US Magazine 721 du 2 juin 2012

Contrôle continu au bac : Halte à la démagogie !

Le ministre Peillon a expliqué à des journalistes
lundi 18 juin qu’il n’était « pas hostile
 » à une part de contrôle continu au bac,
et a annoncé dans la foulée que les modalités du
bac feraient partie des discussions de l’été.
Dans le même temps, le SNUEP-FSU(1) rendait
public les conclusions d’une enquête
sur la généralisation du CCF(2) pour l’obtention
du baccalauréat professionnel. Les enseignants,
qui mènent eux-mêmes les épreuves
de bac de leurs propres élèves, dénoncent
d’une part une moindre reconnaissance de ce
diplôme délivré en pratique au sein de l’établissement,
et d’autre part la perte d’un grand
nombre d’heures de cours. Le calendrier des
remises de notes conduit en effet à consacrer
le mois de mai aux épreuves, ce qui s’accompagne
d’un fort absentéisme des élèves
de Terminale en juin. Une intersyndicale
(comprenant le SNUEP et le SNEP-FSU(3)) a
demandé au ministre le 19 juin « l’abandon
de la généralisation du CCF ».

Vers une rupture d’égalité

Contrôle continu, épreuve ponctuelle, contrôle
en cours de formation, « épreuve dans le
cadre habituel de la classe »(4), la terminologie
fleurit à l’Éducation nationale pour qualifier
ce qui n’est rien d’autre qu’un contrôle
local, dont la géométrie peut varier suivant
que l’enseignant conçoit ou non les sujets et
évalue ou non ses propres élèves. L’avantage
défendu par certains est une organisation
moins complexe et moins coûteuse : rien
n’est moins sûr. Mais le prix est lourd pour les
élèves en termes d’égalité et d’équité et pour
les enseignants en double posture de formateurs
et de certificateurs !

Pour un diplôme ayant même valeur
sur tout le territoire

Nous avons du recul sur un diplôme reposant
pour 60 % sur le contrôle continu : le Diplôme
national du brevet. Les études comparant les
collèges pointent les disparités entre les résultats
du contrôle continu et ceux obtenus à
l’examen en français, mathématiques ou histoire-
géographie. Les enseignants témoignent
aussi qu’ils subissent des pressions pour
« relever » des moyennes jugées défavorables
aux résultats de l’établissement.

Un bac passé en grande partie en contrôle
continu, c’est le risque de voir apparaître à
court terme des examens d’entrée dans les
universités.

Le SNES participera à toute discussion sur le
baccalauréat, sans tabou, mais aussi sans
démagogie. Le contrôle local, quelle qu’en
soit la forme, n’est pas une solution. Des
épreuves nationales, terminales, avec des examinateurs extérieurs à l’établissement
sont les garanties d’un diplôme ayant même
valeur pour tous et sur tout le territoire.

Valérie Sipahimalani]

1. SNUEP-FSU : Syndicat national unitaire de l’enseignement
professionnel, de la Fédération syndicale unitaire
2. CCF : Contrôle en cours de formation
3. SNEP-FSU : Syndicat national de l’éducation physique,
de la Fédération syndicale unitaire
4. Nouvelle épreuve orale de langues vivantes en séries
ES et S.

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