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Enquête sur les programmes Histoire-Géo pour le collège Bilan de l’enquête en ligne menée auprès des syndiqués (mai 2008)

En parallèle de la consultation officielle "organisée" (ou pas !) dans les académies, le groupe Histoire-Géo du SNES a mis en ligne une enquête de 42 questions à destination des syndiqués. Nous remercions les 185 collègues qui ont bien voulu y répondre. En voici le bilan synthétique.

Présentation générale et organisation des programmes

Questions 1 à 6

Globalement, la nouvelle présentation des programmes est plutôt bien accueillie (52% la jugent assez satisfaisante et 34% satisfaisante), même si de nombreux collègues trouvent que l’organisation en trois rubriques est sans intérêt (16%), non pertinente (16%) voire inquiétante (11%).

Et chaque rubrique est diversement appréciée :
- les « démarches » sont jugés intéressantes (72%) ;
- les « capacités » laissent un avis partagé (48% intéressant ou pertinent) ;
- les « connaissances » ne sont pas jugées pertinentes (seulement 39% d’opinion favorable) et devraient être reformulées en « contenus et notions » (68%).

Les programmes d’histoire

Questions 7-12, 13-16 et 24

L’orientation générale des programmes d’histoire recueille 59% d’avis positifs (satisfaisante pour 26% et avec des nouveautés importantes pour 33%) et la démarche par « entrée particulière » est jugée globalement intéressante (57%). Certaines capacités sont bien acceptées : « décrire » (59%) et « connaître et utiliser des repères » (82%). Par contre, la capacité « raconter » largement décriée dans 74% des réponses (dont 54% la qualifiant de « dérive inquiétante ») et la capacité « expliquer » devrait figurer davantage selon 93% des réponses.

Le caractère pléthorique des programmes d’histoire est unanimement dénoncé par 2/3 à 3/4 des réponses selon le niveau : ils sont jugés « difficiles à traiter intégralement » voire « infaisables » en sixième (66%), en cinquième (76%), en quatrième (72%) et en troisième (71%).

Globalement, les programmes d’histoire ne sont pas ressentis comme novateurs ou, en tout cas, pas dans le sens souhaités par les collègues qui pensent que le « socle commun » (48%) et la finalité civique (20%) dominent tandis que la réécriture ne change pas grand-chose (23%). Seule une minorité de collègues perçoivent, à travers ces programmes, une « rupture forte par rapport à ceux existants » (18%), même s’ils les reconnaissent « plus ouverts vers d’autres mondes » (39%) ou traduisant une « histoire plus incarnée, réintégrant davantage le récit » (34%).

Questions 17-23 (quelques thèmes)

- L’étude des monothéismes (en 6e) est globalement acceptée (42% acceptable et 15% satisfaisant), mais la disparition de l’étude de la civilisation arabo-musulmane est très largement dénoncée comme « dommage » (65%) voire « inacceptable (19%).

- De même, 3/4 des collègues regrettent la disparition de l’Egypte ancienne qu’ils jugent « dommage » (49%) voire inacceptable (26%).

- L’avis est plus nuancé pour l’étude de l’Empire byzantin dont la suppression est également perçue comme « dommage » (51%) voire « inacceptable » (8%).

- Parmi les nouveaux thèmes, l’étude de la Chine des Han ou de l’Inde classique en 6e est plutôt bien accueillie (66% d’avis positifs) ainsi que celle de l’Afrique en 5e (70%).

- Par contre, plus de 3/4 des collègues dénoncent le glissement de l’absolutisme en 5e pour alléger le programme de 4e.

Les programmes de géographie

Questions 25-28, 29-33 et 34

L’orientation générale des programmes de géographie recueille 63% d’avis positifs (satisfaisante pour 25% et avec des nouveautés importantes pour 38%). La démarche par études de cas au choix ne convainc que 52% des collègues tandis que 38% la trouvent « inquiétante ». Les avis sont très nuancés voire réservés concernant les « capacités » qui recueillent autant d’avis favorables (50,6%) que défavorables (49,4%). Ainsi, les capacités « décrire » et « situer » sont jugées « trop importantes et limitant la géographie à une étude descriptive » (58%).

Le détail des programmes

- Le programme de géographie de sixième est le mieux accepté avec plus de 55% d’avis favorables.

- Celui de cinquième ne fait pas l’unanimité car il manque de cohérence (19%) et surtout car le fil directeur qu’il annonce – le « développement durable » – apparaît mal suivi dans les différents chapitres (48%).

- Mais c’est le programme de quatrième qui est le plus critiqué avec 86% d’avis négatifs dont la critique d’être « infaisable car faisant appel à des notions trop compliquées » (58%) ou encore « inadapté car trop limité aux aspects économiques de la mondialisation » (25%).

- Le programme de troisième ne convainc pas 2/3 des collègues qui le trouvent trop axé sur les finalités civiques (36%), trop pléthorique (23%), peu intéressant (15%). Mais l’idée alternative d’étudier la France sous forme d’études de cas intégrées aux thèmes des années précédentes ne remporte pas de franche adhésion (42% pour et 36% contre).

Enfin, la quasi-totalité des collègues craignent que ces programmes entraînent un phénomène de redite au lycée (96,6%) mais seule une partie estime cela dommage (52%).

Les programmes d’éducation civique

Questions 35-41

Les nouveaux programmes d’éducation civique n’offrent pas de changement notable selon 2/3 des réponses et seuls 19% les considèrent avec des « nouveautés importantes » ou en « amélioration notable ». Ce sont les « démarches » qui constituent une « évolution positive [en] favorisant davantage l’initiative de l’enseignant » (40%).

Si les liens avec l’histoire-géographie et les possibilités de travail interdisciplinaires devraient être plus développées (27%), ce sont davantage les propositions de mise en activité qui sont perçues comme intéressantes (36%).

Par contre, 83% des collègues saluent le maintien de l’intitulé « éducation civique » plutôt que celui d’« instruction civique et morale » proposé pour l’école primaire. Il n’en reste pas moins que plus du tiers des réponses dénoncent des programmes encore « trop politiquement corrects »…

D’ailleurs, un tiers des collègues pensent que la réflexion critique peut favoriser l’apprentissage des règles (35%) et que cet apprentissage doit faire réfléchir à la tension entre les droits individuels et les intérêts collectifs (47%).

Parmi les différents programmes, ceux de sixième et de quatrième semblent devoir être revus (40% et 35% des réponses).

Les modalités d’organisation de la consultation

Question 42

Seuls 14% des collègues affirment avoir bénéficié d’une demi-journée banalisée pour se réunir en équipe disciplinaire et rédiger une synthèse collective. Ainsi, tous les autres ont dû s’organiser en dehors du temps de service et même 67% des collègues disent qu’ils se sont « débrouillés par eux-mêmes » (pour recueillir les informations, imprimer les programmes, connaître les délais, se réunir, etc.).

Si le Ministère avait voulu saboter lui-même la consultation, il ne s’y serait pas mieux pris !!

Groupe national Histoire-Géographie du SNES, juin 2008.

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