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Un film de Anaïs Barbeau-Lavalette (Canada-France)

« Inch’Allah » Sortie en salles le 3 avril 2013

En Cisjordanie, dans un camp de réfugiés palestiniens, une jeune sage-femme québécoise accompagne les femmes enceintes.

Entre checkpoints et mur de séparation, elle va faire la découverte de la guerre et de ses acteurs, de chaque côté.

Elle fera la connaissance de Rand, une patiente avec laquelle elle va très rapidement se lier d’amitié et d’Ava, jeune militaire, sa voisine de palier en Israël.

A leur contact, dans un contexte où les repères humains sont décalés, elle va petit à petit, remettre les siens en question.

A la lumière des événements et de ces rencontres, Chloé va voir ses certitudes voler en éclats.

Le récit d’ "  Inch’allah " a fait suite aux séjours répétés d’Anaïs Barbeau- Lavalette en Palestine où elle s’est trouvée face à une société prise en étau et privée de cet élément de la vie qui la définit elle, en tant que femme, la liberté.

Les femmes qu’elle a rencontrées au cours de ses voyages, qu’elle a aimées, auxquelles elle s’est attachée, souffraient autant dans leur intimité qu’à l’extérieur, du fait de l’occupation.

Des souffrances qui s’ajoutent à un état de choses qui nécessitait qu’en tant que femme, réalisatrice ou personne humaine, elle se trouve dans la situation d’insister et persiste à tenter de trouver les clés essentielles du sujet.

Le film qu’elle a réalisé constitue donc l’aboutissement de sa rencontre avec la Palestine et la plupart des personnages qui sont dans le récit lui ont été inspirés par des personnes réelles.

Mais même si elle a effectué un vaste plongeon dans un sujet dont l’exploration est sans fin, elle ne peut, au bout du compte, que constater le mystère de la Palestine et du conflit israélo-palestinien.

Le fait d’avoir approché des personnes qui y sont impliquées l’a simplement aidé à donner à cette guerre un "visage humain" et à lui rendre les choses moins opaques 

Mais plutôt qu’un éclaircissement, elle s’en est tenue à faire état d’émotions liées aux rapports amicaux qui ont ponctué ses séjours, de son rapport intime à la région et ses expériences concrètes de voyage.

Le récit du film se déroule du point de vue d’une québécoise plongée dans une réalité qui lui est étrangère, qu’elle approche mais qui garde ses zones d’ombres, sans doute pour la raison essentielle que rien ne rapproche en quoi que ce soit Québec et la Palestine. Mais comment, de la même façon, un personnage extérieur peut-il faire d’une Histoire aux antipodes de la sienne sa propre histoire ?Chloé devient à elle seule un champ de bataille. Elle est confrontée à la guerre et il lui est impossible de rester à l’état d’observateur. Elle doit s’engager et s’exposer ; Elle se met dans la situation de danger où se sont mises ces femmes américaines, anglaises ou même israéliennes qui se sont retrouvées en prison à la suite d’une "déroute " similaire à celle de Chloé .

Entre le camp de réfugiés de la ville de Ramallah où elle travaille et Jérusalem, en Israël où elle habite, Chloé est dans une situation stratégique et le récit parvient de façon presque documentaire à montrer le mur de séparation, les check-point, l’occupation, les camps, le quotidien des gens.

" Inch’Allah  " est à la fois un film de paysages, de gros plans, un regard intime et une fresque. Le regard que porte la cinéaste sur les israéliens et les palestiniens n’est pas politique. C’est un film sur le regard puis l’implication, sur la fragilité des convictions, les limites de nos balises morales.

Francis Dubois

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