Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Thibault Dentel (France)

"La danse des accrochés" Sortie en salles le 7 décembre 2016

Vincent vient de passer vingt-trois années en prison pour l’assassinat d’un homme qui avait humilié son père.

Il a obtenu pour les dix mois qu’il lui reste à purger, un aménagement de peine sous le contrôle d’un bracelet électronique.

Il est accueilli chez son cousin Didier, un agriculteur qui voue à sa mère une haine profonde depuis le suicide de son père.

Celle-ci qui, lorsqu’elle apprend qu’elle est condamnée par la maladie, décide de faire un testament dans lequel elle déshérite Didier.

Or, Didier est très attaché à la maison de famille qui, dans ce cas, lui échapperait.

Le film de Thibault Dentel raconte l’histoire de ces deux hommes. Le premier devant affronter la réalité d’une demi-liberté et l’autre, la perversité d’un chantage morbide.

Cinéma : la danse des accrochés

A l’origine du projet de " La danse des accrochés", il y a l’écriture d’un documentaire sur le "placement sous surveillance électronique" (PSE).

En découvrant la réalité de cette possibilité d’écourter l’enfermement carcéral, il en mesure la portée sociale et sociétale et entrevoit très vite la possibilité de réaliser un long métrage sur le sujet.

Thibault Dentel appartient à la catégorie des "francs-tireurs" du cinéma. Ces réalisateurs qui, n’obtenant aucun financement sur la présentation de leur projet, raclent les fonds de tiroirs et deviennent leur propre producteur.

" La danse des accrochés" est né de sa ténacité et de nombreuses complicités artistiques et techniques.

Et pourtant, rien, à aucun moment, ne vient trahir le manque de moyens et la modestie de la production.

Thibault Dentel filme avec un visible plaisir et une efficace simplicité ses personnages vrais, chaleureux, émouvants, drôles (les dialogues très écrits sont savoureux), les amples paysages de la campagne vendéenne et les travaux des champs avec une justesse jubilatoire.

Un noir et blanc profond ajoute à l’authenticité de l’ensemble.

Tout cela se relâche légèrement au moment où le récit bifurque vers le genre policier à partir de l’élaboration d’un crime parfait où réalisme et burlesque se côtoient, peuvent surprendre, mais finissent par faire "bon ménage".

Il fallait de l’audace pour, aux trois quarts du récit, prendre soudain cette direction inattendue et la mener frontalement. C’est un tour de force d’y être parvenu et d’avoir ajouté du plaisir au plaisir en cassant le rythme et en basculant dans ce qui, sans le talent de conteur du réalisateur, aurait pu devenir grotesque ou invraisemblable.

"La danse des accrochés " que de façon injuste, aucun festival n’a voulu inscrire à sa programmation, vaut dix fois mieux que des réalisations poussives à qui on ouvre des grands circuits de salles.

Aussi, si le film de Thibault Dentel est projeté à proximité, il ne faut pas hésiter un seul instant et y aller. Au final, on aura vu un bon film, apprécié d’excellents comédiens, fait circuler le bouche à oreille et encouragé un réalisateur qui le mérité largement à nous proposer très vite un prochain film qu’on attend déjà avec impatience.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « A Ciambra »
    A quatorze ans, Pio est un garçon qui n’a pas froid aux yeux et il est déjà très au fait des choses de la vie. Prenant modèle sur ses aînés et pressé de grandir, il se comporte en adulte, fume, boit et... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Kiss and cry »
    A quinze ans, Sarah reprend un entraînement intensif de patinage sur glace au Club de Colmar où sa mère a emménagé pensant que sa fille y atteindrait un niveau tel qu’il lui ouvrirait les portes de... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Les hommes d’argile »
    Sulayman est un jeune homme heureux. Il se contente de peu, vit en parfaite harmonie avec la faune et la flore de sa région. Il aime pétrir l’argile et faire naître de ses mains des objets et des... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Gauguin, voyage de Tahiti »
    En 1891, Gauguin décide de quitter sa famille aimée, ses compagnons peintres et de partir pour Tahiti où il imagine, selon une image idéalisée des îles, qu’une vie facile lui permettra de se consacrer... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Home »
    A sa sortie de prison, Kevin dix-sept ans, est recueilli par sa tante et son oncle. Ce placement en famille et un stage en plomberie devraient permettre un nouveau départ à cet adolescent bien... Lire la suite (Septembre 2017)