Actualité théâtrale

 Théâtre 71 jusqu’au 28 janvier 2012

"L’éveil du Printemps" Partenaire Réduc’snes

"L’éveil du Printemps" de Frank Wedekind. Mise en scène Omar Porras

 

Écrit en 1891, "L’Eveil du printemps" ne fut créé qu’en 1906. Son contenu fit scandale. L’auteur allemand y aborde un sujet tabou, celui des premiers troubles de la sexualité chez un groupe d’adolescents.

Franck Wedekind porte très loin, pour son époque, la réflexion sur ce sujet dans une société puritaine.

Mettant à mal instances religieuses, parentales ou pédagogiques, il dénonce l’hypocrisie morale de son époque.

Les pédagogues autant que les parents préfèrent nier le problème, se taire, détourner les questions posées ou les laisser en attente.

Sa mère refuse à sa fille Wendla de l’aider à vivre ses premiers émois comme elle refuse de satisfaire sa curiosité à propos de la conception et la naissance des enfants. A cause de son ignorance, l’adolescente perdra sa virginité dans les bras de Melchior et sa vie dans une tentative d’avortement.

Moritz, partagé entre ses premiers sursauts sexuels et des études auxquelles il voudrait se consacrer totalement, finit par se suicider. Hanschen et Ernst eux, découvriront leur attirance l’un pour l’autre tandis que Melchior sera envoyé dans une maison de correction avant de vivre, en présence du mystérieux homme masqué, l’apparition de Moritz qui l’invite à le rejoindre.

Omar Porras a pris le parti d’une mise en scène flirtant avec la comédie décalée, allant jusqu’à la farce. Cette piste convient parfaitement à tout ce qui, dans la pièce, a trait aux adolescents.

Le sur jeu des comédiens, les costumes, les perruques, la gestuelle donnent dans ce domaine, un résultat très cohérent, souvent drôle.

Le même parti pris convient moins bien aux scènes qui mettent en présence les parents ou les pédagogues. Même si ce sont, en partie, les mêmes comédiens qui jouent les uns et les autres, la densité du jeu n’est plus la même et la caricature pointe son nez.

Mais il ne s’agit pas de faire la fine bouche. "L’éveil du printemps" de Omar Porras est au final un moment de spectacle bien construit, rythmé, qui bénéficie de deux atouts de taille : des éclairages subtils sans le moindre effet, créateurs d’atmosphère, qui parfois laissent aller l’imaginaire du spectateur, et une musique et des chants qui soulignent discrètement les émotions de l’adolescent et prend le relai des mots. On se souvient alors que Omar Porras a été le metteur en scène de nombreux spectacles musicaux et opéras.

 

Francis Dubois

 

Théâtre 71

3, place du 11 novembre 92 240 Malakoff

www.theatre71.com

 
 Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 55 48 91 00

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