Actualité théâtrale

Théâtre Les Déchargeurs, jusqu’au 20 décembre 2014

"François Constantin" Texte Jean et François Constantin. Mise en scène Grégory et Stéphane Baquet.

Il apparaît en tenue de judoka avant de prendre place devant un dispositif de percussions, en silence, comme s’il lui fallait avant de se lancer, savourer le plaisir d’être là.

François Constantin est le fils de Jean, un auteur-compositeur moustachu, imposant, qui, entre la fin des années 50 et le milieu des années soixante, s’accompagnait au piano en bougeant sans cesse comme s’il était à la recherche d’un équilibre.

Théâtre : "François Constantin"

François Constantin rend hommage à son père avec admiration, émotion et une tendresse bourrue.

Il reprend, quelquefois sans les conduire jusqu’à la fin, comme s’il ne voulait pas les déflorer, les grands succès de Jean Constantin et quelques autres chansons moins connues.

"Fleur de papillon " chantée par Annie Cordy, " Ne joue pas ", un succès que se partagèrent Colette Déréal, Dalida et Lucienne Delyle, " Mets deux thunes dans l’bastringue " qu’immortalisa Catherine Sauvage ou " Mon manège à moi ", une des chansons phares du répertoire d’Edith Piaf.

Mais son spectacle est avant tout l’histoire d’un artiste dans une famille d’artistes, la réinvention peut-être bien, de ce qu’est la "tradition saltimbanque".

François Constantin s’il est un chanteur de talent est surtout un musicien, un percussionniste.

S’il restitue la fantaisie de la chanson française des années cinquante en interprétant une douzaine des plus grands succès de son père, il est aussi et surtout, l’interprète brillant de cette " World Music" qu’on appelait à l’époque "Musique typique ", du "rythme cubain" qui fit que Jean Constantin, en musicien précurseur, ne connut pas à l’époque, la notoriété qu’il aurait méritée.

Qu’il resta cantonné dans un genre, avec l’étiquette restrictive de simple fantaisiste.

François Constantin chante son père et le raconte. Anecdotes touchantes comme la rencontre entre le chanteur et un jeune cinéaste encore inconnu qui lui demanda d’écrire une musique pour son premier film. Le metteur en scène débutant, c’était François Truffaut et le film, " les 400 coups ".

L’intérêt de Bruno Coquatrix pour cet artiste qui se produisait aux "Trois baudets" et donnait chaque soir un spectacle différent, à qui il proposa de passer à l’Olympia en première partie de Louis Armstrong.

Derrière la bonne humeur, l’immense énergie, le plaisir évident d’être là, se devine une espèce de nostalgie qui tiendrait pour François Constantin à la peur de voir son génial artiste de père tomber dans l’oubli.

Il faut courir au Théâtre des Déchargeurs applaudir cet artiste rare. Regarder faire, pendant une heure et demie, un percussionniste-chanteur charismatique et passionné, tout entier voué à son art et à son public.

Francis Dubois

Théâtre Les Déchargeurs 3 rue Les Déchargeurs 75 001 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 42 36 00 50

www.lesdechargeurs.fr

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