Communiqués de presse

Communiqué du SNES suite aux propos de De Robien sur les SES

Communiqué

Un Ministre idéologue plaide pour une conception particulière de la neutralité de l’enseignement des Sciences Economiques et Sociales.

Lors des secondes rencontres du Conseil Economique et Social avec les professeurs de sciences économiques et sociales, le mercredi 5 avril 2006, le Ministre de l’Education Nationale a prononcé un discours au contenu profondément idéologique pour exiger des professeurs de SES un enseignement... « neutre », alors que les stages longs pour les enseignants se font exclusivement dans les seules entreprises adhérentes à l’Institut de l’Entreprise, officine proche du Medef, comme s’il n’existait pas d’autres acteurs économiques et sociaux qui pourraient offrir des stages aux enseignants.
Comme dans le cas de l’apprentissage de la lecture et malgré les programmes et instructions officielles, malgré le respect de la liberté pédagogique qui y est inscrite, le Ministre cherche à imposer des pratiques pédagogiques et un enseignement de l’économie réduit à une morale officielle consacrant le « monde merveilleux de l’entreprise » et les valeurs du Medef. Le Ministre défend une conception étonnante de l’enseignement fondée sur le « concret » contre les « idées abstraites » : autrement dit, un enseignement qui se passe des idées (toute idée étant nécessairement abstraite) et de la réflexion.
Le Ministre s’appuie sur des statistiques de sondages, sans vérifier ses sources, pour déplorer que seule une minorité de Français estime que l’économie de marché est un système efficace et semble en attribuer la responsabilité aux professeurs de SES. Gageons que, selon M. de Robien, le service public d’éducation aura atteint un seuil minimum de neutralité et d’objectivité quand la majorité des Français aura changé d’avis !
Telle n’est pas la conception du SNES, ni de l’enseignement ni de la formation continue. L’entreprise ou tout autre objet d’étude inscrit dans les programmes doit y être envisagé sous l’angle de la connaissance et non sous celui de l’opinion. Il est donc nécessaire, dans le domaine des sciences humaines, de privilégier, outre l’acquisition de connaissances solides et des outils méthodologiques, le débat d’idées et la pluralité des approches.
Alors que le Premier ministre dans sa conférence de presse mensuelle vient d’affirmer que les jeunes « peuvent croire dans notre pays ; ils peuvent avoir chacun un emploi qui corresponde à leur souhait, construire des projets audacieux et innovants », le Ministre de l’EN plaide pour un enseignement sur le monde tel que « les jeunes ne nourrissent pas trop d’illusions ». Est-ce la mission de l’enseignement public que de demander aux jeunes de renoncer à leurs idéaux ?
On voit bien l’abîme qui sépare ce Ministre d’une jeunesse qui a mis beaucoup d’espoir dans le combat qu’elle mène actuellement pour un avenir digne et qu’elle veut plein de promesses.
Il est plus que regrettable que le CES, censé être un lieu de dialogue avec les corps intermédiaires, ait rejeté la demande du SNES de participer à cette journée au motif que « le programme de cette rencontre exclut l’accueil de toute personne extérieure au CES ».
L’enseignement de Sciences Economiques et Sociales, un élément important de la formation du citoyen, est une chose trop sérieuse pour la confier à un Ministre idéologue.

Paris, le 7 avril 2006.

Communiqué SNES De Robien SES

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