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jusqu’au 7 avril

Le suicidé-comédie à l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet

Nicolaï Erdman est né à Moscou en 1900. En 1925, sa première pièce, Le mandat, est un immense triomphe. Elle est jouée dans toute l’Union soviétique, puis à Berlin, au Japon… mais en 1930, elle est retirée de l’affiche en Union soviétique et ne sera plus jouée qu’après la mort de Staline, en 1956, à l’occasion du XXème congrès du Parti communiste.
Le suicidé, écrite en 1928, est sa seconde pièce. Considérée comme vide et nuisible par le pouvoir, il lui faut attendre des décennies avant d’être montée au prix de coupures conséquentes. En 1933, Erdman écrit un poème satirique sur Staline. Il est alors arrêté et condamné à l’exil. Malgré le soutien de ses amis et, parmi eux Boulgakhov, son arrestation sonne la fin de sa carrière d’auteur.
Si Le suicidé n’est pas une reconstitution du contexte politique de l’époque, elle dénonce les effets qu’ont sur l’individu un régime totalitaire, le désespoir qui en découle quand, confronté à la bêtise, le mal être se double du sentiment d’impuissance.
Ce suicidé est le représentant d’une URSS en malaise. Au chômage, égaré dans un monde privé de ses repères et de ses contours, la peur le saisit et le renvoie à ses faiblesses et à sa pleutrerie. Le cadavre en devenir qu’il est se fera petit à petit un véritable héros et cette notoriété va l’enivrer au point qu’il perdra de vue l’enjeu de sa détermination…

photo Christophe Manquillet

Si le propos du suicidé est grave, c’est une pièce drôle. Elle se situe entre Labiche, certaines comédies classiques soviétiques et contrairement à ce que pourrait laisser supposer son titre, c’est un formidable hymne à la vie, mis en scène par Anouch Paré.
Francis Dubois

Athénée Théâtre Louis-Jouvet
Square de l’Opéra Louis-Jouvet – 7, rue Boudreau 75 009 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits sur réservation impérative) : 01 53 05 19 19
www.athenee-theatre.com

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