Année 2005

LANGUES VIVANTES COLLÈGE PROJET DE PROGRAMMES

La place des langues dans la culture
commune est affirmée, les contenus
d’enseignement sont satisfaisants
mais nous avons des inquiétudes sur
les mises en oeuvre et sur l’adoption
des groupes de compétences

QUEL PROJET ?

Il comprend une note d’accompagnement, un
préambule commun à toutes les langues vivantes
et un projet de programme pour chaque langue.
On y retrouve les quatre activités de compréhension
et d’expression auxquelles s’ajoutent compétences
culturelles et linguistique et utilisation
des TICE. Il présente des nouveautés par rapport
aux anciens programmes de collège :
• il y a deux paliers : le palier 1 (correspondant aux
Sixièmes et Cinquièmes pour la LV1, et aux Quatrièmes
et Troisièmes pour la LV2), qui est soumis
à consultation, et un palier 2 qui suivra ;
• il est conçu selon une approche qui s’explique par
l’adoption du Cadre européen commun de référence
(CECR).La progression se fait donc désormais
par niveaux de compétence et non plus selon la
classification notionnelle-fonctionnelle.Le palier 1
qui est soumis à consultation regroupe les niveaux
A1 et A2 du CECR.

Nous approuvons les objectifs communs aux LV.
Ce projet tente d’allier les objectifs linguistiques et
culturels,ce qui correspond à notre demande. Il est
cependant nécessaire de prévoir une formation des
enseignants.L’insistance sur la continuité école/collège tant au niveau des acquis que des pratiques
de classe implique aussi des formations communes
primaires/collèges.

Si les objectifs didactiques du cadre européen tels
qu’ils sont déclinés dans ce projet correspondent
à certaines de nos demandes, il n’en est pas de
même pour l’organisation en groupes de niveau de
compétence et la certification du palier atteint.

QUELS SONT LES DANGERS LIÉS À L’ADOPTION DU CECR ?

L’évaluation de fin de cycle au collège (et du baccalauréat
au lycée) risque de disparaître au profit
d’une certification en cours de cycle. Ceci peut
entraîner l’arrêt de l’apprentissage de la langue
vivante quand le niveau fixé par le CECR est atteint.
De plus, le ministère veut profiter de l’adoption de
ces nouveaux programmes pour mettre en place,
tant au collège qu’au lycée, des groupes de compétence
prévus dans la loi d’orientation et dans le
projet de circulaire de rentrée 2005(1).

POURQUOI NOUS OPPOSONS-NOUS À CETTE NOUVELLE ORGANISATION DE L’ENSEIGNEMENT DES LANGUES VIVANTES ?

Parce qu’elle ne se ferait plus dans le cadre de la
classe mais dans celui de groupes organisés en
fonction des niveaux de compétence. Elle signifierait
l’explosion du groupe classe et la suppression
de la distinction LV1/LV2. Cette organisation
irait à l’encontre d’une conception globale de la
formation visant une culture commune. Elle préfigurerait
un mode d’organisation modulaire permettant
un enseignement intensif semestriel et
non pas annuel. Elle impliquerait un état permanent
d’évaluation qui se ferait au détriment de
l’acquisition des savoirs.

CES GROUPES DE COMPÉTENCE SERAIENT-ILS DES GROUPES DE NIVEAU DÉGUISÉS ?

Nous le pensons.Les groupes de niveau ont déjà été
expérimentés sans succès et sont contraires à notre
conception de l’enseignement. Les groupes de
compétence poseraient de tels problèmes d’organisation
et pédagogiques qu’ils fonctionneraient
vite comme de simples groupes de niveau.Ceux-ci
pénaliseraient les élèves de groupes faibles et
aggraveraient les inégalités.Ces groupes de compétence
seraient-ils synonymes de baisse des effectifs ? La logique ministérielle étant celle de la restriction
budgétaire, nous ne sommes pas dupes !
Nous réclamons des groupes à effectifs réduits
permettant un réel suivi des élèves et une aide
aux élèves en difficultés. Cette réduction des
effectifs est indispensable pour atteindre les
objectifs fixés dans le projet (notamment en
communication et expression orale).
La consultation des collègues sur le palier 1 de
ces nouveaux programmes est organisée dans
chaque académie.

Thérèse Jamet-Madec,Martine Villy

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