Courriers et audiences au ministère

Courrier SNES au ministre F. Fillon en 2005

Paris, le 8 mars 2005

Gisèle JEAN
Co-Secrétaire Générale
Danielle COURTOUX,
Jean-Pierre HENNUYER,
Patrick LAINE
Co-responsables du groupe documentation

Monsieur François FILLON
Ministre de la Jeunesse, de l’Education Nationale et de la Recherche
110, rue de Grenelle
75007 PARIS

Objet : situation des professeurs documentalistes et des Centres de Documentation et d’Information (CDI)

Monsieur le Ministre,

Nous souhaitons attirer votre attention sur les points suivants :

L’insuffisance des recrutements

Les postes proposés aux différents Capes 2005 s’élèvent à 463 : 285 à l’externe, 80 à l’interne, 18 au réservé et 80 au 3ème voie (depuis sa mise en place ce dernier concours n’a jamais attribué la totalité des postes).

Mais un document de la DEP de décembre 2002 évaluait les départs en retraite dans la discipline documentation à 484 pour la rentrée 2006, 530 pour 2007, 506 pour 2008.

On ne compensera donc pas les départs en retraite. Cette insuffisance des recrutements se traduit actuellement :
-  par de nombreux postes vacants dans certaines académies et la situation ne fait que s’aggraver
-  par une importante précarité de l’emploi dans les CDI,
-  par l’imposition faite à des collègues de disciplines précaires ou titulaires d’une reconversion en documentation sans aucune formation initiale ou continue,
-  par l’affectation de collègues en difficulté en responsabilité pédagogique dans des CDI.

Notre syndicat ne peut admettre ces dérives qui sont très mal ressenties par nos collègues, qui aboutissent à une remise en cause de la formation due aux élèves et de la qualification des professeurs documentalistes.

Nous estimons que l’insuffisance des recrutements et du taux d’encadrement en professeurs documentalistes les met dans l’incapacité d’exercer leurs missions pédagogiques de formation des élèves dans l’immense majorité des Centres de Documentation et d’Information.

La loi d’orientation :

Nous constatons que les professeurs documentalistes ont été ignorés dans le rapport Thélot, et qu’ils sont évoqués dans vos propositions pour une nouvelle loi d’orientation uniquement pour figurer dans le conseil pédagogique, structure dont notre syndicat conteste la création.

Nos collègues n’ont pas compris que les propositions pour la loi d’orientation évoquent « L’apprentissage des usages de l’ordinateur et des environnements numériques qui doit conduire chaque jeune, pendant sa scolarité obligatoire, à utiliser de manière autonome et raisonnée les TIC pour se documenter, pour produire et rechercher des informations, pour communiquer... Au lycée, l’élève doit être capable de traiter l’information, de gérer des connaissances et de communiquer. . » sans faire référence à l’importance pédagogique des CDI comme lieux de formation, ni au capital d’expériences et de collaborations entre les professeurs documentalistes et leurs collègues de disciplines dans ces domaines.

Nous pensons qu’une véritable formation à l’information documentation est indispensable dans notre système éducatif, qu’elle fait partie de la culture commune que doivent s’approprier les élèves, et qu’elle ne se réduit pas à une utilisation des TIC.

Nous demandons d’ailleurs depuis des années la création d’un groupe de travail et de réflexion sur ces questions.

Les problèmes statutaires :

Nous tenons à vous rappeler qu’ils perdurent depuis la création du Capes de documentation en 1989.

Les professeurs documentalistes n’ont pas d’agrégation, pas d’inspection spécifique,

La définition de leurs services est totalement obsolète et ne prend pas en compte leurs activités pédagogiques,

Ils ne bénéficient pas de l’ISOE mais seulement d’une indemnité de sujétions particulières créée en 1989,
Malgré leur statut de professeur certifié depuis 1990, ils sont toujours gérés par le décret 80-28 du 10.1.1980 et ne peuvent toucher d’heures supplémentaires (DGF, note 93-0784 du 25.6.1993). Ils ne peuvent donc se faire rémunérer un certain nombre de travaux supplémentaires effectués en dehors de leurs services et les dernières circulaires sur ce sujet qui datent de 1993 sont insuffisantes pour régler toutes les situations discriminatoires dans ce domaine
Il est donc urgent que notre ministère entende enfin ces revendications de simple équité et qu’il trouve une solution réglementaire pour permettre aux organismes payeurs de rémunérer les heures supplémentaires des professeurs documentalistes au taux de celles des autres certifiés.

L’Inspection Générale Etablissement et Vie Scolaire a publié en juin dernier un rapport intitulé « les politiques documentaires des établissements ». Nous souhaitons savoir si le ministère envisage de donner une suite à certaines propositions de ce rapport et notamment à la préconisation d’une nouvelle circulaire de missions pour les professeurs documentalistes.

Nous souhaitons, monsieur le ministre, que vous nous accordiez une audience sur la situation des professeurs documentalistes, des CDI et pour aborder toutes ces questions.

Nous vous prions d’agréer, monsieur le ministre, l’assurance de nos sentiments respectueux.

G.JEAN D. COURTOUX J-P. HENNUYER P LAINE

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