Actualité théâtrale

au Centre Culturel Jean-Houdremont à La Courneuve

« La vie de Galilée » jusqu’au 13 février

C’est en 1938 que Bertold Brecht écrit « La vie de Galilée ». Il a quitté l’Allemagne et s’inquiète de la montée du nazisme qui promet un homme et un monde nouveaux. Brecht s’intéresse-t-il à Galilée parce qu’il apporte une vision radicalement nouvelle du monde avec un univers plus vaste et toujours en mouvement ou voit-il aussi en lui l’homme vaincu qui a cru en la victoire de la raison et fut obligé d’abjurer ?
La pièce crée une fiction qui nous montre trois périodes différentes de la vie de Galilée à l’issue desquelles il va comprendre qu’un scientifique, aussi grand soit-il, ne peut être assez naïf pour ignorer les contraintes de la société de son temps. A Padoue, Galilée jeune et entreprenant, doté d’une foi absolue dans la science et d’un charisme certain, découvre dans son atelier que Vénus, tout comme la Lune, présente des phases, ce qui prouve qu’elle tourne autour du soleil. Il découvre également que Jupiter possède des satellites tout comme la Terre. Il vérifie ainsi expérimentalement les hypothèses de Copernic, détruisant par là même les conceptions d’Aristote, selon lesquelles la terre est immobile au centre de l’Univers. Parti de Padoue, il s’installe à Florence, où il séduit les Médicis toujours curieux des derniers progrès de la science et se livre à de nouvelles expériences. Il gagne ensuite Rome et croit triompher, mais le nouveau pape, pourtant mathématicien éclairé, ne l’autorise à chercher qu’à condition que ce qu’il découvre reste à l’état d’hypothèse. Lorsque Galilée finit par croire que rien ne peut résister au génie de l’homme, que la raison triomphe toujours et que la science est la promesse du progrès pour tous les hommes, les instances religieuses vont d’abord le censurer avant que le Tribunal de l’Inquisition ne l’oblige à abjurer en 1633.
On peut remercier Pierre Holden d’avoir repris cette pièce passionnante, mais assez peu représentée. Il a choisi de faire incarner Galilée par trois acteurs différents pour chacune des périodes de la pièce. Cela permet de donner une idée du temps qui passe et de montrer l’évolution de l’homme de science. Le dispositif scénique passe d’une atmosphère bleue, avec des ballons qui bougent comme des sphères célestes, aux couloirs rouges et noirs du Vatican où des rangées de cierges ouvrent et ferment l’espace enfermant peu à peu Galilée. Dix comédiens interprètent les cinquante personnages de la pièce et c’est là qu’est un peu le point faible de la représentation.

Si Philippe Houriet joue finement le Galilée 3, avec ses faiblesses qui l’ont conduit à abjurer, mais aussi ses ruses pour poursuivre ses recherches et les faire connaître, Laure-Lucile Simon surjoue et crie au point de rendre son texte peu audible. C’est d’autant plus dommage que le metteur en scène réussit bien à faire exister tous ces personnages et à leur faire occuper l’espace en sorte que l’on a l’impression d’une distribution plus étoffée.
Micheline Rousselet

Mercredi, vendredi et samedi à 20h30, le jeudi à 19h, le dimanche à 16h30
Centre culturel Jean-Houdremont
Place de la Fraternité, 11 avenue du Général-Leclerc,
93120 La Courneuve
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 48 36 11 44

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