Actualité théâtrale

Jusqu’au 18 octobre au Lucernaire

« Kiki de Montparnasse »

Elle fut la reine de Montparnasse dans les années 20, posant pour Soutine, Fujita, Modigliani et d’autres. Man Ray immortalisa son dos dans son célèbre Violon d’Ingres. Mais elle fut plus qu’un modèle. Elle faisait le portrait de soldats américains pour quelques sous, elle chantait, dansait, animait le Montparnasse des années folles, passant de La Rotonde à La Coupole, du Jockey Bar au Bar Dingo, elle fut l’amie des peintres pour qui elle posait mais aussi d’Hemingway, de Desnos et des surréalistes. Elle fut surtout une femme libre, jamais grue, mais grande amoureuse, que ses amours entraînèrent jusqu’à New-York et ses défaites jusqu’à la drogue, mais qui revint toujours à Montparnasse.

Théâtre : Kiki de Montparnasse

Jean-Jacques Beineix, que l’on connaît pour ses mises en scène de cinéma ( 37°2 le matin , Diva , etc.) a été fasciné par cette personnalité hors du commun et a eu envie de la mettre en scène. Les musiques de Reinhardt Wagner, avec lequel il avait collaboré sur plusieurs films, ont fait le reste. Dans un décor de bric-à-brac évoquant un atelier de peintre où un écran sert de support à quelques projections vidéo, c’est une Kiki en kimono japonais ou en robe lamée 1930, enfilant des bas noirs, long collier de perles au cou, qu’il met en scène. Les projections vidéo créent un climat, disque qui tourne évoquant le temps passé, éclairages brillants des nuits de Montparnasse, rideau flottant devant une fenêtre ouverte qui renvoie délicatement au suicide de Jeanne Hebuterne désespérée par la mort de Modigliani.

Héloïse Wagner est Kiki. Elle alterne chansons discrètement chorégraphiées et scènes de théâtre, tirées du livre de mémoires de Kiki. Sa voix grave et chaude trace le parcours de Kiki, petite fille élevée par sa grand-mère, qui connut la faim et le froid en arrivant à Paris, fut recueillie par Soutine qui brûlait les lattes de parquet de son appartement pour la réchauffer et aima passionnément Man Ray qui l’abandonna. Accompagnée par Rodrigue Fernandes à l’accordéon et Rémy Oswald à la guitare, qui n’hésitent pas à s’inscrire dans l’histoire, petit calot de marin américain sur la tête, chantant aussi bien qu’elle joue, elle fait vivre cette femme libre, à la vie flamboyante, amoureuse passionnée et déchirante d’émotions.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 21h30, le dimanche à 19h

Théâtre du Lucernaire

53 rue Notre Dame des Champs, 75006 PARIS

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 45 44 57 34

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