglès, recueilli par Alain Tissier, publié depuis dans l’US-MAG du 17 janvier 2015 en pages 40-41)...
on peut signaler notamment le Ciné-débat du 27 mars 2015 au CinéVille de Conflans (78 -document à télécharger joint) associant notamment Anne Anglès et Frania Eisenbah Haverland, rescapée du camp nazi d’Auschwitch-Birkenau, impliquée dans la conception du Concours et amie du regretté Léon Ziguel qu’on voit dans le film. Philippe Laville 20/3/2015

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