Langues régionales

US 555 novembre 2001

Langues régionales : le ministère responsable d’un échec ( nov 2001)

Langues régionales : le ministère responsable d’un échec

Le SNES s’est engagé en faveur du développement de l’apprentissage des langues régionales dans le service public depuis longtemps. Il a favorisé la création de CAPES, d’options, de filières bilingues publiques et la prise en compte des langues et cultures régionales aux examens. Il a acquis depuis longtemps la conviction qu’il s’agit d’une richesse à préserver et à développer.
Le faire dans le service public c’est garantir que ces enseignements respecteront les règles de la laïcité et c’est éviter que ne se développent des écoles privées.

Dans ce cadre, le SNES lors du Conseil supérieur de l’Education a approuvé les textes portant sur l’enseignement des langues régionales et sur l’enseignement bilingue.
Concernant l’immersion qui vise à utiliser la langue régionale plus largement comme langue d’enseignement, mais aussi comme langue de communication dans l’établissement, le SNES et la FSU avaient obtenu des amendements pour que la langue régionale ne soit pas la langue exclusive. Ainsi amendé, le SNES avait voté pour le texte de l’arrêté portant sur l’immersion. Il avait voté contre la circulaire correspondante qui n’intégrait pas les modifications de l’arrêté mais sur laquelle le Ministère s’était engagé à faire les modifications nécessaires en concertation avec nous.

De concertation il n’y en a point eu. L’arrêté publié n’était pas celui qui résultait du travail au Conseil Supérieur, rompant avec l’équilibre que nous avions contribué à trouver. La circulaire publiée confirmait le changement d’attitude du ministère, précisant même que les conseils d’administration et les conseils de classe devaient se tenir dans la langue régionale.
Nous sommes intervenus au Ministère pour que les textes publiés soient modifiés. Rien n’y fit, nous contraignant à déposer un recours devant le Conseil d’Etat.
Nous avons d’ailleurs indiqué que si les modifications étaient publiées nous nous désisterions du recours.

Le Conseil d’Etat a suspendu en particulier l’arrêté et la circulaire en raison justement des conditions dans lesquelles l’immersion y était prévue.
C’est donc ce point et ce point seulement qui fait l’objet du débat.
Le Ministère porte la totale responsabilité de cette situation.

Nous restons, bien sûr, totalement favorables à l’intégration des écoles Diwan dans le service public, dans le cadre des règles régissant les établissements publics d’enseignement.
Nous continuons donc à réclamer que de nouveaux textes négociés soient publiés rétablissant l’équilibre construit au mois de mai dernier.

D. Paget - D. Robin

Autres articles de la rubrique Langues régionales