La réforme Robien de 2006

La nouvelle organisation des réseaux

La réforme opére une distinction entre les Réseaux Ambition Réussite (RAR) et les Réseaux de Réussite Scolaire (RRS), « fédérés autour d’un même projet ». Un réseau regroupe un collège pivot et l’ensemble des écoles de son secteur de recrutement – mais fait l’impasse sur les lycées.

L’organisation en réseaux, permettant de relier les établissements du 1er et du 2nd degré d’un même réseau, a été initiée lors de la relance de 1999 avec la mise en place des Réseaux d’Education Prioritaire (REP). La circulaire du 30 mars 2006 accentue cette logique en opérant une distinction entre les Réseaux Ambition Réussite (RAR) et les Réseaux de Réussite Scolaire (RRS), « fédérés autour d’un même projet ». Un réseau regroupe un collège pivot et l’ensemble des écoles de son secteur de recrutement – mais fait l’impasse sur les lycées [lien lycées RAR].

Dans les RAR

Une nouvelle organisation administrative a été mise en place avant la rentrée 2006 dans les RAR avec les comités exécutifs chargés de piloter localement les réseaux. En sont membres le principal de collège, le principal adjoint, l’IEN de la circonscription et tous les directeurs des écoles élémentaires et maternelles rattachées. La circulaire de rentrée 2007 a ajouté à cette liste l’ex coordonnateur Zep devenu secrétaire de réseau et précisé que le comité « invite, en tant que de besoin, à ses séances les IA-IPR, les professeurs supplémentaires, enseignants des premier et second degrés, le médecin scolaire, l’infirmière scolaire et l’assistante sociale, les élus, les représentants des fédérations de parents d’élèves… »

On notera l’absence remarquable des enseignants autres que les référents qui ne sont par ailleurs associés qu’en tant que de besoin !!
Or, le comité exécutif doit se substituer progressivement à toutes les instances de l’éducation prioritaire et devenir « l’instance de pilotage local de la politique mise en œuvre dans le réseau ». La tentation est grande, dès lors, de le substituer au Conseil d’Administration.
L’enjeu est d’autant plus important que c’est le comité exécutif qui élabore le projet du réseau à partir duquel il définit les profils des enseignants référents et des assistants pédagogiques, recrutés localement.

En outre, la circulaire tente de développer fortement la logique de contractualisation. Ainsi, chaque RAR doit s’engager dans un « Contrat Ambition Réussite » avec l’IA, sur la base du projet de réseau, pour une durée de 4 à 5 ans. La contractualisation fait courir un double risque de mise en concurrence dangereuse des établissements et de disjonction entre dotation et besoins réels. La circulaire accorde, de plus, un place importante à l’article 34 de la loi Fillon sur le « droit à l’expérimentation » qui a surtout vocation à autoriser toutes les déréglementations.

Lors de la mise en place des comités exécutifs, les projets de réseau et les profils des enseignants référents ont été défini le plus souvent sans aucune concertation avec les personnels des établissements, absents de cette instance. De ce fait, les projets et les profils ont très rarement répondu aux besoins réels des établissements, des personnels et des élèves. Il s’agissait bien plutôt de répondre aux injonctions de la hiérarchie en matière de déréglementation.

Dans les RRS

Bien que la circulaire du 30 mars 2006 stipule que les Réseaux de Réussite Scolaire doivent mettre en place une organisation identique à celle des RAR dès la rentrée 2007, la circulaire de rentrée 07 tempère cette obligation en précisant qu’ils doivent « s’inspirer de l’expérience des réseaux “ambition réussite” » et que le projet doit être « porté par les équipes ». C’est là un aveu d’échec d’une organisation dont les personnels sont absents !

Cependant, la logique reste la même, avec une « contractualisation renforcée » et une invitation pressante à expérimenter toutes les déréglementations.

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