Communiqués de l’intersyndicale

Influences, pressions et votes forcés Communiqué n°18

Hier, mercredi 11 juin, s’est tenue une réunion du comité technique paritaire du CNDP.

A l’ordre du jour figurait un « avis sur le projet d’arrêté fixant le siège du CNDP à Chasseneuil-du-Poitou ». Les personnels se sont étonnés, en recevant leur convocation, d’être invités à revoter sur ce projet. Lors du précédent CTP, le 28 avril, un vote contre ce transfert a été en effet donné à bulletin secret (2 votes pour, 2 abstentions, 10 contre). Ils ont de ce fait adressé au Directeur général une lettre lui demandant pour quelles raisons ce vote était de nouveau demandé. Les membres du personnels ont commencé à siéger à ce CTP du 11 juin, mais sans réponse du Directeur général à leur lettre, fidèles à leur position exprimée lors du précédent CTP, ils ont refusé de participer à ce nouveau vote, et donc de cautionner des débats portant de nouveau sur le siège de leur établissement.

Cela n’a pas été le cas de cinq représentants de l’administration qui ont effectué une spectaculaire volte-face en approuvant ce même transfert. Où sont passés les opposants ? Il faut dire que cette fois le vote était à main levée !…

Certes, ces représentants de l’administration ont assorti leur vote d’un texte dénonçant les pressions dont ils sont l’objet et leurs inquiétudes face à l’avenir du CNDP et des personnels. Quelles sortes de pressions ont-ils subies dans l’intervalle pour devoir se déjuger à ce point ? La possibilité d’abstention leur est en effet reconnue légalement… A quoi sert un CTP si ses membres reçoivent leur consigne de vote du cabinet du ministre ? Quelle est la validité d’une décision prise sans les représentants du personnel et dans une parodie de démocratie ?
Après ce vote « forcé » le CTP a été rapidement levé car aucun débat n’a eu lieu entre les seuls membres de l’administration ni sur la nouvelle organisation du CNDP dans le cadre de la délocalisation ni sur l’organisation de la première tranche de délocalisation (septembre 2003). Ce qui accentue encore le caractère ubuesque de cette réunion.
Les personnels considèrent que ce vote acquis de manière arbitraire ne saurait être un blanc-seing donné à la direction générale du CNDP et à la « camarilla poitevine » pour tenter de transférer à leur guise le CNDP dans les terres de M. Raffarin. Car cette délocalisation apparaît de plus en plus comme l’un des éléments de décentralisation de l’éducation nationale qui mobilise actuellement le monde enseignant et menace le service public.

Le refus du « transfert-voyou » du CNDP à Chasseneuil-du-Poitou devrait d’ailleurs être l’un des thèmes des revendications des organisations syndicales au cours des tables rondes qu’organisent en ce moment MM. Sarkozy et Ferry pour tenter de désamorcer le mouvement social.
Les personnels du CNDP accentueront leur opposition au transfert brutal et arbitraire de leur établissement à Chasseneuil-du-Poitou mené au nom de basses considérations électoralistes locales et leur exigence de la tenue d’une vraie table ronde spécifique pour débattre sérieusement de leur avenir, comme l’a promis Xavier Darcos devant les sénateurs le 25 mars dernier.

Une rencontre-débat à propos du projet de délocalisation du CNDP est organisée par l’association Nodeloc et l’intersyndicale du CNDP. Son thème : en quoi ce projet est-il l’objet de questions qui relèvent de la décentralisation, de l’industrie de la connaissance, des TICE, de la marchandisation du savoir et de l’éducation ? Des universitaires, chercheurs, syndicalistes comme Georges-Louis Baron, Patrick Franju, Philippe Guittet, Christian Laval, Jacques Perriault ont accepté d’apporter leur concours à cette rencontre qui aura lieu le mercredi 18 juin à 15 heures au siège social du CNDP, 29 rue d’Ulm Paris 5e (salle Jules Ferry). Entrée libre.

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