La réforme Robien de 2006

Des critères très contestables

Les critères qui ont présidé au classement en RAR n’avaient visiblement pas vocation à déterminer quels établissements sont confrontés à des difficultés scolaires et sociales importantes.

Lors de la « relance » de 1999, ce sont les recteurs qui avaient la responsabilité de la définition de la carte des ZEP académiques. Les critères employés étaient donc différents d’une académie à l’autre. Le SNES a toujours demandé que le classement ZEP se fasse sur la base de critères nationaux objectifs et transparents.

Mais les critères qui ont présidé au classement en RAR n’avaient visiblement pas vocation à recenser tous les établissements confrontés à des difficultés scolaires et sociales importantes.

Les collèges dits « Ambition réussite » ont en effet été déterminés sur la base de trois critères nationaux :

- 67% au moins de CSP défavorisées ;
- 10% au moins de retard de 2 ans à l’entrée en Sixième ;
- résultats inférieurs à 47% à l’évaluation Sixième ;

Une liste académique de 56 collèges a en outre été définie par les rectorats sur la base de deux autres critères :

- le % de boursiers en 3ème ;
- le % d’élèves non francophones

Le Ministère a ainsi retenu 249 collèges pour la rentrée 2006 (auxquels ont été ajoutés 4 autres à la rentrée 2007). Pourtant, ils ne sont pas les seuls à concentrer difficultés sociales et difficultés scolaires. Un certain nombre d’établissements, qui répondaient pourtant à ces critères très restrictifs et concentrant parfois plus de 80% de CSP défavorisées n’ont pas été sélectionnés, comme le montre le document ci-dessous.
Le taux de retard à l’entrée en 6ème, corresponde souvent à des politiques locales, n’était pas un critère pertinent mais il a permis de restreindre artificiellement la liste. Et comment croire que seuls les établissements très difficiles ont un score de réussite aux évaluations 6ème inférieur à 47% ? Le nombre d’élèves non francophones, enfin, ne présente aucune pertinence, puisque cela dépend de l’implantation des classes d’accueil (CLA), et laisse présager le pire pour le devenir de ces classes.

Analyse IcoTEP

Ces critères n’ont pas été choisis pour distinguer tous les établissements qui concentrent toutes les difficultés : mais pour ne retenir qu’un nombre très limité, et fixé à l’avance, d’établissements.

Autres articles de la rubrique La réforme Robien de 2006

  • La nouvelle carte de l’éducation prioritaire
    Le SNES continue de dénoncer une « relance » qui n’en porte que le nom puisqu’elle consiste à rayer purement et simplement de la carte des Zep des centaines d’établissements. Dans le droit fil de la... Lire la suite (Mai 2008)
  • La nouvelle organisation des réseaux
    La réforme opére une distinction entre les Réseaux Ambition Réussite (RAR) et les Réseaux de Réussite Scolaire (RRS), « fédérés autour d’un même projet ». Un réseau regroupe un collège pivot et l’ensemble... Lire la suite (Mai 2008)
  • Les nouveaux personnels de l’éducation prioritaire
    La mise en place des RAR à la rentrée 2006 s’est accompagnée de la création de nouveaux types de personnels recrutés localement, sur profil. Qu’il s’agisse d’enseignants ou d’assistants pédagogiques, ils... Lire la suite (Mai 2008)
  • Le lieu de toutes les dérives
    l’enjeu principal de la réforme de 2006 n’est pas de répondre aux besoins des élèves scolarisés dans les établissements Zep, mais d’expérimenter de nouveaux modes de gestion des personnels et de faire... Lire la suite (Mai 2008)
  • Rapport de l’IGEN - oct. 2006
    Rapport Zep IGEN 2006"La contribution de l’éducation prioritaire à l’égalité des chances des élèves", IGEN & IGAEN « Les autres établissements ou zones (EP2) dès lors, seraient gérés académiquement... Lire la suite (Octobre 2008)