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Compte rendu de l’audience intersyndicale du 28 février au Ministère Copsy infos rapides N° 6

Snes Copsy Info RapideMars 2007 N° 6

Compte rendu de l’audience intersyndicale du 28 février 2007

La délégation intersyndicale (SNES, FO et SUD Education) a été reçue à sa demande sur la base de leur plateforme commune (voir dernière page).

Représentants de l’administration : Gilles de Robien, JM Blanquer - Directeur adjoint de cabinet, E. Roy - conseiller social, L. Ortuzzi - chef de bureau Degesco, collaboratrice de N. Jude - DGRH B11.

Représentants syndicaux : Bernard Boisseau - co-secrétaire général du SNES (FSU), Marie-Agnès Monnier - membre du secrétariat de catégorie CO-Psy, Catherine Remermier - secrétaire nationale de catégorie SNES, J. Paris - secrétaire national SNFOLC, F. Thivillier - secrétaire nationale SNLCFO, Guy Lizniewski - SUD Education, Juliette Varlet - SUD Education.

Le Ministre a introduit la rencontre en soulignant l’importance qu’il accordait à l’orientation, sujet très important pour les jeunes qui avait motivé sa décision de nous entendre.
Bernard Boisseau a rappelé les raisons qui avaient motivé notre démarche commune, et en premier lieu les liens très étroits que nous faisions entre le devenir des élèves et l’amélioration de leur orientation et de leur réussite avec leur souci de préserver les missions des co-psy, leur statut dans le cadre du service public d’orientation. Beaucoup d’inquiétudes perdurent dans la profession depuis la tentative de décentralisation en 2003.

Plusieurs décisions récentes préoccupent fortement nos collègues :

· La décision du MEN d’organiser deux groupes de travail séparés, l’un portant sur la définition des missions des psychologues de l’Education nationale, l’autre sur l’information, l’orientation et l’insertion, en dehors de la présence des organisations syndicales.

· La publication d’un texte sur les entretiens d’orientation en 3ème ressenti comme une véritable volonté de marginalisation des conseillers d’orientation-psychologues et comme un leurre pour les familles. Même s’il n’est pas question de nier le rôle des enseignants dans l’aide qu’ils peuvent apporter à leurs élèves, il ne peut être assimilé à un entretien d’orientation.

· Le blocage des recrutements à 50 encore pour le prochain budget alors que les départs en retraite sont chiffrés à 300 par an.

· Les travaux du délégué interministériel qui concernent aussi bien l’avenir des CIO que la prise en charge de la préparation de l’orientation à tous les niveaux du système éducatif.

Les missions :

Pour le Ministre, les choses sont ouvertes. Le MEN a souhaité réunir deux groupes d’experts qui ont analysé la situation, apporter un éclairage sur l’état des lieux avant des échanges avec les organisations syndicales. Aucune décision n’est prise a t-il répété. Le groupe Gachet a fini ses travaux, le groupe Chauvet les terminent et des rencontres devraient nous être proposées dans la quinzaine. Aucun texte ne devrait être présenté au CSE avant les élections. Mais en réponse à nos questions précises, il a réaffirmé qu’il ne pouvait « ni nous alarmer ni nous inquiéter ».

Face à nos objections sur le choix d’avoir dissocié orientation et psychologie, ce qui du point de vue de l’exercice du métier mais également du point de vue de l’efficacité d’une intervention auprès des élèves est inacceptable. Il nous a été répondu que les travaux du groupe Chauvet devraient reprendre la question des relations avec la psychologie et que le MEN avait cherché à faire l’inventaire des missions que l’institution avait à assurer sur le champ de la psychologie et sur le champ de l’information, de l’orientation et de l’insertion.
On verrait ensuite quelles personnes il y avait à mettre en face : « Soit on a déjà les personnes, soit il faut modifier les qualifications, soit il faut faire appel à des partenaires extérieurs ».

Nous avons rappelé notre opposition à tout clivage entre psychologie et orientation et notre insistance pour que les co-psy disposent des moyens nécessaires pour appliquer l’ensemble de leurs missions définies dans l’article 2 de leur statut.

Les entretiens systématiques en 3ème et en 1ère :

Le Ministre a précisé qu’il n’était pas question de dévaloriser le travail des conseillers d’orientation-psychologues mais qu’il fallait respecter l’apport des enseignants. Il s’agit de permettre à l’élève de se positionner grâce à l’éclairage de l’enseignant. « Les jeunes sont friands de tous les éclairages. C’est bien d’avoir la parole d’un expert mais il faut aussi avoir des expériences de la vie ».

Nos interlocuteurs ont beaucoup insisté sur la nécessité d’un travail d’équipe et de l’organisation de partenariats. « Les professionnels de l’orientation doivent être leaders dans un travail collectif ». Prenant l’exemple d’une visite dans un lycée à propos de l’orientation active, le Ministre a précisé que « Les élèves veulent des entretiens variés avec des enseignants, d’anciens élèves, des parents, des professionnels du monde de l’entreprise ».

Nous avons souligné notre accord pour un travail en complémentarité, dans le respect de la spécificité professionnelle des uns et des autres mais notre refus de toute substitution. On ne s’improvise pas conseiller d’orientation psychologue et tout professionnel n’a pas les compétences pour intervenir de manière pertinente sur l’orientation d’un élève en particulier. Il faut cerner les compétences et organiser les partenariats mais rien ne remplacera le rôle des co-psy dans l’entretien avec l’élève ou l’étudiant. Le directeur adjoint de cabinet en a convenu mais nous a affirmé vouloir développer une vision pragmatique des choses. Sauf que sans moyens humains on voit vite à quoi peut aboutir ce pragmatisme ! Les enseignants ou d’autres, seront de fait chargés des entretiens !

Les recrutements :

Il y a manifestement un désaccord sur les chiffres de départs en retraite. La délégation a présenté les chiffrages établis à partir de l’enquête du SNES auprès de toutes les académies. La DGRH conteste ces chiffres car elle ne compte qu’à années écoulées. Ainsi pour 2006, on nous a annoncé 136 départs. Pour le SNES, il y a au moins 280 départs à prévoir en 2008. Les recrutements étant à prévoir pour une sortie deux ans plus tard, on a du mal à comprendre sur quels indicateurs le MEN se fonde pour calibrer les recrutements ! Nous avons rappelé que malgré nos demandes réitérées depuis plus d’un an, il n’a pas été possible de rencontrer le MEN sur cette question. Une audience devrait avoir lieu très rapidement.

Il est clair que sans recrutements suffisants, les partenariats qu’on nous propose ne peuvent qu’aboutir à un transfert des missions sur d’autres, d’autant que les recrutements se réduisent.

Nos interlocuteurs ont bien précisé qu’il y aurait des moyens en plus autour de l’orientation sans jamais s’engager sur le recrutement de CO-PSY « Ce n’est pas qu’une affaire budgétaire » nous a t-on dit. Ce que nous avions bien perçu puisque le recrutement de nouveaux personnels n’est pas exclu ! D’ailleurs le terme de professionnels de l’orientation a très souvent été utilisé ce qui ne contribue pas à la clarté.

Quelles seraient les missions de ces nouveaux personnels ? Quels seraient leur statut, leur formation, leur recrutement ?
Aucune réponse ne nous a été apportée, ce qui n’est évidemment pas du tout rassurant. « Il faudra faire des propositions qualitatives et quantitatives et rechercher une transformation qualitative de l’Ecole.

Nous avons exposé la situation sur le terrain (plus de moyens pour les remplacements qui sont effectués à moitié, recrutements de contractuels, augmentation des effectifs à prendre en charge) et réaffirmé notre volonté commune de tout mettre en œuvre pour obtenir un retour au recrutement de 250 stagiaires par an.

Le rôle du délégué interministériel et l’avenir des CIO :

Il nous a été affirmé qu’il n’était pas question aujourd’hui de remettre en cause le statut des CIO. S’il n’est pas question de décentraliser les CIO mais tout est ouvert, nous a-t-on dit, pour faire collaborer l’Etat et les régions. Le directeur adjoint de cabinet a insisté sur la nécessité de ne pas opposer l’Etat et les régions, et de concevoir le service public d’orientation plus largement que le service d’orientation de l’Education Nationale. Le rôle de l’Etat est d’assurer le professionnalisme et les concours mais il faut prendre en compte les nouvelles compétences des régions et notamment le rôle des CESR. Les collectivités locales sont concernées par les questions d’orientation.
Le rôle des régions va au-delà de la prise en charge des bâtiments pour les lycées. Celles ci peuvent apporter des moyens humains et matériels. La question est celle des « bons mariages » pour assurer la garantie de professionnalisme et les particularités locales.

Manifestement le MEN se prépare à des propositions qui iraient dans le sens d’une tutelle plus étroite des régions sur l’orientation scolaire alors que la loi de décentralisation ne le prévoit pas. Nous avons redit notre opposition à toute utilisation des CIO et des CO-Psy pour faire pression sur les projets des jeunes sous prétexte de remplir les sections des CFA ou des lycées des métiers construits par les régions. Information, travail en profondeur sur la durée et dans le respect de la singularité de chacun oui ; manipulation des choix des jeunes à des fins prétendument économiques, dont la fiabilité est loin d’être assurée, non.

Ce dernier point est inquiétant car le MEN suivra de toute façon les propositions du délégué interministériel. Si ces mesures aboutissaient, ce serait l’instauration d’une politique d’orientation à géométrie variable selon les régions, avec un risque de glissement de nos missions vers de l’information propagandiste des besoins des milieux économiques locaux.

Manifestement si les annonces ne sont pas faites, des tendances très fortes font pencher les choix du MEN dans un sens très négatif. Le rapport Lunel va être connu dans quelques jours. Rien n’est encore décidé et il n’est pas trop tard pour peser dans le bon sens.
Nous appelons l’ensemble des collègues à se réunir pour en discuter, à intervenir sur la base de la plateforme intersyndicale à tous les échelons du système éducatif et en direction des élus et des candidats à l’élection présidentielle.

Rappel de la plateforme :

· Refus de la scission du corps et de la partition entre orientation et psychologie

· Réaffirmation de l’ensemble des missions statutaires des conseillers d’orientation-psychologues et directeurs de CIO (article 2 du décret statutaire)

· Maintien des 560 CIO comme services publics de l’Education Nationale avec les moyens d’assurer toutes leurs missions

· Arrêt de l’hémorragie du corps et développement des effectifs à la hauteur des véritables besoins de élèves et des étudiants.

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