Actualité théâtrale

Théâtre Artistic Athévains, jusqu’au 24 avril 2011

"Les Serments indiscrets" de Marivaux-mise en scène de Anne-Marie Lazarini

Dans "Les serments indiscrets" de Marivaux les deux amoureux, Lucile et Damis, n’ont pas le beau rôle et la mise en scène d’Anne-Marie Lazarini n’est pas faite pour les flatter. A force de lutter contre les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, ils deviennent au fil des scènes des êtres maussades, toujours mal lunés et qui semblent en vouloir à la terre entière. Du coup, la partition qui revient aux comédiens qui les interprètent, s’en trouve ingrate et l’on préfère s’en remettre, pour notre plaisir, à la prestation plus ludique de ceux qui endossent les personnages de Frantin, valet de Damis, Lisette, suivante de Lucile ou encore Phénice, la sœur de Lucile à qui la comédienne Isabelle Neutré, en tanagra espiègle et malicieuse, donne beaucoup de relief.

photo Marion Duhamel

Si le spectacle mis en scène par Anne-Marie Lazarini reçoit de nombreux rappels en fin de représentation, il le mérite bien et pour de multiples raisons.
Le décor, d’abord. Aucune porte mais des murs blanc-gris, constitués de panneaux entre lesquels les personnages se glissent, pour apparaître, disparaître dans un léger mouvement d’étoffe.
Au sol, des sculptures de David Dreiding, toujours dans une tonalité de gris doux, figurant des sortes de rocs de différentes dimensions, servent de siège, d’appui ou balisent les déplacements et sur la droite, un piano rouge écarlate, dont on ne joue jamais, mais qui a sa place et devant lequel on vient s’asseoir, une partition à la main…
La mise en scène est fluide, souple et même si elle manque parfois de hardiesse, d’invention, elle permet une lecture limpide du texte et conviendrait parfaitement à des élèves de collège pour une découverte de Marivaux.
L’interprétation est parfaite et si le jeu de certains comédiens reste dans une tonalité classique, et paraît parfois un peu éteint, celui vif, drôle, inventif des personnages seconds relève l’ensemble et les deux tonalités de jeu réunies, produisent un effet de contraste bienvenu.
Une dernière remarque à propos des costumes. Ils sont parfaits, dans des couleurs douces adaptés à chacun des personnages. Austères quand ils habillent Damis et tout noirs pour les deux pères mais clairs, pimpants et sans frou-frou pour ceux de Phénice.
Voilà un spectacle à voir en famille qui est à la fois une parfaite lecture du texte et un travail d’une très bonne tenue.
Francis Dubois

Théâtre Artistic Athévains
45 bis rue Ricard Lenoir 75 011 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 43 56 38 32. www.artistic-athevains.com

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