Comptes-rendus des rencontres et audiences

Compte rendu de la rencontre du 19/09/07 entre le SNES et le Doyen de l’Inspection Générale de philosophie

Le groupe philosophie du Snes a été reçu par le nouveau doyen de l’inspection générale Jean - Louis Poirier le 19 septembre 2007, les points suivants ont été abordés : le devenir de la série littéraire, les horaires, le baccalauréat,les épreuves proposées, l’introduction d’un enseignement de philosophie en première L, la place de la philosophie, la formation continue, les inspections, les TZR,les concours.

Compte-rendu de la rencontre avec M. Poirier, Doyen de l’Inspection Générale de Philosophie – Mercredi 19/09/07

Roland Hubert - Elisabeth Cassou-Barbier – Patrick Giordano

Le groupe philosophie du SNES (Elisabeth Cassou-Barbier – Patrick Giordano), accompagné de Roland Hubert (co-secrétaire général), a été reçu pendant deux heures, le mercredi 19 septembre 2007, par M. Poirier, doyen de l’inspection générale de philosophie, qui a tenu à nous accueillir en nous assurant avant toute chose de son désir de travailler en étroite collaboration avec les organisations syndicales représentatives.

Nous souhaitions l’interroger ou l’interpeller sur les dix points suivants :

1. La restructuration de la voie générale : qu’est-il advenu du rapport de l’IGEN sur la série L ? Et existe-til une doctrine de l’IG de philosophie à ce propos ?

Pour le Doyen, la restructuration de la voie générale s’impose pour au moins deux raisons :
a) l’effondrement de la série L
b) les relations entre la voie générale et la voie technologique.

Le SNES demande un débat démocratique sur ce sujet.

2. Les horaires : nous demandons le dédoublement systématique pour les séries STG/STI/STL et nous réclamons le retour de la 3ème heure perdue en SMS ainsi que le respect scrupuleux de l’horaire de 4h/prof en terminale S.

Le Doyen se dit parfaitement conscient du problème de la fermeture des terminales L qui alourdit le service des collègues par l’augmentation du nombre de classes prises en charge. Concernant l’horaire en S, il rappelle que l’horaire officiel est de 2h+(1h), soit 4h/prof et que le dédoublement est de droit.

Le SNES aimerait que les collègues puissent s’appuyer sur les IPR en cas de difficulté avec leur chef d’établissement. Le Doyen verra la DEGESCO et sensibilisera les IPR à la question.

Quant aux séries technologiques, le Doyen souhaiterait un dédoublement systématique des 2h/semaine et regrette la 3ème heure perdue en SMS.

3. Le Bac : nous rappelons notre attachement à un examen national et réclamons une fois encore le respect de délais de correction suffisants et identiques dans toutes les académies.

Le Doyen constate que l’organisation du Bac est académique, ce qui explique, selon lui, les inévitables variations et disparités d’un endroit à l’autre. Il considère par ailleurs qu’une charge de correction de 10 copies par jour ou 120 copies au total est un maximum .

4. Les épreuves : nous réclamons la création d’un groupe de réflexion sur les épreuves de philosophie au baccalauréat, et notamment en séries technologiques au vu des difficultés rencontrées (voir à ce propos le problème de l’énoncé du sujet 3).

Pour le Doyen, il faut remédier au défaut de lisibilité et d’explicitation des épreuves dans toutes les séries. Il ne s’agit pas de remettre en question le principe de la dissertation ou de l’explication de texte, mais de faire apparaître de manière plus explicite, pour la dissertation par exemple, quelles notions du programme pourraient être réinvesties. Il ne s’agit pas non plus de réactiver le débat entre philosophie générale et histoire de la philosophie qui avait divisé les collègues il y a quelques années.

Quant à la place de la philosophie dans les séries technologiques, M. Poirier préconise une plus grande intégration des collègues aux équipes pédagogiques de ces séries (rappelons qu’il pilota par ailleurs avec le Recteur Bloch le projet d’introduction de la philosophie dans les lycées professionnels, projet qui pour l’heure semble devoir rester expérimental).

5. L’introduction de la philosophie en 1ère L : nous réaffirmons notre conviction de la nécessité d’introduire un enseignement philosophique en 1ère L, à la condition de ne pas toucher à l’horaire de terminale, sur la base de notre mandat de 2005 au Mans, reconduit en 2007 à Clermont-Ferrand.

Le Doyen rappelle qu’il en est question dans l’annexe à la loi de 2005 et que c’est toujours d’actualité, non seulement pour la série L, mais pour toutes les séries générales dans le cadre d’une refonte de ces séries ; même s’il avoue que le chantier reste ouvert et que son programme reste à déterminer. Il se dit preneur de toute suggestion et sera amené à reconsulter le SNES à ce sujet.

En tout état de cause, il ne pourrait être question d’une « initiation » mais d’un programme de philosophie étalé sur deux années sans que la première soit réduite à l’étape de l’acquisition méthodologique de la réflexion philosophique et sans pour autant toucher au programme actuel de terminale. Le Doyen est catégorique sur ce point.

Sur la question de l’éventuelle évaluation en fin de première, différentes pistes sont évoquées. Le SNES rappelle son attachement au principe du contrôle national et anonyme, mais doute de la pertinence d’un tel contrôle en fin de 1ère. M. Poirier estime la question ouverte.

6. La place de la philosophie : nous soulignons la dimension transversale de la philosophie, qui n’est pas une matière spécifiquement littéraire, et dont l’horaire d’enseignement semble devoir être renforcé dans les autres séries, et notamment les séries scientifiques. Parallèlement, nous souhaitons l’introduction d’une formation philosophique dans toutes les filières universitaires au niveau de la licence.

Le Doyen est d’accord avec nous. Il annonce à ce propos « une action importante de communication » avec une publication sur la place de la philosophie à l’Ecole et dans la Société.

7. La formation continue : nous déplorons la faiblesse de l’offre de formation continue et dénonçons les anormales disparités existant entre les différentes académies. Nous demandons en plus des stages universitaires, des stages d’échanges de pratiques, d’où une augmentation du nombre de jours de formation.

8. Les inspections : nous dénonçons des disparités de rythme d’inspections entre académies ainsi qu’un retard global au regard des autres disciplines. La progression de carrière de certains collègues s’en trouve injustement ralentie.

Le Doyen rappelle que juridiquement la note pédagogique est disjointe de l’inspection proprement dite et que, par conséquent, rien n’interdit que celle-ci puisse évoluer sans inspection. Par ailleurs, et plus surprenant peut-être, le rapport n’implique pas la présence de l’inspecteur dans la classe... !

Ceci étant, les collègues désirant être inspectés, doivent pouvoir l’être en en faisant la demande auprès de leur IPR. L’inspection est un droit.

9. Les T.Z.R : l’IG a-t-elle réalisé le bilan demandé concernant les TZR ?

Le Doyen annonce qu’un bilan sera communiqué prochainement. La politique de résorption des TZR mise en place ces dernières années a conduit à ce que ceux-ci constituent autour de 6% des moyens de remplacement par académie. A sa connaissance, il n’y a pas actuellement de surnombre de TZR en philosophie.

10. Les concours : le SNES s’inquiète du nombre trop faible de postes aux concours, et plus précisément au CAPES, ainsi que de la fermeture prolongée du CAPES interne.

Le Doyen répond que :
- d’une part, celui-ci n’a plus vraiment raison d’être :le "vivier" se tarit de plus en plus.
- d’autre part, la disparité du nombre de postes offerts entre agrégation et CAPES s’explique par deux raisons : l’agrégation est un moyen de promotion pour les certifiés, et nombre de lauréats de l’agrégation externe se dirigent vers d’autres carrières que l’enseignement.
M. Poirier conclut la rencontre ainsi :
a) il se porte garant de la défense des intérêts de notre discipline et de la profession.
b) il se dit conscient des difficultés abordées au cours de l’entretien et va s’efforcer, dans la mesure des ses moyens, d’y porter remède.

Pour le groupe philosophie,

Elisabeth Cassou-Barbier - Patrick Giordano

Autres articles de la rubrique Comptes-rendus des rencontres et audiences

Mots-clés