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Un film de Nanni Moretti (Italie France)

"Habemus Papam" Sortie en salles le 7 septembre 2011

A la mort du pape, le Conclave doit élire son successeur. Les fidèles, massés sur la Place Saint Pierre attendent, recueillis dans la prière, de voir s’élever la fumée blanche qui annonce le nom du cardinal élu.
A la suite de quoi, doit apparaître, au balcon de ses appartements le nouveau pape.
Mais cette fois-ci, l’apparition tant attendue n’a pas lieu.
Le nouveau souverain pontife ne serait-il pas prêt à endosser une trop grande responsabilité ?
Angoisse ? Dépression ? Le monde entier est en proie à l’inquiétude et le Vatican pour calmer les rumeur, fournit de fausses nouvelles.
Car, en réalité, l’élu fait une fugue.
Même si les deux films sont de tonalités très différentes celui de Nanni Moretti et celui d’Alain Cavalier ont des airs de parenté. Une façon légère, espiègle de parler d’un sujet qui garde tout son sérieux. Le pape Piccoli et le Président de la République Cavalier ressentent un même besoin d’évasion. Le Président Cavalier, en donnant une importance démesurée à se choisir une nouvelle cravate ou en se faisant livrer des cartes de grattage de la Française des jeux et le pape Piccoli, en se fondant dans la foule ou en se mêlant à une troupe de théâtre jouant "La Mouette"…
Le pape de Nanni Moretti renvoie au «  Bartleby » d’Herman Melville qui exprime un refus récurrent à dire, à s’engager et donc à croire.
S’agit-il d’une crise de foi ou d’une simple parenthèse de liberté. L’homme qu’on recherche et qui parcourt les rue de Rome, porte un regard candide sur ce qui lui est donné à voir de la rue, du monde, des allées et venues, comme s’il avait été longtemps sevré des plaisirs élémentaire de la vie.
Nanni Moretti joue dans son film un psychanalyste convoqué en catastrophe par le Vatican mais qui n’a aucune solution à apporter au problème.
Les deux parties du film, l’extérieure marquée par le visage serein du pape, sa re visitation de la ville, et l’intérieure où règne, dans les ors et le velours, une agitation stérile, produisent un effet de contraste savoureux mais jamais caricatural.
D’un côté le jeu retenu, discret, presque effacé du grandiose Michel Piccoli et de l’autre le sur jeu presque granguignolesque de Nanni Moretti.
Le réalisateur ne charge jamais le trait de son récit et son film ne cherche jamais à ridiculiser l’église. Il a réalisé une comédie à la fois nuancée et violemment contrastée sur l’âge et les dessous du pouvoir. Sur le fait que les grands de ce monde ont aussi leur part d’ordinaire et de banalité…
Francis Dubois

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