Archives

jusqu’au 28 octobre

Iphigénie (s) Théâtre de Gennevilliers - partenaire réduc’snes

Christian Esnay est (était*) depuis 2003 metteur en scène associé au Théâtre de Gennevilliers . Le projet « Iphigénie » découle de ses deux précédents spectacles : «  La raison gouverne le monde » (cinq pièces de cinq auteurs différents jouées dans une même journée) et « Massacre à Paris » de Christopher Marlowe (cinq versions de la même mise en scène avec les mêmes acteurs, distribués pour chaque version dans des rôles différents).
Christian Esnay a voulu faire se confronter deux textes peu joués. L’Iphigénie de Racine dont l’histoire s’achève avec la fin de l’unique pièce qu’il lui consacre et qui modifie le récit mythique pour plus de vraisemblance et celle d’Euripide qui s’inscrit dans la grande Saga des Atrides .
Il a réalisé un travail remarquable en montant avec les habitants de Gennevilliers une série de textes allant de Brecht à Molière en passant par Shakespeare, Racine et Beckett présenté au théâtre le 16 septembre 2006. Il a créé également, depuis 2003, toujours à Gennevilliers, le Théâtre en appartement en associant à son travail une cinquantaine d’habitants de la cité.

Iphigénie par 2
Il s’agit de la même histoire traitée par deux auteurs, à deux époques différentes.
Les anciens récits racontent qu’ Iphigénie vint à Aulis sous le prétexte d’un mariage avec Achille , que Clytemnestre célébrait l’hyménée de sa fille alors qu’ Agamemnon était en train de l’égorger.
Euripide modifie sensiblement l’histoire : Clytemnestre conduit sa fille à Aulis. Iphigénie décide d’aller au sacrifice mais au dernier moment Artémis lui substitue une biche et la transporte en Tauride.
Racine modifie le récit dans un double souci de vraisemblance et de bienséance : Ménélas disparaît au profit d’ Ulysse et Achille est épris d ’Iphigénie . Il ajoute à l’histoire une intrigue amoureuse et le personnage d’ Eriphile captive et amoureuse d’ Achille .
La conception du tragique est très différente chez les deux auteurs. L’option Racine peut paraître plus « tragique »simplement parce qu’elle s’interdit l’intrusion du burlesque présent chez Euripide.
Les deux textes sont donnés dans leur intégralité. Le travail a porté entre autre sur le respect du vers racinien auquel il ne manque pas une syllabe. Comme dans les précédents spectacles, les changements de décors et de costumes se feront à vue tout comme le travail des techniciens et comme dans le théâtre antique ou celui de la Renaissance, les acteurs s’adresseront au public. Et pour insister sur le fait que le plateau du théâtre public est bien un espace public, un travail entrepris en amont permettra d’intégrer au spectacle certains spectateurs.

Les deux pièces se donnent en alternance. Iphigénie d’Euripide les 17, 20, 22, 26 et 27 octobre. Iphigénie de Racine, les 18, 19, 24 et 25 octobre.
Intégrales regroupant pour une même représentation, les deux spectacles : les samedis 21 et 28 Octobre. Le jeudi 26 la représentation regroupera « Iphigénie » d’Euripide et « Iphigénie en Tauride »
Le Cinéma Jean Vigo de Gennevilliers programme dans la même période le film « Iphigénie » de Michael Cacoyannis (1976).
Francis Dubois

CDN - Théâtre de Gennevilliers
41 avenue des Grésillons
92 230 Gennevilliers
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 42 32 26 26
www.theatredegennevilliers.com

* Le départ de Bernard Sobel met du même coup un terme à ce travail de proximité pour lequel Christian Esnay montrait une grande aptitude et beaucoup de talent.

Autres articles de la rubrique Archives