Actualité théâtrale

Au Théâtre de la Tempête, partenaire Réduc’Snes, jusqu’au 27 octobre 2013

"L’École des femmes" de Molière Mise en scène Philippe Adrien

Molière écrit "L’École des femmes" au moment de sa rencontre avec Armande Béjart, de vingt ans sa cadette.

Il est probable qu’il y ait un lien entre l’amour qu’il voue à la jeune actrice et le sujet de sa pièce.

Arnolphe a recueilli une enfant dont il a fait sa pupille. Agnès a été élevée à l’intérieur d’un couvent, isolée du reste du monde afin de devenir, le moment venu, une épouse soumise et fidèle.

Mais, alors qu’il la croit à l’abri de toute tentation, celle-ci fait la connaissance d’Horace, depuis le balcon de la demeure. De leur rencontre va naître un amour foudroyant.

En toute innocence, Agnès fait à Arnolphe qui revient de voyage, le récit de ses rendez-vous avec le jeune homme.

On croit connaître sur le bout des doigts les pièces de Molière mais on n’en a souvent qu’un souvenir scolaire.

Il faut saluer le travail limpide de Philippe Adrien qui donne à cette "École des femmes " une très parfaite lisibilité.

Sa mise en scène est sobre, comme l’est le décor et les seuls débordements d’interprétation (le personnage du notaire) sont là pour créer une rupture de ton bien venue.

Georgette et Alain, les deux serviteurs sont là où on les attend et Patrick Paroux, en Arnolphe a un jeu vif et expressif mais qu’il ne force jamais. Et Valentine Galey, avec son apparence de petit animal écorché, joue la candeur et la détermination avec la même efficacité.

Sa performance est un régal de drôlerie retenue.

La mise en scène est nette, précise, fluide, avec des trouvailles épatantes ( le spectacle commence dans une semi-obscurité par l’enterrement du petit chat), des clins d’œil qui frisent l’espièglerie quand Horace, qu’Arnolphe surnomme Blondin, est joué par un jeune comédien noir.

Sans n’avoir jamais recours à la moindre excentricité, sans toucher à rien, en restant dans le texte, Philippe Adrien donne à la pièce un "coup de jeune" et fait de son " École des femmes" un des plus beaux spectacles de cette rentrée.

A ne pas manquer et à conseiller au jeune public (collège-lycée).

Francis Dubois

Théâtre de la Tempête. Cartoucherie. Route du Champ-de-Manœuvre 75012 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 43 28 36 36

www.la-tempete.fr

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « De Pékin à Lampedusa »
    Ils connaissent les dangers de la traversée du désert et de la Méditerranée et pourtant ils sont des milliers à se lancer, au péril de leur vie, dans ce périple où les attendent des passeurs sans foi ni... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Liberté ! (avec un point d’exclamation) »
    Des pieds chaussés de chaussettes rouges s’échappent d’un coffre d’où sort la voix d’un homme fredonnant la chanson de Moustaki Ma liberté. C’est bien de liberté que va nous parler Gauthier Fourcade et,... Lire la suite (Août 2017)
  • « Contagion »
    Nombreux sont ceux qui ont cru, tout au moins au début, que le développement des réseaux sociaux allait permettre de sortir du formatage des media et contribuer à redonner vie à la démocratie en... Lire la suite (Août 2017)
  • « De si tendres liens »
    Dans une série de tableaux successifs se déploie la relation d’une mère divorcée et de sa fille unique, une relation où les souvenirs de l’une rencontrent ceux de l’autre avec ce qu’il peut y avoir de... Lire la suite (Juillet 2017)
  • « Night in white Satie »
    Un drôle de bonhomme, ce Monsieur Satie, avec son pince-nez un peu de travers, ses costumes de velours (il en acheta sept identiques, tous de couleur moutarde, à la suite d’un héritage), son chapeau... Lire la suite (Juin 2017)