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Entretien avec Antonin PARPILLAT, AED - US n° 711, 14 septembre 2011

Antonin PARPILLAT, est assistant d’éducation (AED) à Paris, au collège Guy Flavien, Paris 12e

US : Comment s’est passée ta rentrée ?

Antonin : c’est ma quatrième en tant qu’assistant d’éducation et ma deuxième au collège Guy Flavien. Les premiers jours se sont bien déroulés, on a accueilli les élèves progressivement selon leur niveau, ils peuvent ainsi entamer cette nouvelle année en douceur. Cette rentrée 2011 s’annonce difficile, les effectifs des classes ont augmenté, autour d’une trentaine en 6ème, l’aide pédagogique pendant les permanences est difficilement réalisable, d’autant qu’un mi-temps d’assistant d’éducation a été supprimé…L’équipe de vie scolaire fera de son mieux avec un poste en moins. C’est compliqué pour cet établissement du 12ème arrondissement : nous sommes victimes d’une mauvaise réputation en partie due à son implantation géographique, au cœur d’une cité ; et puis le taux de réussite est très faible au brevet des collèges. Il y a donc une fuite importante des élèves vers les établissements privés.

US : Quelles sont tes missions ?

Antonin : nos missions d’AED sont je crois très importantes. On essaie chaque jour de combattre le décrochage scolaire qui touche ces élèves. Jusqu’à présent, nous proposions aux élèves des activités sportives et culturelles, moi c’était le handball. Désormais, il n’y a plus de budget attribué pour ces activités ; dommage car ça me permettait d’être plus proche des élèves dit « difficiles », de leur transmettre des valeurs et de nouer des liens essentiels pour des ados en besoin de repères. J’envisageais de faire une formation d’éducateur spécialisé mais le volume horaire imposé aux AED ne me permet pas de concilier mon travail et mes études. C’est pour ça que la proposition du SNES d’effectuer 28 heures hebdomadaires maximum pour un salaire à taux plein me semble fondamental pour notre avenir professionnel. Par ailleurs, je suis élu au conseil d’administration et au conseil de discipline ; je pense, en tant qu’AED, y apporter un regard différent sur le fonctionnement du collège et sur les élèves. Avec les retraits de moyens, il est parfois difficile d’avoir envie de s’investir. Heureusement, à Guy Flavien, l’équipe de vie scolaire est très soudée et l’équipe de direction nous soutient pleinement dans nos missions.

Propos recueillis par Aude Lemoussu

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