Année 2005

Langues Vivantes

Groupes allégés : oui, mais comment ?

Depuis des années, le SNES est porteur de l’exigence
d’un enseignement des langues vivantes en groupes restreints, sur un horaire
suffisant. Les propositions ministérielles d’allègement sont restrictives
et leurs conditions de mise en oeuvre inquiétantes.

Pour permettre, disait-il à
l’époque, l’enseignement des
langues vivantes en groupes
allégés, le ministre a supprimé les
TPE de Terminale contre l’avis
du CSE. En réalité cette décision a
permis aux recteurs de supprimer
des centaines de postes.

La circulaire de rentrée (BO n° 18
du 5/5/2005) précise : « l’enseignement
de la première langue
vivante étrangère en classe de Terminale
des séries générales des
lycées sera organisé en groupes
allégés pour l’ensemble de l’horaire
dû aux élèves ».
Les ambitions initiales sont revues
à la baisse : il ne s’agit plus que de
LV1 et des séries générales. Il est
inacceptable que la LV2 et les
séries technologiques soient mises
à l’écart. Aucune indication n’est
donnée sur l’effectif maximum
d’un groupe allégé. Par contre, les
collègues qui n’auront plus de
dédoublements (3 heures/prof pour
2 heures/élève) auront davantage
de classes.
Les recteurs annoncent des seuils
allant de 20 (Aix-Marseille,
Rennes, Versailles, Poitiers...) à
23 (Créteil). Pour le SNES, le
seuil à atteindre est de 15 élèves,
ce qui permettrait un réel suivi
de tous les élèves, une aide aux
élèves en difficulté et l’utilisation
régulière des laboratoires de
langues.

Il faut tout particulièrement veiller
à ce que la mise en place des
groupes allégés concerne la totalité
de l’horaire élève et refuser
toute réduction de cet horaire,
déjà amputé d’une heure (réforme
des lycées). Le ministère doit donner
les moyens nécessaires en restituant
au moins l’équivalent
horaire des TPE. Il serait impensable
que les dédoublements
soient assurés par des TZR entre
deux remplacements ou des personnels
non qualifiés, ou en
heures supplémentaires. Ils doivent
l’être toute l’année par des
collègues titulaires.

De plus, la circulaire de rentrée
prévoit qu’au moins un collège et
un lycée par bassin de formation
adoptent l’organisation de l’enseignement
des langues vivantes
en groupes de compétences. Le
SNES a largement expliqué son
refus de cette organisation (voir
texte du congrès) pour des raisons
pédagogiques (éclatement du
groupe classe, problème d’évaluation
et du maintien des épreuves
de baccalauréat, suppression de la
distinction LV1/V2...) et matérielles
(alignement des classes,
temps de concertation...).

Nous avons rappelé notre attachement
au maintien du groupe classe
et à une hétérogénéité qui, maîtrisée,
est bénéfique à tous. La mise
en place d’un enseignement en
groupes allégés ne doit pas être
l’occasion d’imposer des groupes
de niveaux de compétences sur la
base du cadre européen commun
de référence. Elle doit au contraire
permettre d’améliorer les conditions
d’apprentissage et d’enseignement.

Roland Hubert,
Thérèse Jamet-Madec,
Martine Villy

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