Programmes au collège (2009-2012)

Stage national Histoire-Géographie du SNES ("Rendez-vous de l’Histoire", Blois, oct. 2007)

Débats sur les nouveaux programmes du collège

Ce bilan se veut synthétique et principalement consacré au débat sur les nouveaux programmes du collège. Il reprend les principaux arguments échangés lors du stage.

Le cadrage horaire : assouplissement ou flexibilité ?

Là où certains perçoivent l’indication d’un volume horaire sous forme de pourcentage du temps comme offrant une plus grande marge de manœuvre pour les enseignants, d’autres – plus nombreux ? – y voient un premier pas vers l’annualisation et la réduction des horaires disciplinaires. A l’inverse, un collègue note une certaine contradiction entre le refus d’un cadrage national trop fort et la crainte d’une plus grande autonomie donnée aux établissements ou aux académies.

Le débat est ouvert et il faudra dégager une position (acceptation, méfiance, refus… ?) et surtout une contre-proposition (statu quo, retour à la situation antérieure à 1995 sans indication horaire ?).

La grille des programmes : vers l’évaluation des « compétences »

Une grille visant à distinguer les colonnes « contenus et notions », « démarches » et « capacités » semble taillée sur mesure pour l’articuler aux évaluations imposées dans le cadre du livret de « compétences »… Quant à la première colonne, supposée lisible par les parents et les élèves, on craint qu’elle se réduise à une liste de mots et de notions !

L’enseignement des arts

Là encore, le débat reste ouvert.

- Cet enseignement existe déjà dans notre discipline car bon nombre de « sources historiques » ont une dimension « artistiques » ! On note quand même le problème de la formation continue des enseignants sur ces thématiques et celui des conditions matérielles de leur mise en œuvre dans toutes les classes (vidéo projection par exemple).

- C’est aussi le domaine des collègues d’arts plastiques dont une partie des postes sont pourtant supprimés ! D’ailleurs, au lycée, l’histoire « des arts » est pluridisciplinaire et elle nécessite une mise en cohérence avec les programmes d’arts plastiques et d’éducation musicale.

- Remarquons qu’il ne doit s’agir en aucun cas d’histoire de l’art (érudite et statique) comme l’enseigne l’Ecole du Louvre ! Au contraire, c’est la pluralité des regards (historiens, littéraires, plasticiens…) et des approches (dynamiques) qui compte.

Les études de cas et les "entrées au choix"

Outre le problème de la terminologie, c’est la démarche qui fait débat.

- En géo., il s’agit de partir d’un cas particulier (étude de cas) qui regroupe un certain nombre de notions qui seront ensuite revues dans le cadre du cours (généralisation).

- Certaines études de cas en histoire évoquées font davantage penser à des études thématiques. Par exemple, l’étude d’extraits tirés d’une BD et des Sentiers de la gloire avant le cours sur la Première Guerre mondiale.

Alors, problème de définition ou démarche différente en histoire et en géo. ? L’essentiel est d’offrir aux élèves une entrée concrète qui relève de la démarche historique, c’est-à-dire de l’enquête à partir d’un questionnement et de sources disparates comme fondements de la réflexion critique. Pourquoi vouloir à tout prix que toutes les notions soient absolument abordées dès cette étude liminaire avant de procéder à la généralisation à travers le cours ?

- Quoi qu’il en soit, l’étude de cas en histoire ne pourrait se concevoir comme l’étude d’un événement ou d’une figure donnés comme exemplaires (Guy Môquet !) en fonction d’une demande politique… L’important est de laisser le choix de sa démarche pédagogique à l’enseignant à partir d’un cadre souple (étudier une ville, une œuvre d’art…) voire de ne pas l’obliger à recourir aux études de cas. Il ne s’agit pas de prôner une généralisation obligatoire de ce type démarche, mais d’introduire sa possibilité comme alternative pédagogique à une partie du cours.

Les finalités et les contenus des programmes

- On rappelle que les finalités de l’Histoire-Géo sont aussi culturelles et pas seulement civiques ! Un collègue remarque qu’il s’agit aussi de donner goût à l’histoire, à la géo. et à la réflexion critique. En fait, c’est l’humain qui intéresse les élèves. Ainsi, il suggère de plutôt étudier, en classe de 4e, le passage des sociétés inégalitaires à une société de droit, plutôt que d’aborder la transition XVIIIe-XIXe siècles sous les seuls angles politiques et économiques…

- On dénonce la « lourdeur des programmes » et le problème de leur cohérence avec le cadrage horaire. Par exemple, consacrer 10% du temps au Haut Moyen Age ne permet pas d’étude sociale…

- Le collège n’est pas un « petit lycée » ! Or le projet de programme en géo. pour les classes de 4e (la mondialisation et les puissances) et 3e (la France) offre un décalque de ceux qui sont déjà difficiles et peu motivants pour les élèves de lycée ! Une telle influence des programmes du lycée sur ceux du collège dénote d’un manque d’innovation voire tout simplement d’imagination… Il ne peut que pousser les éditeurs à réutiliser les mêmes documents dans les manuels de collège et lycée.

- Dans le cas du programme de géo. en 5e, il reprend l’esprit du programme actuel en seconde et offre des études thématiques (peuplement, ressources, inégalités…). C’est mieux adapté et cela nous évite la série d’études par continent. Quant au programme de 6e, il rappelle celui de l’école primaire… D’où la question posée par une collègue : « quand fera-t-on de la vraie géographie » à l’école, de la géographie de « l’espace vécu » par exemple ?

- Curieusement, le projet d’une étude des trois monothéismes en 6e n’a pas suscité une forte polémique… Faute de temps ? Une collègue dénonce cependant le risque d’une « approche des religions par la révélation » sans les replacer dans leurs contextes respectifs. Selon elle, il vaudrait mieux insister sur les points communs à toutes les religions sans couper et hiérarchiser, comme actuellement, les polythéismes et les monothéismes.

Organiser la mobilisation !

Le SNES va réitérer sa demande pour qu’une véritable consultation soit organisée au printemps, sous la forme d’une demi-journée banalisée dans les collèges (sans IPR !) afin de favoriser des débats fructueux et des retours massifs. A chacun de commencer à sensibiliser les collègues dès maintenant et à les mobiliser dès que les programmes seront rendus officiels (fin janvier 2008 ?).

Nous remercions les participants à ce stage en rappelant les prochains « rendez-vous » du groupe Histoire-Géographie du SNES. Ils permettront de poursuivre les échanges initiés à Blois.

CALENDRIER : 14-15 mars 2008

Colloque sur l’enseignement des « questions sensibles »

organisé à Paris, par le SNES et le CVUH (Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire ; http://cvuh.free.fr).

Modalités pratiques :
- Les frais de déplacement (billets de train à tarif réduit), d’hébergement (à hauteur de 50€, sur justificatif) et les deux déjeuners seront pris en charge par le SNES pour les stagiaires syndiqués inscrits. Une participation aux frais (à confirmer) sera sans doute demandée à tous les participants.
- La participation à ce colloque donnera lieu à une autorisation d’absence (à préciser).
- Pré-inscription dès décembre 2007 auprès du SNES :
contenus.secretariat@snes.edu.

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