Communiqués de l’intersyndicale

Le CNDP entre casse et répression syndicale

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Paris, le 19 février 2004

Le CNDP entre casse et répression syndicale

Communiqué n° 35

À peine installé dans ses fonctions, Alain Coulon, le nouveau directeur général du CNDP, vient de se ranger à deux reprises dans le camp du déshonneur en tant que néo-dirigeant d’un établissement public administratif.
D’une part, le 11 février était prévu un Comité technique paritaire du CNDP avec, parmi les points à l’ordre du jour, une information sur le calendrier de la délocalisation. Or, le même jour Alain Coulon a édicté une note de huit pages sur la délocalisation, non communiquée à l’avance aux représentants des personnels au CTP - qui ont tiré la leçon du mépris ainsi manifesté avec éclat en ne siégeant pas au CTP - ni même soumise pour avis aux représentants de l’administration, ses collaborateurs directs. Une note émaillée de fautes et étrangement tronçonnée, telle qu’envoyée à tout le personnel du CNDP par courriel, sous forme de trois fichiers numériques, en fin d’après-midi du 11 février.
Une note, surtout, marquée par : une impasse sur les processus d’élaboration des décisions administratives, des incohérences, des oublis incompréhensibles, des contrevérités. Rien n’explique, en fait dans ce document, comment concrètement les activités du CNDP, qui sont largement transversales au découpage de l’organigramme des services, pourront perdurer dans la situation de pagaille que ne manquerait pas d’entraîner l’application des opérations chirurgicales proposées par Alain Coulon.

Une volonté systématique de précipiter le processus jusqu’à désorganiser les services et dégraisser le CNDP en tant qu’établissement devant remplir des missions de service public est en effet affichée. Parmi les premières victimes : des revues nationales, par exemple, fleuron de ce service public dû aux équipes éducatives ; ou bien tel service « qui comporte une trentaine d’agents serait ramené à 7 » ; pour tel autre, « la délocalisation sera l’occasion de [le] diminuer de moitié : passage de 36 à 18 agents »...
Tout est fait, en somme, pour inquiéter chacun des agents par une attaque directe contre son service ou au contraire un silence lourd de menaces, afin de mieux déstabiliser ou déliter l’établissement en tant que communauté de travail. L’une des méthodes éprouvées des chevaliers d’industrie ou des apprentis-sorciers de la gestion des ressources humaines, qui, dans le secteur privé, cassent une entreprise en lançant un plan de licenciements.

D’autre part, datée du 9 février, une lettre adressée à une représentante syndicale du SGEN-CFDT et transmise par courrier intérieur est parvenue à sa destinataire seulement le 16 février. Cette lettre est la copie d’un courrier au ministre et sollicitant la réintégration anticipée de cette enseignante détachée au CNDP depuis 2001 après avoir été mise à disposition de l’établissement depuis 1993.
Tout ici relève du scandale le plus patent : le mode de communication, la démarche mise en œuvre, le choix de l’agent concerné.

Comment oser ne pas prévenir oralement un agent d’une mesure aussi brutale et inattendue prise à son encontre et la laisser seule avec la découverte, de retour de congés, du courrier du CNDP au ministre et demandant son renvoi de l’établissement ? Pourquoi une telle urgence en plein mois de février - pendant les vacances scolaires de l’Ile-de-France : après le CA exceptionnel de l’été 2003 et la dissolution de fait mais non de droit de la DRID, voilà la réédition peu glorieuse du mauvais coup pendant des vacances ! Quelle gestion inhumaine des ressources pourtant dites humaines, digne d’un Ponce-Pilate ! Quelle incurie en matière de psychologie la plus élémentaire !

Tous les agents du CNDP non titulaires de leur poste, enseignants, CDD, PTO..., savent désormais à quoi s’en tenir : toutes les promesses lénifiantes du directeur général ou de la secrétaire générale n’ont aucun prix, n’engagent que ceux qui les écoutent et les croiraient. Tous les personnels de l’établissement savent désormais ce que signifie la méthode tant vantée du cas par cas individuel.

Choisir de renvoyer de l’établissement une représentante syndicale en cours de détachement est incompréhensible, voire odieux.
Impossible pour le directeur général et la secrétaire générale du CNDP de continuer à nier plus longtemps qu’une répression antisyndicale est en marche puisque déjà deux autres enseignants, représentants syndicaux (FERC-CGT, FSU) et membres du Comité technique paritaire commun du réseau CNDP-CRDP, se sont vus signifier leur fin de détachement. La chasse aux représentants syndicaux est bel et bien ouverte !
Comme si l’intersyndicale était responsable du blocage de la situation actuelle, comme cherche à le faire accroire le directeur général. N’est-elle pas plutôt le seul obstacle sur le chemin du démantèlement, de la destruction de l’établissement prestigieux qu’est le CNDP ?
Toutes les considérations de civilité et d’humanité sont sacrifiées à un seul impératif : augmenter la courbe trimestrielle du nombre de postes transférés à Chasseneuil-du-Poitou, après un premier semestre piteux en résultats (à peine une trentaine d’agents exerçant réellement leurs fonctions à Chasseneuil fin décembre au lieu des 70 annoncés et demandés par la tutelle). L’augmenter quoi qu’il en coûte, quels que soient les reniements par rapport aux engagements proférés.

Oui, il y a bien déshonneur, car il y a contradiction entre des paroles mielleuses ou des mots émollients et des faits ou actes administratifs tranchants : d’un côté, il n’est question, au gré de réunions ou de la note du 11 février », que d’« enjeu intellectuel » ou de « défi intellectuel », de « faire croiser les idées », de l’autre tout est fait pour croiser le fer avec l’intersyndicale en éliminant ses représentants, pour précipiter le CNDP vers l’abîme et pour participer à un crime contre l’esprit et contre l’idéal du service public.
Cela s’appelle une faute - politique et morale.

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