Archives 2009

Inforapide n°1 Sept 09 :Le gouvernement décidé à « passer à l’acte » !

Le gouvernement décidé à « passer à l’acte » !

Lors de congrès de l’Acopf le délégué interministériel l’a annoncé clairement : « c’est assez de ces rapports sans lendemain. Les pouvoirs publics sont décidés à passer à l’acte »

L’actualité récente le confirme :

Des mesures dangereuses sur l’orientation adoptées au Sénat
L’assemblée nationale a adopté fin Juillet, selon la procédure d’urgence, le projet de loi sur l’orientation et la formation professionnelle. Celui-ci était destiné, à l’origine, à inscrire dans la loi pour les demandeurs d’emploi et les salariés, un droit à l’information et à l’orientation professionnelle, ainsi qu’à la formation et à la sécurisation des parcours professionnels. Lors du débat, des amendements ont été ajoutés au projet initial : introduction du droit au « conseil et à l’accompagnement », « création d’un service en ligne dématérialisé pour une première information et un premier conseil » en plus du portail internet.
Le texte vient d’être examiné au Sénat. Plusieurs experts, associations et organisations syndicales ont été auditionnées mais la FSU n’a pas été reçue.

Le président de la commission a pris l’initiative de déposer une série d’amendements dont les conséquences seraient extrêmement graves non seulement pour l’orientation mais aussi pour le service public d’Education.

Remettant en cause la spécificité du public en formation initiale par rapport aux adultes, JC Carle propose d’étendre les compétences du Conseil National de la formation professionnelle tout au long de la vie notamment dans le domaine de la définition et de l’évaluation des politiques de formation professionnelle initiale et continue. Il préconise la création d’un service national d’orientation couvrant la scolarité et la vie professionnelle. Ce service aurait en charge la coordination des organismes privés ou associatifs « labellisés » et des services scolaires et universitaires. Autrement dit, des organismes extérieurs à l’EN, auxquels la Délégation à l’information et à l’orientation , décernerait des « labels qualité » pourront intervenir en direction de tout public : collégiens, lycéens, étudiants et adultes ! Le rapporteur ne cache pas, dans l’exposé des motifs, sa préférence pour une « agence » extérieure à l’EN, sorte de « guichet » de l’orientation et de l’insertion comme le demande M Hirsch.

Dans la même logique, il propose un amendement qui porte atteinte à la qualification de psychologue des copsy en permettant le recrutement de tout type de public vaguement formé à la psychologie (voir fiche RIME). C’est ni plus ni moins un passage en force par le biais d’une loi dont l’objet au départ était bien circonscrit ! Des sénateurs UMP, CRC et socialistes ont demandé la suppression de cet amendement. Malheureusement, celui-ci a été tout de même adopté. Une commission mixte est prévu le 6 octobre. Il faut de toute urgence alerter les députés et sénateurs pour qu’ils s’opposent à ces manœuvres visant la casse du service public d’orientation et du statut des personnels.

Les expérimentations Hirsch : Une anticipation de tous les mauvais coups !

Le livre vert de M Hirsch n’est en effet pas un rapport de plus. Il se traduit par une première vague d’expérimentations à partir des 169 projets retenus par le haut commissariat à la jeunesse. Ces projets ont été déposés par de multiples organismes : missions locales, associations (ex les scouts de France), collectivités territoriales, universités, rectorats.

Sans aucune concertation avec les personnels, plusieurs rectorats ont engagé les établissements et les personnels dans des projets qu’ils sont en train de découvrir.

1er exemple : les « responsables des études » à Créteil.

Le recteur de Créteil a imaginé de créer une fonction de « Responsable des études » qui redéfinit les missions des Co-Psy et celles des CPE, voire des principaux de collège ! Ce responsable des études remplacerait à lui seul presque tous les membres des équipes de suivi.

· Il sera le « référent des élèves dans leur parcours scolaire individualisé et dans leur poursuite d’études »

· Il devra « assister le chef d’établissement dans l’organisation et l’animation de la vie de l’établissement »

· Il « coordonnera l’action des professeurs principaux, des enseignants, des personnels de surveillance et d’assistance éducative et pédagogique pour l’information et l’orientation scolaire et professionnelle »

· il « concourra à faire évoluer les critères d’évaluation pris en compte dans les décisions d’orientation » et la définition des grilles de compétence des piliers 6 (compétences sociales et civiques) et 7 (autonomie et initiative, dont la fameuse « compétence à s’orienter ») du socle commun.

Où trouver cet oiseau rare ?

Par le recrutement d’un personnel contractuel ayant échoué au concours de CPE mais « doté d’un bon profil » et bénéficiant de trois jours de formation !

Et les CO-Psy que feraient ils ?

Leur rôle de psychologue serait limité à l’intervention auprès de publics aux « parcours différents » et des décrocheurs, quand le responsable des études le jugerait utile. Leurs interventions dans les établissements ne se feraient plus que sur des « temps choisis », notamment entre les deux semestres, pour organiser une « semaine de l’orientation » pendant les vacances de février. Quant au CIO, il deviendrait un « centre des personnes ressource en orientation », ce qui peut inclure d’autres personnels que les CO-Psy. Il aurait en charge l’information sur les procédures d’orientation et d’affectation, l’animation de débats, les forums, les actions avec les partenaires de la formation, de l’information et de l’insertion en lien avec les entreprises, la définition et l’évaluation des grilles de compétence.

Cette initiative n’est pas une lubie du Recteur de Créteil mais un ballon d’essai pour la redéfinition des missions des personnels et l’élimination de certains corps comme le préconise la RGPP !

2nd exemple : Prévention du décrochage dans l’agglomération Rouennaise.

La mission locale est à l’initiative de ce projet auquel le rectorat de Rouen s’est associé. Les objectifs officiels de ce projet sont : Prévention du décrochage, accompagnement à l’entrée dans la vie active, expérimentation de travail partenarial, développement d’une culture commune aux réseaux pour donner corps au concept de « Service Public de l’Orientation » dans le cadre d’un « système de pilotage harmonisé », formalisation d’outils et mutualisation de bonnes pratiques.

Il s’agit en réalité ici plus d’un accompagnement des décrochés que de prévention du décrochage !! Il n’est en effet pas question de donner des moyens nouveaux aux établissements scolaires pour développer les équipes de suivi, donner du temps aux personnels pour accompagner les élèves en difficulté par du travail en petit groupe, d’offrir de réelles classes passerelles, d’ouvrir de nouvelles classes de terminale pour permettre aux élèves qui ne peuvent redoubler faute de place de repréparer leur examen….
Ce qui est prévu, dans un premier temps c’est la formalisation d’un système de repérage des élèves « décrocheurs », par voie de fiches échangées avec la mission locale, qui ressemble furieusement au logiciel baptisé « Jasmin » de l’académie de Nantes qui « bascule » déjà les données de Sconet vers les missions locales (cette mesure était aussi dans le Livre Vert !) et qui pose de graves problèmes éthiques.

Des « ateliers projets » seront mis en place par la mission locale qui « mobilisera ses partenaires » pour les animer, avec une démarche pédagogique fondée sur l’ADVP, méthode déjà abandonnée depuis 10 ans au Québec et qui a montré son inefficacité… !

Dans ce dispositif, on ne voit plus très bien quelle est la place de la MGI. Nulle part, on ne parle de formation pour les jeunes mais d’accompagnement à l’insertion sociale et professionnelle. Même si beaucoup de choses demeurent très floues, on voit poindre le SPOT, idée géniale de Martin Hirsch, mise en réseau – sans distinction des missions de chacun - de services pourtant différents : les CIO, service public de l’Etat et les missions locales associations loi 1901, dont les financements sont liées à la réalisation d’objectifs.

Comme tous les projets Hirsch, cette expérimentation bénéficie de fonds importants et sera évaluée par un organisme privé.

Etant donné la gravité de la situation, il est d’une extrême importance d’alerter tous les collègues, enseignants, CPE et CO-Psy, ainsi que les parents.

Le Conseil National du SNES a voté le principe d’un rassemblement spécifique de la catégorie dans le courant du premier trimestre.

Pour télécharger l’info rapide n°1 de Septembre 2009 cliquer ci-dessous

info_rapide_n-1_septembre_2009[1]

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