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Un film de Clarisse Hahn (France)

"Kurdish Lover" Sortie en salle le 12 septembre 2012

Clarisse Hahn a rencontré son compagnon kurde à Paris.

Dans le village au pied des montagnes où vit la famille du jeune homme dans des conditions précaires, elle découvre et filme "un pays qui n’existe pas", immobilisé par la guerre, pris en étau entre les traditions ancestrales et un élan de modernité.

Sa caméra saisit sur le vif le déroulement d’un quotidien rude où le trivial prend le pas sur l’amour et sur l’émotion.

Les personnages qui apparaissent dans ce documentaire font partie de ces villageois qui, pour avoir aidé la guérilla, ont subi des représailles et entre autres, celle d’avoir été contraints de se déplacer géographiquement et de reconstruire leurs nouveaux villages détruits au pied des montagnes.

Dans son film, Clarisse Hahn ne revient ni sur l’histoire du Kurdistan, ni sur les événements plus récents, ni sur les épisodes douloureux qu’a vécus cette famille. La présence militaire est gommée et à peine au cours d’une séquence, la cinéaste croise-t-elle, dans les rues du village, une patrouille qui lui demande à quoi vont servir les images qu’elle tourne.

Il y avait certainement meilleur parti à tirer du matériau dont disposait Clarisse Hahn, avec les séquences qu’elle a filmées, avec des personnages à la personnalité bien trempée, avec le poids de la pauvreté qui pèse sur le quotidien, les coutumes, les habitudes, la hiérarchie familiale, le machisme plaqué sur une société matriarcale.

Sans tomber dans l’angélisme, la cinéaste aurait pu éviter de privilégier la trivialité, la grossièreté verbale, la complaisance dans la laideur rendue de certaines images.

Pour quelle raison s’attarde-t-elle sur l’égorgement d’une bête pratiqué de façon cruelle, sur l’irrespect dans les relations entre les personnes, sur des dindonneaux mal formés, sur une poubelle renversée offrant ses détritus répandus, sur l’abattage d’une brebis alors qu’elle était pleine, sur la poche remplie du fœtus de l’agneau dont on ne sait que faire.

Il y a là, de la part de la cinéaste qui partage la vie d’un des membres de cette famille, une volonté d’enlaidir, de charger "le tableau" dont on ne sait pas si c’est une critique, si c’est sa façon objective de voir les choses, alors qu’à aucun moment, elle ne s’implique dans le fonctionnement de la famille, alors qu’en restant hors champ, elle semble vouloir demeurer à l’ extérieur et ne jamais s’impliquer.

Mais alors pourquoi le choix de ce titre quand, à aucun moment, de tout le déroulement du film, il ne transparaît quoi que ce soit, sauf au tout début du film, de l’amour qui l’unit à ce jeune kurde dont le comportement demeure dans une tonalité d’indifférence.

Il aurait sans doute fallu, à travers son récit, inclure l’histoire du peuple kurde pour qu’on puisse admettre que ces villageois se sont installés dans un comportement empreint de "fatalité"

Francis Dubois

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