LV au collège et au lycée

Journée d’étude SNES-FSU et APLV sur les LVER

Le SNES-FSU a souhaité organiser, avec l’APLV, une journée d’étude sur les langues vivantes étrangères et régionales vendredi 10 mars 2017, afin de réfléchir autour de leur enseignement de manière générale et autour de deux points en particulier :
- le concept de compétences et la perspective actionnelle (question introduite par Jean-Jacques Richer, maître de conférence à l’Université de Bourgogne)
- les pratiques pédagogiques du point de vue d’une chercheuse de l’Education nouvelle, Maria-Alice Médioni.

Regroupant 90 collègues, dont les interventions ont été nombreuses et riches, cette journée a été l’occasion de clarifier des notions et d’ouvrir des pistes de réflexion.

Selon J.J. Richer, la didactique des langues est poreuse et subit l’influence du contexte économico-idéologique. Elle a ainsi repris l’idée de compétence. Mais, pour contrer les influences néo-libérales dont pourrait être porteuse cette notion (cf. l’actuelle focalisation sur les résultats aux dépens des processus mis en œuvre pour les atteindre et les niveaux du CECRL), l’approche de la compétence doit être humaniste, c’est-à-dire au service des individus.
Partant de ce postulat, J.J Richer a tenté de modéliser la perspective actionnelle en expliquant quels étaient les éléments qui s’inscrivaient dans la continuité de la démarche communicative, ceux qui en faisaient un nouveau paradigme méthodologique (cf. l’idée de tâche sociale) et ceux qui ne devaient pas être oubliés, à savoir ceux qui constituent la dimension culturelle.


De son côté, Maria-Alice Medioni, citant notamment les travaux de Cros et Houssaye, a permis aux participant-es de réfléchir au concept même d’innovation (innover, c’est changer pour faire mieux mais c’est aussi quelque chose d’éphémère qui, paradoxalement, part de l’existant). Une fois le concept éclairci, la question qui en découlait était la suivante : le nouveau est-il vraiment subversif ou est-ce une autre façon de faire comme avant ? La transition était alors toute faite vers les questions que se posent actuellement les enseignant-es de LVER : les îlots bonifiés, la balado-diffusion, les classes inversées, etc, sont-elles des véritables innovations pédagogiques ? A travers exemples et analyses, ce qui est apparu comme une évidence, c’est que ce qui serait vraiment innovant ce serait un nouveau contrat didactique basé sur l’égalité et une meilleure formation car la posture de l’enseignant-e est éthique.

Lors de cette journée, le SNES-FSU et l’APLV ont lancé un appel national pour les langues vivantes (cf .PJ) qu’ils proposent aux associations de langues vivantes étrangères et régionales de soutenir.
Les langues vivantes étrangères et régionales ont un besoin urgent d’une politique nationale, construite, ambitieuse et cohérente. Celle-ci suppose une clarification de la place et des objectifs des langues vivantes en milieu scolaire. Une telle politique ne peut être mise en œuvre dans la précipitation et sans un débat national, ouvert et public, que l’APLV et le SNES-FSU appellent de leurs vœux.

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