Brevet

Le diplôme national du brevet (DNB)

Depuis quelques années, chaque session apporte des changements significatifs au Diplôme National du Brevet. Depuis la session 2008, la validation de deux piliers du socle constitue un passage obligé pour l’obtention du diplôme. Est-ce la naissance, petit à petit, d’un brevet réduit à la seule évaluation des piliers du socle, par l’intermédiaire du livret de compétences ? Ce futur brevet ne porterait donc plus sur la totalité des programmes actuels ; privé d’épreuves terminales communes à tous les candidats, il renverrait totalement à l’autonomie des établissements. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Modalités

Brevet Code de l’éducation

Depuis la session 2007, l’évaluation des élèves porte sur la seule classe de troisième. Les trois séries (collège, technologique et professionnelle) sont pour l’instant conservées.

L’examen écrit comprend trois épreuves terminales affectées chacune du coefficient 2 : français, mathématiques, histoire-géographie-éducation civique.

Les notes du contrôle continu sont prises en compte dans toutes les disciplines du tronc commun, sauf en histoire géographie éducation civique (il n’y a donc que le français et les mathématiques qui comptent deux fois : à l’épreuve terminale et au contrôle continu).

Il comporte par ailleurs une note de vie scolaire dotée d’un coefficient 1.

Chaque discipline obligatoire étant également affectée du coefficient 1, le total des coefficients pour le contrôle continu est donc 10, 11 ou 12 selon la série.

Pour les disciplines optionnelles (latin, grec, langue régionale ou européenne, découverte professionnelle de 3 heures, LV2 pour les élèves qui en sont dispensés dans le tronc commun), seuls les points supérieurs à la moyenne de 10 sur 20 sont pris en compte pour le latin, le grec, les langues étrangères ou régionales.

En ce qui concerne la découverte professionnelle, il convient de distinguer l’option 3 heures qui est prise en compte comme les autres options facultatives. (voir dans l’Arrêté du 28/07/05, BO n°31 du 01/09/05) et le module de 6 heures qui est évalué en contrôle continu (les élèves ayant choisi ce module pouvant s’inscrire dans la série de leur choix).

Résultats brevet par sexe et évolution

Pour être déclarés admis, tous les candidats doivent obtenir une moyenne générale de 10 sur 20 calculée sur l’ensemble des résultats.

Des mentions (assez bien, bien et très bien) sont attribuées depuis 2006 à partir des notes 12, 14 et 16 (décret n°2005-1010 du 22/08/05, BO n°31 du 01/09/05). Des bourses au mérite peuvent être attribuées aux élèves boursiers sur critères sociaux depuis la session 2006, s’ils sont lauréats du brevet avec une mention bien ou très bien ou s’ils sont identifiés comme « élèves méritants » par l’Inspecteur d’Académie à partir des propositions du conseil de classe.

Pour les élèves handicapés, les résultats scolaires peuvent être évalués dans un nombre restreint de disciplines (trois disciplines, voire exceptionnellement deux, suivies par le candidat, en plus du français et des mathématiques). Ils peuvent également bénéficier des dispositions prévues par le décret du 21-12-2005 relatif aux aménagements des examens et concours de l’enseignement scolaire et de l’enseignement supérieur pour les candidats présentant un handicap à savoir conserver les notes obtenues à l’examen ou à l’issue du contrôle continu en classe de troisième et étaler le passage des épreuves de l’examen sur plusieurs sessions.

Nouveautés 2008

Des modifications importantes ont été mises en place pour la session 2008 avec l’introduction de l’évaluation de la maîtrise de deux compétences du socle commun, qui sont désormais exigées en plus de la moyenne obtenue entre les épreuves écrites de l’examen terminal et le contrôle continu.

L’article 32 de la loi Fillon impose, à terme, la validation des 7 piliers du socle commun :

Article L332-6
Créé par Loi n°2005-380 du 23 avril 2005 - art. 32 JORF 24 avril 2005

Le diplôme national du brevet sanctionne la formation acquise à l’issue de la scolarité suivie dans les collèges ou dans les classes de niveau équivalent situées dans d’autres établissements.

Il atteste la maîtrise des connaissances et des compétences définies à l’article L. 122-1-1, intègre les résultats de l’enseignement d’éducation physique et sportive et prend en compte, dans des conditions déterminées par décret, les autres enseignements suivis par les élèves selon leurs capacités et leurs intérêts. Il comporte une note de vie scolaire.
(...)

Les conséquences sur l’architecture du brevet n’ont pas été explicitement précisées mais on peut craindre un brevet à géométrie variable qui ne comporterait plus aucune épreuve terminale et qui ne valoriserait, au-delà du socle commun, que des disciplines au choix des élèves. Nous en avons contesté le principe dès le départ. En effet, cela remettrait en cause la notion de culture commune, fragiliserait bon nombre de disciplines et inciterait les élèves à « choisir » leurs matières tout au long de l’année et à ne s’investir que dans celles qui compteraient pour le brevet. La volonté d’afficher rapidement la validation d’une partie du socle a amené le ministère à imposer, à marche forcée, la validation du B2i et du niveau A2 dès la session 2008 alors que celle-ci pose de nombreux problèmes.

Le B2I

La note de service N° 2008-003 du 9 janvier 2008 précise que l’attestation du Brevet Informatique et Internet est « dorénavant délivrée par le chef d’établissement, sur proposition du professeur principal après consultation de l’équipe pédagogique de la classe » lorsque sont validés 80% des items (et au moins la moitié des items de chacun des domaines) et transmise au jury dans le livret scolaire.

Le SNES souligne que les évaluations des compétences sont rarement travaillées dans les pratiques disciplinaires, que la formation des enseignants est insuffisante, que l’état du parc informatique est très inégal selon les collèges, sans oublier le problème de la maintenance. Des stratégies diverses se développent dans les collèges : « course à la croix » pour valider un maximum d’items, « cours B2I », ou sites internet pour « apprendre » à valider le B2I , pressions sur les enseignants alors qu’ils n’ont pas tous toujours intégré les TICE dans leurs pratiques pédagogiques. Le Ministère doit revoir sa copie et remettre à plat l’ensemble du dossier.

Le niveau A2 dans une langue vivante étrangère

Le niveau A2 correspond au palier 1 des langues vivantes étrangères au collège (fin de 5ème en LV1, fin de 3ème en LV2). C’est l’élève qui choisit, au moment de l’inscription au brevet, la langue (LV1 ou LV2) qui fera l’objet d’une évaluation au niveau A2 au titre du socle commun ; il ne peut s’agir que d’une langue vivante étrangère, à choisir parmi celles étudiées au collège.

Si les textes affirment que les cinq activités langagières (réagir et dialoguer, écouter et comprendre, parler en continu, lire, écrire doivent être prises en compte pour l’évaluation du niveau A2, ils ne précisent pas où est mis le curseur pour déterminer si le niveau est atteint ou non (contrairement au B2i où les élèves doivent avoir validé 80% des items et au moins la moitié des items de chacun des domaines). Les enseignants de LV doivent donc valider globalement le niveau A2 sans cadrage national alors qu’ils doivent évaluer une multitude de micro-compétences qui n’ont pas toutes les mêmes « valeur ».

L’absence d’information claire et suffisante aux familles, de formation des enseignants de LV à l’évaluation par compétences, de modalités d’évaluations précises et nationales, l’incohérence des directives a amené l’an dernier le SNES à exiger avec d’autres organisations syndicales et l’APLV (l’association des professeurs de langues vivantes) un moratoire jusqu’à la session 2010.

Qu’il s’agisse du niveau A2 ou du B2I, c’est le jury qui se prononce in fine sur la validation. La loi d’orientation ayant affiché la volonté que tous les élèves maîtrisent le socle commun à la fin de la scolarité obligatoire, l’objectif ministériel n’est évidemment pas d’afficher des résultats au brevet en baisse. On a donc assisté l’an dernier à une véritable mascarade en matière d’évaluation des élèves, soit au niveau de l’établissement, soit au niveau du jury.

Un brevet qui n’aurait plus rien de national ?

Résultats brevet par CSP

Bien des disparités ont été relevées entre les collèges pour la validation du B2I et du niveau A2. Pour les B2i, il existe des différences notables entre les élèves qui possèdent ou non un équipement informatique à domicile, et en fonction de l’équipement informatique des collèges, (problème du nombre insuffisant d’ordinateurs récents, de l’accès à Internet) Les enseignants ne sont pas toujours formés et les différentes démarches de validation représentent un travail supplémentaire pour l’ensemble des équipes pédagogiques. Le B2I étant « délivré par le chef d’établissement », on peut craindre que les pressions engendrées par les contrats d’objectifs (taux de réussite au brevet par exemple), ne conduisent à des dérives. Le Ministère pourrait ainsi prétendre qu’avec moins de moyens, moins d’enseignants, les élèves réussiraient mieux.

Ce que demande le SNES

Nous exigeons que toutes les disciplines soient évaluées au brevet. Nous considérons que les épreuves terminales devraient être élargies au-delà des trois actuelles et comporter au moins une épreuve orale de langue vivante. Nous refusons que le brevet joue un rôle dans l’orientation des élèves. Nous continuons à exprimer notre refus d’une note de vie scolaire mise sur le même plan que les disciplines pour l’obtention du brevet.

D’autres nouveautés…

Une vigilance particulière est à apporter à la mise en œuvre d’un enseignement d’’histoire des arts qui s’intègrerait notamment aux programmes d’histoire, d’éducation musicale et d’arts plastiques ; il s’agirait d’une discipline transdisciplinaire dont les contenus et l’évaluation posent problème alors qu’on nous annonce, sans plus de précisions aujourd’hui, une prise en compte de l’Histoire des arts pour l’obtention du brevet à la session 2010.

Textes de référence

Décret n°87-32 du 23-1-1987 instituant le diplôme national du brevet, modifié par :
- le décret n°2005-1010 du 22-8-2005 ; B.O n°31 du 1-9-2005) qui instaure des mentions
- le décret n°2006-533 du 10-5-2006 (JO du 12-5-2006 ; BOEN n°22 du 1-6-2006) relatif à la note de vie scolaire
- le décret n°2007-921 du 15-5-2007 (JO du 16-5-2007 ; BOEN n°22 du 7-6-2007) relatif au diplôme national du brevet

Les textes ci-dessus ont fait l’objet d’un transfert dans la partie réglementaire du Code de l’Education.

Décret n°96-465 du 29-5-1996 (JO du 31-5-1996 ; BOEN n°25 du 20-6-1996) relatif à l’organisation de la formation au collège (Article 6), modifié par
- le décret n°2005-1013 du 24-8-2005 (JO du 25-8-2005 ; BOEN n°31 du 1-9-2005) relatif aux dispositifs d’aide et de soutien pour la réussite des élèves au collège
- le décret n°2006-533 du 10-5-2006 (JO du 12-5-2006 ; BOEN n°22 du 1-6-2006) relatif à la note de vie scolaire

Arrêté du 18-8-1999 (JO du 4-9-1999 ; BOEN n°31 du 9-9-1999) relatif au DNB, modifié par
- l’arrêté du 28-7-2000 (JO du 22-9-2000 ; BOEN n°35 du 5-10-2000)
- l’ arrêté du 28-7-2005 (JO du 28-8-2005 ; BOEN n°31 du 1-9-2005) qui définit notamment les modalités de prise en compte des enseignements de découverte professionnelle
- l’ arrêté du 1-6-2006 (JO du 14-6-2006 ; BOEN n°26 du 29-6-2006) qui limite la prise en compte du contrôle continu à la seule classe de 3ème et annonce l’attribution d’une note de vie scolaire
- l’ arrêté du 15-5-2007 (JO du 6-5-2007 ; BOEN n°22 du 7-6-2007) qui précise la prise en compte du B2i et du niveau A2 dans une langue vivante étrangère)

Arrêté du 14-6-2006 (JO du 27-6-2006 ; BOEN n°29 du 20-7-2006) relatif aux connaissances et capacités exigibles pour le B2i, modifié par l’
arrêté du 18-12-2007(JO du 28-12-2007 ; BOEN n°3 du 17-1-2008) qui en précise les référentiels

Arrêté du 10-5-2006 (JO du 12-5-2006 ; BOEN n°22 du 1-6-2006) relatif aux conditions d’attribution d’une note de vie scolaire

Circulaire n°2006-105 du 23-6-2006 (BOEN n°26 du 29-6-2006) relative à la note de vie scolaire

Arrêté du 30-1-1987 (BOEN n°5 du 5-2-1987) relatif au formulaire d’inscription au DNB

Note de service n°99-123 du 6-9-1999 (BOEN n°31 du 9-9-1999) relative aux modalités d’attribution du DNB

BOEN n° 26 du 29 juin 2006 relatif à l’attribution des bourses au mérite

Note de service n°2008-003 du 9-1-2008 (BOEN n°3 du 17-1-2008) relative aux modalités d’attribution du DNB pour la session 2008

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