Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Cristian Jiménez (Chili-Portugal-France)

"Ilusiones Opticas" Sortie en salles le 17 février

L’image floue qui ouvre le film est ce qu’un homme voit de la ville de Valvidia, au sud du Chili, maintenant qu’après être resté longtemps aveugle, il a partiellement recouvré la vue. Heureux gagnant d’une compétition de ski pour non-voyants, une agence publicitaire voudrait faire de lui la vedette d’un clip. Or, lui qui n’avait, aveugle, aucune appréhension à se lancer sur une piste, connaît maintenant une peur qui l’immobilise au moment crucial.
Le Centre commercial est un havre de douceur où, quelle que soit la température extérieure,
il fait toujours 24°. Juan connaît la chance inespérée d’y être embauché comme vigile. C’est de son poste d’observation qu’il surprend une femme cleptomane en pleine action. Mais celle-ci, une grande bourgeoise, négocie le silence de Juan, l’attire chez elle et fait de lui son amant.
Une entreprise annonce, au cours d’une soirée dansante qu’elle a organisée, qu’elle offre à son personnel, contre ses performances professionnelles, un rabais important sur des opérations de chirurgie esthétique. La sœur de Juan qui n’a aucun succès auprès des hommes, envisage de profiter de l’aubaine et de se faire grossir les seins.
Quant à David, quinquagénaire ayant à son actif trente ans "de maison", il se voit brutalement proposer un stage d’ "out placement", une façon élégante de lui signifier qu’on n’a plus besoin de ses services…
Juan ferme les yeux sur les agissements de sa maîtresse. L’ex- aveugle les ouvre sur un monde qui le lui convient pas. Manuela qui avait rangé au placard tout espoir de séduire un homme, porte un regard nouveau sur David dont le regard sur les femmes échappe aux critères habituels…
Le film de Cristian Jiménez traite des frustrations de chacun et de la portée fluctuante des regards qu’on peut porter sur les visages ou les lieux, même les plus familiers. Il le fait en évitant soigneusement de tendre vers le drame, comme il évite un humour trop marqué ou une mélancolie qui se prêterait bien à la personnalité terne de certains des personnages.

"Ilusiones Opticas" trace ces différents récits avec à la fois limpidité narrative et complexité, chacun des protagonistes finissant par croiser la route des autres selon une démarche qui n’est jamais frontale et qui donne l’impression que les choses qui surviennent, proviennent d’elles-mêmes, sans qu’il y ait eu préméditation.
Le charme du film vient de son rythme ralenti. L’émotion, l’humour, l’impression de fragilité qui en résultent nous guident dans un cheminement narratif des plus singuliers et des plus attachants.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « A Ciambra »
    A quatorze ans, Pio est un garçon qui n’a pas froid aux yeux et il est déjà très au fait des choses de la vie. Prenant modèle sur ses aînés et pressé de grandir, il se comporte en adulte, fume, boit et... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Kiss and cry »
    A quinze ans, Sarah reprend un entraînement intensif de patinage sur glace au Club de Colmar où sa mère a emménagé pensant que sa fille y atteindrait un niveau tel qu’il lui ouvrirait les portes de... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Les hommes d’argile »
    Sulayman est un jeune homme heureux. Il se contente de peu, vit en parfaite harmonie avec la faune et la flore de sa région. Il aime pétrir l’argile et faire naître de ses mains des objets et des... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Gauguin, voyage de Tahiti »
    En 1891, Gauguin décide de quitter sa famille aimée, ses compagnons peintres et de partir pour Tahiti où il imagine, selon une image idéalisée des îles, qu’une vie facile lui permettra de se consacrer... Lire la suite (Septembre 2017)
  • « Home »
    A sa sortie de prison, Kevin dix-sept ans, est recueilli par sa tante et son oncle. Ce placement en famille et un stage en plomberie devraient permettre un nouveau départ à cet adolescent bien... Lire la suite (Septembre 2017)