Actualité théâtrale

jusqu’au 16 avril

"Le commencement du bonheur" à la MC 93 de Bobigny – partenaire Réduc’snes

Giacomo Léopardi a écrit en 1824 des petites pièces philosophiques, Operette morali, une œuvre tonique, brève et subversive, à contre courant des gesticulations et prétentions stériles d’un genre humain qui se croit maître de la nature. Ce petit théâtre philosophique fait apparaître un elfe et un gnome qui commentent la disparition du genre humain. Des momies y vantent en chansons le plaisir de mourir et Malembrun demande au diable de lui donner quelques instants de bonheur. Le soleil lassé de tourner autour de la terre, décide d’arrêter son cycle… La pensée de Léopardi va et vient, sautille, virevolte s’attarde et file dans une sorte de farandole barbare et joyeuse. D’un dialogue à l’autre, le texte devient poème.
Dans son journal, le 27 juillet 1821, Léopardi écrit : "Dans mes dialogues, je cherchais à tourner en comédie ce qui a toujours été le propre de la tragédie, c’est à dire les vices des Grands, les principes fondamentaux des calamités et de la misère humaine, les absurdités de la politique, les incongruités de la morale universelle et de la philosophie, les vices et les infirmités non des hommes, mais de l’homme. Et je crois que les armes du ridicule pourront servir beaucoup plus que celles du raisonnement…"
Dans l’œuvre de Léopardi, les "operette morali" se situent entre une première époque qui pourraient se caractériser par des écrits juvéniles et une autre ou apparaît le cycle d’Aspasia, les chants sépulcraux et La Ginestra.
Nietzsche considérait Léopardi comme le plus grand prosateur du XIX siècle. Il est aujourd’hui classé comme un auteur italien classique au même titre que Dante. Poète phare, son œuvre représente les prémisses de l’inquiétude des Modernes.
A Récanati où il passe une partie de son enfance, il vit entre un père érudit et une mère despotique qui pousse à l’extrême ses convictions bigotes au point de souhaiter la mort de ses enfants pour qu’il aillent le plus vite possible au ciel. La lecture et les études deviennent son refuge. A quinze ans il écrit une Histoire de l’astronomie avant d’entreprendre des travaux philosophiques. Très vite, ses écrits sont reconnus par de grands savants européens. Il quitte Récanati et entreprend divers voyages à travers l’Italie. Il vivra à Rome, Florence et Naples où il meurt à trente neuf ans après avoir souffert de troubles oculaires qui rendaient de plus en plus difficile la lecture et l’écriture. Il est l’auteur d’une œuvre considérable dont une faible partie seulement fut publiée de son vivant.
Jacques Nichet, qui signe adaptation et mise en scène, fonde alors qu’il est encore étudiant, en 1964, une troupe universitaire : Le théâtre de l’Aquarium. En 1972, il devient membre d’un collectif où l’on trouve entre autre Jean-Louis Benoît et Didier Bezace et s’installe à la Cartoucherie de Vincennes pour rejoindre Ariane Mnouchkine. Jusqu’en 1980, il y proposera une douzaine de créations. En 1986, il quitte l’Aquarium pour diriger le Centre Dramatique National Languedoc Roussillon. En 1998 il prend la direction du Théâtre National de Toulouse où il privilégie les auteurs de notre siècle, Serge Valletti, Ödön von Horvàth, Daniel Keene ou Koltès. Francis Dubois

MC 93 - 1, boulevard Lenine 93 000 Bobigny
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 41 60 72 72 ou www.mc93.com

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