Archives 2007

Déclarations Villepin : communiqué de presse

SNES-FSU
Communiqué de presse

Orientation : Que va-t-on conseiller aux jeunes et qui va le faire ?

Le Premier ministre, lors de sa conférence de presse mensuelle, a présenté l’orientation comme la première condition du succès des élèves. Mais manifestement plus que l’élévation du niveau d’aspiration, de formation et de qualification de tous les jeunes, ce qui semble surtout préoccuper le gouvernement c’est que chaque jeune soit bien « à sa place », dans la « bonne » filière et au plus tôt. C’est une conception de l’orientation qui ne fait pas le pari du développement des possibilités des élèves mais s’inscrit dans une logique comptable et reproductrice des inégalités sociales.
Elle paraît oublier qu’un projet d’orientation au collège puis au lycée ne se construit pas comme un plan de carrière !

En plaidant pour une orientation précoce, le Premier Ministre semble ignorer que les projets des adolescents ne sont pas linéaires mais fluctuants, que leurs intérêts, ne sont pas stabilisés avant la fin du lycée. Il développe une vision des choix d’orientation largement basée sur la connaissance des débouchés professionnels.

Mais, outre que la prospective dans ce domaine a ses limites, il ne suffit pas de dire aux jeunes ce qu’on aimerait qu’ils fassent pour qu’ils désirent le faire. De plus, on sait très bien que tous ne sont pas égaux devant l’avenir et que cela impose une rigueur professionnelle et des principes déontologiques clairs.
Enfin, le Premier ministre préconise des entretiens d’orientation obligatoires en 3ème, 1ère et terminale. Nous ne pouvons qu’être d’accord avec l’idée d’une orientation continue nécessitant un accompagnement personnalisé au collège et au lycée. Mais alors, pourquoi asphyxier le service public d’orientation en ne prévoyant de remplacer qu’un conseiller d’orientation-psychologue sur 4 dès l’an prochain ?

Qui va être en mesure d’assurer ces entretiens, de donner des conseils de qualité prenant en compte à la fois les aspirations des élèves, leurs possibilités de développement, les exigences des voies de formation et l’évolution des métiers et de l’insertion ?

Les conseillers d’orientation-psychologues seraient-ils trop formés, trop soucieux de maintenir ouvert l’avenir de chaque élève, trop préoccupés par l’importance de la formation initiale comme condition d’une réelle formation continue ?

Le Snes sera très attentif à empêcher une évolution qui assujettirait trop étroitement l’orientation aux possibilités d’insertion à court terme et à promouvoir, au contraire, une orientation personnalisée, progressive incluant un droit à l’erreur, et débouchant sur des formations, des diplômes et des qualifications reconnues.

A Paris, le 27 octobre 2006

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