Actualité théâtrale

Jusqu’au 26 novembre à L’Étoile du Nord (Reprise possible ensuite)

« Le 20 novembre » Partenaire Réduc’snes

Ce texte est le premier volet d’un projet intitulé « Variations intimes » qui rassemble trois textes - celui de Lars Noren présenté ici, et deux textes de Philippe Minyana qui seront présentés à l’Étoile du Nord en février-mars 2012 - éclairant l’intime sous des angles différents. Il s’agit, dit Jacques David qui est à l’origine du projet, d’aller chercher l’individu là où il ne s’attend pas à être trouvé et où le public « n’est plus anonyme, mais un ensemble d’individus avec lesquels s’engagerait une relation, une conversation. »

Le premier volet, Le 20 novembre , est une courte pièce de Lars Noren qui s’attache à un fait divers survenu dans une petite ville allemande en 2006. Un adolescent de 18 ans avait pénétré armé dans son ancien lycée pour y faire feu sur des élèves et des professeurs. Après avoir blessé neuf personnes il avait retourné l’arme contre lui. Quelques semaines plus tard, Lars Noren a écrit  Le 20 novembre en s’appuyant sur le journal intime laissé par le jeune homme. C’est un monologue qu’il nous propose ici, la parole d’un jeune homme qui hait cette école et ses enseignants tout comme la bêtise de ses anciens « camarades » de classe. Il est l’imprécateur. Il vomit ce monde où il n’épargne que ses parents et sa sœur. Il construit son crime sur l’absence de parole, de dialogue plutôt. Il se plonge dans la musique et dans son projet d’anéantir ce monde qu’il hait. Il ne communique pas avec ceux qui l’entourent et c’est à nous, face à lui, qu’il parle. Il nous dit ses sentiments, sa fureur devant des enseignants qui ne comprennent rien et devant la méchanceté bête de ses condisciples.

Lars Noren n’est pas un auteur qui met en scène des faits divers. Mais s’il s’est intéressé à celui-ci, c’est probablement qu’il lui a semblé être le signe d’une société qui marche sur la tête, qui affirme que l’enfance est sacrée et doit être protégée et qui, dans le même temps, laisse un jeune aller mal au point de se suicider et d’éliminer ceux qui auraient pu être ses amis ou ses éducateurs. Ce qu’il dénonce, c’est une société qui n’offre pas aux plus faibles des espaces de parole suffisants.

Un espace gris et nu, qui évoque l’enfermement et l’ennui de l’école, une table encombrée, une bouteille de coca et un baladeur, c’est l’univers de ce jeune qui est posé sur la scène. Vêtu d’un sweat-shirt à capuche gris, Jean-Pascal Abribat est Sebastian Bosse. Il a la violence de l’adolescent en colère contre le monde et contre lui-même. Il s’agite, court, cogne ce qui l’entoure, se cogne, se laisse emporter par ses démons, brandit son arme et vomit ses imprécations. Il incarne si parfaitement cette fureur et cette violence qu’il nous laisse désarmés, impuissants, glacés. Pour lui, il faut voir le 20 novembre .

  Micheline Rousselet

 

 L’Étoile du Nord

16 rue Georgette Agutte, 75018 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 42 26 47 47

Cette pièce peut être jouée à la demande en établissement scolaire

 

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