Enquêtes épreuves du baccalauréat

Evaluation des Capacités Expérimentales 2007 Résultat de l’enquête du SNES

1- Organisation de l’évaluation

Date : plutôt avant la fin des cours, mais c’est souvent le dernier ou avant-dernier cours de l’année... Par contre, plusieurs collègues regrettent que tout le monde ne soit pas à la même enseigne, d’où l’intérêt de dates fixées nationalement.

Echanges  : Très peu d’échanges de professeurs entre établissements (à peine un cinquième). Les professeurs ne l’ont pas obligatoirement demandé, mais, quand ils l’ont fait, la réponse a été négative -de la part de l’administration rectorale ou de l’établissement - pour cause de complexité. Cependant, quelques uns l’ont obtenu, pas obligatoirement les tous petits lycées.

Evaluation de ses élèves : peu y ont été obligés ( 1/8ème) mais ils ne le souhaitaient pas, la plupart ont évalué des élèves qu’ils avaient eu l’an dernier. Pour un tiers des établissements, l’organisation a été difficile pour éviter d’évaluer ses propres élèves. A noter que certains (hors enquête) semblent avoir vraiment évalué leurs propres élèves. Le problème se pose pour les toutes petites sections TS : l’organisation du bac INTERDIT d’évaluer ses propres élèves ; il devrait y avoir un échange obligatoire.

Temps : 17h en moyenne pour la mise en place mais avec de grandes différences (de 40h à 9h). Cette lourdeur non partagée est toujours l’un des gros reproches.

10h en moyenne pour faire passer l’épreuve (de 4 à 15h) et autant pour l’évaluer. Un cinquième seulement a eu une compensation, en HSE ou en libération d’heures. L’absence de rétribution de ces heures pose toujours problème.

Nombre d’élèves évalués : environ 19 par examinateur par groupe 3 à 4 ; il est noté que pour certains sujets, 4 est beaucoup trop, 3 est un maximum.

Coût et approvisionnement : 225€ ont, en moyenne, été consacrés à l’ECE en SVT (de 0€ à 750€), pris plus souvent sur le budget SVT ce qui pose deux problèmes : cela peut peser lourd sur le budget de fonctionnement des SVT, et cela peut conduire aussi les collègues à faire le choix de sujets ne coûtant que très peu chers, réduisant ainsi le choix dans la banque de sujets.

La moitié des établissements a eu des problèmes d’approvisionnement en matériel : essentiellement les gabbros et les tests d’immuno (syphillis), mais aussi le sang ou les colorants sanguins, des plaques de drosophylles. Des retards préjudiciables à la qualité des produits ont aussi été constatés.
Enfin, la plupart des collègues trouvent inadmissible les propositions commerciales, pour deux raisons essentiellement :

- alors que l’on ne fait pas confiance aux professeurs pour garder secrets les sujets (CD Rom diffusé trop tardivement), le sujets sont diffusés à des entreprises commerciales, avec risque amplifié de diffusion. L’existence d’un site « pirate » va dans ce sens ;
- les propositions commerciales sont souvent excessives et tout ce qui y est ne sert pas obligatoirement. De plus, la connaissance, par les commerciaux, des sujets n’a pas empêché des ruptures de stock.

2- Les sujets

Les 2/3 des établissements ont eu des difficultés à trouver des sujets faisables dans les 25 proposés (1/3 également en spécialité). Pourquoi ? De nombreux sujets « classiques » faits par tous ne s’y trouvaient pas (Sordaria, ovaires ou testicules simples, ...). Plusieurs sujets proposés étaient tellement particuliers qu’ils ne pouvaient pas avoir été faits par grand nombre et d’autres « classiques » avaient été inutilement affublés d’une nouveauté. Plusieurs ont condamné l’adjonction d’une analyse numérique d’images alors que depuis la 6ème (et avant), on essaie de former les élèves au dessin d’observation scientifique.

De ce fait, plusieurs collègues ont rapidement fait un ou deux TP (comment faire des frottis par exemple) pour avoir un choix plus large ; mais également, les 4/5èmes ont donné des sujets que les élèves n’avaient pas totalement réalisés. Cela pose la question du sens donné à l’ECE : évalue-t-on les élèves strictement sur des manipulations déjà faites ou sur leur adaptabilité à l’originalité ? Mais dans ce dernier cas, quel sens aurait l’interdiction de moduler les sujets ?

Le développement des sujets « informatiques » est condamné par les 2/3 des collègues qui, d’ailleurs’ ont refusé les sujets avec Mesurim et plus souvent avec Excel. Si l’évaluation du B2i lycée est sous jacent, il ne faut confondre « ECE » et « évaluation du B2i ». Cette importance « informatique » a aussi été une des causes du peu de sujets « faisables ».

Malgré cela, moins d’un quart des collègues ont modifié les sujets , pas toujours avec l’accord des IPR (1/5ème). D’ailleurs, moins d’un collègue sur 7 est d’accord pour pouvoir adapter les sujets localement ; les collègues souhaitent que cette épreuve ait, comme le bac, un caractère national.

La moitié des collègues souhaite que les sujets soient exactement ceux de la banque, même si ¼ seulement trouve que les sujets de cette année feraient de bons sujets pour l’an prochain.

Les sujets ont été choisis avant tout parce qu’ils avaient été faits en TP, pour « coller » au matériel de l’établissement, pour qu’ils ne donnent pas trop de difficultés aux élèves. Un tiers tout de même y ont adjoint la nécessité de réduire les coûts. Le rejet de l’originalité a été aussi une des raisons de choix.

La sélection des sujets de cette année n’a pas été jugé pertinente (75%) car trop renouvelé ; mais cependant les sujets étaient de difficulté plus homogène (ou moins hétérogène pour certains).
Si les collègues jugent que les barèmes de l ’ECE favorisent beaucoup les élèves, ils ne pensent pas que cette année les favorise plus.

3- Les résultats

Consultez le tableur inclus dans la pièce jointe.

Commentaires :

- effet bonus fort pour le bac (plus de 14 de moyenne) ; ce qui fait que les maths « veulent » une ECE... mais encore une inégalité certaine, les moyennes variant de 11 à 15,6.

- répartition très inégale du choix de sujets :
certains ne sont pas ou très peu pris, ils font appel à du matériel peu fréquent (sang de Sardine, Criquet), à du matériel jugé inadapté (Mesurim au lieu du dessin d’observation, sonde à CO2 trop chère), à des manipulations non réalisées (Frottis) ou trop longues (électrophorèse).
d’autres sont fréquemment retenus, ils sont en général dans la banque tel quel mais certains sont modifiés et ont posé problèmes : liaison Anagène-Phyllogène, Gabbro et métagabbro (pbs de microscopes polarisant et d’échantillon), stockage d’amidon (expérience ne fonctionne pas), éthanol et levures (fonctionnement aléatoire des levures).

- nombre de sujets choisis par établissement très variable : de 4 à 11, avec cependant une moyenne de plus de 7 sujets.

4- Remarques et propositions

41- Remarques

Elles sont particulièrement nombreuses cette année.

a- C’est à nouveau la lourdeur de l’évaluation, du moins de sa préparation, qui est pointée, renforcée par la parution tardive des sujets. Evaluation chronophage d’autant qu’il n’y a aucun soutien de la part de l’administration.
Le stress des professeurs devant la difficulté d’évaluer finement surtout certains sujets est aussi mentionné.

b- Les critiques importantes aussi cette année portent sur les sujets.
Beaucoup trop de sujets difficilement faisables (soit pour leur difficulté intrinsèque, EXAO, soit par leur non adéquation au travail de l’année).
Trop de petites erreurs dans les fiches, questions, lourdeurs de certaines fiches techniques où seulement quelques lignes suffisent. Le regret d’avoir travaillé « en aveugle » est bien présent : beaucoup de collègues ont sûrement bien préparé leurs élèves à des sujets ... qui ne sont pas sortis.
Les conséquences sur le matériel, parfois en rupture de stok, ...

c- Reviennent encore assez souvent (moins que les années passées) le problème de l’inégalité des sujets, en difficulté, et donc de l’inéquité pour les élèves. Des remarques encore sur, dans certains sujets, certains barèmes « donneur de points ».

d- Enfin, l’utilité de cette épreuve est toujours mise en doute : beaucoup d’efforts et de lourdeur pour donner de 3 à 4 pts (moyenne supérieure à 14), contestation de l’évaluation locale, du manque de confidentialité non pas de la banque elle-même mais des sujets choisis, regret de devoir « travailler plus » sans être payé de retour.

4.2- Propositions

Les 4/5èmes des collègues considèrent, comme le SNES, que les conditions de préparation et de réalisation de cette ECE ne sont toujours pas bonne, les critiques précédentes l’argumentent.

Mais par ailleurs, pour des raisons diverses, 2/3 des collègues considèrent qu’il faut continuer l’ECE, mais en l’améliorant.

Proposition 1 : afin de préparer les élèves aux épreuves qu’il y aura vraiment à l’ECE et afin de ne pas avoir de mauvaises surprises 1 mois et demi avant l’épreuve, il faut pouvoir disposer de la banque complète de sujets possible (60-70) dès le début d’année scolaire. Ainsi les collègues pourront aussi repérer plus tranquillement les « bugs » et petites imperfections qui pourraient être corrigées définitivement assez tôt (fin du 1er trimestre ?). La crainte de non-confidentialité n’est pas vraiment recevable ; par contre l’uniformisation des manipulations est un risque plus fort.

Proposition 2 : pour améliorer la confidentialité des sujets choisis pour l’épreuve, ne pas donner les sujets aux fournisseurs avant les professeurs (aux entreprises de prévoir).

Proposition 3 : toujours pour améliorer la confidentialité, il serait souhaitable de limiter la période à 15jours : la dernière semaine de cours et la suivante (après l’épreuve de philosophie). Cela aurait aussi l’avantage de ne pas perturber les cours.

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