Stages nationaux

Stage syndical de Blois (9-11 octobre 2008)

Débats sur la place de l’Histoire-Géo au lycée Compte-rendu d’une partie des débats

Compte rendu du débat qui a eu lieu le samedi matin avec la quarantaine de participants au stage syndical national qui s’est tenu à Blois dans le cadre des "Rendez-vous de l’Histoire". Le débat a été intense, à la mesure des enjeux de l’avenir de notre discipline au lycée.

L’Europe dans les manuels scolaires

Présentation d’une étude en cours menés par deux collègues du SNES pour ATTAC, Marc Brunet et Michel Christian sur le traitement de la construction européenne dans les manuels scolaires 1ère et Terminale des séries L et ES, en histoire (Tale) et géographie (1ère). Les manuels étudiés : Hachette, Nathan, Hatier et Bréal.
- Un compte rendu de cette présentation sera prochainement disponible sur le site du SNES.

Débat sur l’enseignement de l’histoire et de la géographie au lycée

Dans le contexte du projet de la réforme des lycées, des annonces successives et contradictoires sur la place de notre discipline dans le lycée de demain, comment penser l’avenir de cet enseignement ? Quelles propositions syndicales peut-on faire, sans naïveté certes mais sans rejeter toute idée d’évolution pour notre discipline ?
Parmi les sujets abordés par les participants lors du débat, on peut retenir trois grandes thématiques :

1) Quel devenir professionnel pour les enseignants d’histoire géo ?

Un débat contradictoire sur les finalités purement « culture générale » auxquelles serait réduite notre discipline. Certains collègues ont évoqué le risque de devenir des profs « à l’américaine », de simples animateurs ou formateurs sur des contenus mal définis. D’autres assument qu’on participe à la construction d’une culture commune qui englobe bien des aspects de « culture générale » pour comprendre le monde contemporain.
La finalité proprement civique de l’histoire géo (« former le citoyen ») suffit elle encore à assurer sa pérennité et son identité actuelle dans un lycée à horaires réduits… ? Peut-on se satisfaire de cette seule finalité ?

2) L’architecture modulaire… Qu’en dire ?

Beaucoup d’inquiétudes mais aussi d’avis différents sur le sujet.
Il faut distinguer la question des contenus de celle des horaires, de l’organisation semestrielle ou annuelle.
- Sur les horaires, il a été souligné que le SNES ne devait pas céder sur le volume horaire global des élèves car on ne conçoit pas un lycée plus ambitieux avec des horaires réduits. Par ailleurs, l’enseignement modulaire ne doit pas être déconnecté de la réflexion et de l’organisation sur la progression annuelle.
- Sur les contenus, on distingue les modules de type interdisciplinaire (plusieurs enseignants intervenant sur un sujet commun) qui sont mieux perçus que des modules de type transdisciplinaires qui verraient l’intervention plus ou moins aléatoire d’enseignants non spécialistes.
- Des collègues relèvent des opportunités à saisir quant à une nouvelle organisation éventuelle des enseignements : pourquoi ne pas envisager des « modules » d’approfondissement qui permettraient de renouveler profondément nos approches et de sortir du carcan chronologique habituel : études thématiques sur le temps longs, entrées notionnelles, histoires comparées ? Ce que fait la recherche en histoire et que le secondaire ignore pour l’instant. Cela n’empêcherait pas de concevoir un tronc commun plus classique. Pour certains, on peut repenser les contenus enseignés dans un changement plus radical.
Des pistes de réflexion, d’interrogation ont été lancées par les participants sur l’uniformisation des savoirs. Faut-il que tous les élèves fassent la même chose ou non en histoire géo au lycée ? (Ce qui relève de la réflexion globale du SNES sur la culture commune)
- Certains relèvent les leçons à tirer du supérieur : l’enseignement modulaire existe à l’université et ne fonctionne pas, voire serait à l’origine de l’échec de bien des étudiants. Notamment la disparition du groupe classe et la parcellisation des savoirs ont été plusieurs fois dénoncées comme un risque d’échec supplémentaire pour les lycéens.
- Le débat et les avis divergent sur la pertinence et la cohérence d’un enseignement conçu ou pas sur un semestre.

3) Quel discours et quelle action syndicale ?

- Le constat a été plusieurs fois fait sur les insuffisances du lycée actuel en terme de démocratisation des différentes filières notamment. Le taux d’échec en classe de seconde reste fort et les choix d’orientation reste très marqués par des déterminants sociaux. Les collègues se plaignent de façon récurrente à la fois des classes trop chargés mais aussi des programmes pléthoriques, qui obligent au « gavage » en histoire géo.
- Une collègue remarque que nous amenons peu nos élèves à réfléchir sur des documents, le questionnement existe mais reste très fermé et reste très marginal par rapport au récit construit par l’enseignant. On perçoit un souci d’un renouvellement disciplinaire qui reste à élaborer en dehors de toute prescription institutionnelle.
- A propos de la réforme : on navigue à vue, entre deux écueils : apparaître naïfs et accepter de fait les diminutions horaires, ou bien sembler satisfaits de l’existant et refuser toute évolution du système éducatif.
- les collègues se sont montrés soucieux de ne pas jouer la carte de la défense du pré carré disciplinaire. Ils sont en attente d’une vision globale, commune entre disciplines. Cette attente se manifeste clairement vis-à-vis du syndicat.
- Beaucoup relève la nécessité d’un réel débat, d’une réflexion de fond sur ce sujet au sein de la profession, ce que ne permet pas l’imposition du calendrier de la réforme. Il faut du temps et pouvoir sortir d’une position purement défensive.
- Des questions ont porté sur les contre-propositions concrètes faites par le SNES, sur les mandats de congrès concernant l’organisation du lycée. Les collègues présents sont en demande de stages de réflexion et d’élaboration de ces propositions concrètes.

A ce titre, nous prévoyons d’organiser une journée de réflexion et de débat avec les enseignants de lycée sur l’enseignement de l’histoire géographie et les évolutions souhaitables. Nous attendons notre rencontre avec l’IG pour fixer la date de cette réunion, qui pourrait se tenir en janvier.

Groupe national Histoire-Géographie du SNES-FSU - octobre 2008

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